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Black Milk › Tronic

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Raven      dimanche 1 décembre 2019 - 22:02

cd | 14 titres | 55:55 min

  • 1 Long Story Short
  • 2 Bounce
  • 3 Give The Drummer Sum
  • 4 Without U
  • 5 Hold It Down
  • 6 Losing Out
  • 7 Hell Yeah
  • 8 Overdose
  • 9 Reppin For U
  • 10 The Matrix
  • 11 Try
  • 12 Tronic Summer
  • 13 Bond 4 Life
  • 14 Elec (Outro)

line up

Black Milk (MC, production)

Musiciens additionnels : Dj Premier (scratches sur "The Matrix"), Sean Price (MC), Royce da 5'9" (MC), Fat Ray (MC), Pharoahe Monch (MC), AB (voix), Melanie Rutherford (voix)

chronique

Styles
hip-hop

Black Milk rappelle que les bons rappeurs sont aussi comme les bons vins : ils expriment leur terroir. Et pour Curtis Cross, a.k.a. Black Milk, c'est Detroit. Ambiance "Le futur du passé" nocturne donc forcément magnétique, agrémentée de gros synthétiseurs analogiques, annoncés dès cette pochette très "class act" qui renverrait presque à un certain Rebotini, échantillon fatal de Tangerine Dream sur "The Matrix", qui dans un monde tournant ovale aurait été un gros tube de l'année 2008 (d'ailleurs merci au crate-digger pour m'avoir fait réécouter Stratosfear en isolant son climax mélodique). Quelques temps considéré comme un succédané de J Dilla, Curtis Cross a.k.a Black Milk s'est doucement mais sûrement imposé comme valant bien mieux que ça, dans l'ombre de cette génération Y ou plutôt K - pour Kanye - qui sent le rien, le vide et le binge-tout. Échantillonnage malin et futurisme rétro, oui... Mais pas de rétropportunisme "plastic fantastic" ici : les cuivres soul-funky sont incorporés dans la tambouille "futur du passé", et il serait réducteur de considérer Tronic comme une simple plaisir nostalgique fétichiste des 80's, aussi jetable que ce qu'on a bouffé à s'en faire vomir dans les années 2000 et 2010 - jusqu'à ces mecs qui font du synthétiseur comme avant pour se réfugier dans leur enfance et fuir ce monde qui le sait et leur vend donc ce qu'ils veulent en reprogrammant leur enfance à la télé... Mais je divague - et c'est énorme - car Black Milk ne fait pas du synthétiseur son armature mais l'utilise comme épice, et sample surtout, sans surprise. Mais il sample bien. Et son son tabasse pas mal, malgré quelques putasseries à la longévité de chewing-gum mental. Enjoncé entre l'alternatif qualitatif et le bon son mainstream de la fin des années 90, Curtis use de sons vieux mais finalement très frais à l'heure de l'autotune galopante, pour développer sa formule, et ce malgré un flow de stagiaire du game. Un hip-hop new millenium dans le fond somme toute classique, mais dans la forme ultra-fignolé, dopé aux synthétiseurs dont Curtis est fétichiste. Tangerine, Numan... J'ai pas identifié du Cybotron, mais doit bien y en avoir sur un morceau. Les néons ont du retour, ouais, du croquant. C'est carré, mais humain. Bardé de synthétique, mais massif et chaud. Un gros son retro-fresh à Wayfarer, soudé par de gros beats solides. Alors certes, le flow de Curtis est encore raide et mécanique, mais il est moins médiocre au mic que la majorité des bons DJ's. Et il invite du gros bras pour se donner de l'assurance, style Monch et Sean Price sur la claquasse citée en début de chro (et...Preemo) mais ce sont bien les beats qui priment ici... Black Milk mise avant tout sur de l'ambiance dark-flashy et du gimmick ronflant ("Hell Yeah"), même s'il se loupe un peu avec un "Without U" qui bascule du côté flasque de la force. D'un autre côté il y a ce petit "Bond 4 Life" qui tartine de la biatche en technicolor, en équilibre entre r'n'b 2000's et l'exigence organoleptique du beatmaker... Jay-Z n'à qu'à bien se tenir. Ouaip : ce Tronic passe tout seul ; et puis la fluidité sur long format est toujours à saluer pour le genre, (saluons l'absence d'interlude relous). Depuis quelques années Black Milk sort des albums plus biscornus et exigeants - du moins en apparence - qui font que je le mets un peu dans le même sac qu'Aesop Rock, mais ce gars avait déjà du talent à revendre en 2008. Son Tronic est un peu un petit frère du Champion Sound de Jaylib, attachant à défaut d'être renversant. Il reste son album le plus charmeur, truffé de bon gros sons à la saveur flashy-ringarde, comme ce "Hold it Down" aussi chanmax qu'une arrivée de la Denrée dans le champ du Bombé à minuit et quart en soucoupe-Testarossa.

note       Publiée le dimanche 1 décembre 2019

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Raven › lundi 2 décembre 2019 - 18:45  message privé !
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Je n'ai pas encore assez écouté If there's et No Poison pour bien les cerner, je m'étais rué là-dessus à l'époque de la sortie et puis ça m'a un peu bandé (je me souviens que ça m'avait donné envie de me remettre du Mos Def, en fait) ; le charme du Black Milk "mûr" est peut-être plus retors qu'il y paraît, mais s'il a gagné en complexité je trouvais qu'il avait perdu en fraîcheur. À suivre peut-être.

Note donnée au disque :       
Rendez-Moi2 › lundi 2 décembre 2019 - 10:09  message privé !

Black Milk c'est un bon. J'aime bien Tronic mais pour moi son meilleur c'est If There's A Hell Below. Il s'est pas mal amélioré niveau flow avec le temps https://www.youtube.com/watch?v=SL5...