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John Dowland (1563-1626) › The bookes of songes or ayres

cd • 21 titres • 73:21 min

  • 1Unquiet Thoughts3:24
  • 2Who ever thinks or hopes of love for love2:31
  • 3My thoughts are wing'd with hopes3:24
  • 4If my complaints could passions move3:21
  • 5Can she excuse my wrongs with virtue cloak?2:49
  • 6Now, oh now I needs must part3:58
  • 7Dear, if you change, I'll never choose again3:16
  • 8Burst forth, my tears5:02
  • 9Go crystal tears3:19
  • 10Think'st thou then by thy feigning1:56
  • 11Come away, come sweet love2:17
  • 12Rest awhile, you cruel cares3:53
  • 13Sleep, wayward thoughts3:40
  • 14All ye whom love or fortune hath betray'd4:10
  • 15Wilt thou, unkind, thus reave me of my heart?4:07
  • 16Would my conceit that first enforc'd my woe5:07
  • 17Come again, sweet love doth now invite4:35
  • 18His golden locks time hath to silver turned3:32
  • 19Awake, sweet love, thou art return'd2:20
  • 20Come, heavy sleep3:42
  • 21Away with thse self-loving lads2:55

enregistrement

Enregistré au Ascot Priory, Berkshire, du 26 au 28 avril 2016. Produit par Nigel Short. Mike Hatch (ingénieur).

line up

Grace Davidson (Soprano), David Miller (Luth)

remarques

pour un modeste guide des interprétations, c'est ici : https://www.gutsofdarkness.com/god/document.php?doc=8f567a8b6b6724f0ceb74164b4474d11

chronique

La mélancolie était certes à la mode dans l'Angleterre Elisabethaine, mais nul ne la sublima comme John Dowland. "Tunes of sad despaire", "Go crystal tears", "In darkness let me dwell", "Shadows", "Sorrow stay"... les titres des albums que lui consacrent les interprètes, puisant indifféremment dans les quatre recueils de chansons qu'il publia, traduisent cette aura de tristesse pour laquelle ce maître, originel en bien des points, est aujourd'hui prisé. Il s'agit principalement d'airs pour voix solo et accompagnement au luth, plus rarement d'un petit ensemble de viole ; les publications laissant par ailleurs la liberté d'une interprétation à plusieurs voix ; "A pilgrimes solace", quatrième et dernier recueil publié en 1612 se détachant des trois "Bookes of songs or ayres" par l'utilisation plus systématique d'un petit ensemble de 3, 4 ou 5 voix. Les textes, poésies le plus souvent anonymes, tournent autour de l'amour, contrarié ou perdu, de la mort et du désir. A la croisée de la renaissance et du baroque, à mi-chemin entre la musique savante et les chansons populaires, qui furent pour Dowland une influence majeure, ces airs atteignent ainsi dans cet équilibre une forme de perfection et d'intemporalité. Chants de langueurs, de brouillard, elles sont l'alliance sublime de l'affectation et du naturel, l'expression raffinée d'une sincérité souvent douloureuse, mais qui ne se départit jamais d'une profonde élégance. D'une inventivité limpide, ils vous charment, vous ensorcellent comme le parfum d'une fleur qui s'ouvre à la nuit, pour offrir ses substances à l'errance de la brise. Les pièces plus enjouées brillent par leur légèreté, leur finesse rythmique, les prouesses subtiles de leurs détours, à l'image du célèbre "Come again, sweet love..." que l'on retrouve dans la majorité des enregistrements consacrés aux chansons du compositeur. Les chants de chagrin, quant à eux, serrent véritablement le coeur. Mélodies étirées aux galbes séléniens, volontiers nocturnes, ils résonnent comme la plainte d'une âme seule et perdue au milieu des ténèbres, comme la flamme d'une bougie ondulant dans le noir. Compagnon discret à la richesse secrète, le luth sous-tend de sa dentelle harmonique le déroulement des mélodies lacrymales, laissant la voix s'exprimer dans toute sa plénitude ; la viole, à l'occasion, approfondissant par sa langueur naturelle la puissante mélancolie des airs les plus douloureux. On est loin du drame baroque, de l'exubérance écrasante... loin de la virtuosité démonstrative et du théâtre. Dowland est vagabond. Il oeuvre dans la larme perlée, fait dans l'ode à la lune. Tour à tour espiègles, nostalgiques, simplement tristounettes ou véritablement déchirantes, ses mélodies sont des merveilles du clair obscur, compagnes idéales à la rêverie, au vague à l'âme et à l'hiver. Eloges de la lenteur, mises en musique de la solitude, elles sont des miracles de délicatesse, à la poésie intense, singulière et troublante.

note       Publiée le vendredi 3 janvier 2020

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dimegoat › jeudi 9 janvier 2020 - 09:40  message privé !

Très beau disque et la pochette à l'avenant. C'est amusant, on sent bien un des substrats de la folk anglaise des années 60 en écoutant ces mélodies de 350 ans d'âge.