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Domenico Solazzo › Kino

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Raven      jeudi 17 octobre 2019 - 04:47
Nicko      jeudi 17 octobre 2019 - 09:29

cd | 11 titres | 57:11 min

  • 1 I Should Stop
  • 2 Bohemian Grove
  • 3 At The Core
  • 4 A Benevolent Threat
  • 5 Slow Down
  • 6 The Expansion Suite
  • 7 Filling The Whole
  • 8 Just Another Fix
  • 9 Dive In Darkness
  • 10 The Inward Sacred
  • 11 Never Tomorrow

enregistrement

novembre 2018 - avril 2019

line up

Domenico Solazzo

remarques

Proposé en téléchargement (https://domenicosolazzo.bandcamp.com/releases) ou clé USB (incluant l'album en cinq différents formats audio, la compilation rétrospective Finora, les instrumentaux de Kino, les paroles, une interview rétropspective, un kit complet pour se faire sa version CD, et un code spécial pour accéder à plus de bonus).

chronique

"Kino" : choix de titre au succulent double-sens, qui exprime le côté très "camera obscura" autant que la sensualité ambigüe de cet album en rose et noir, de sa pochette à ses ambiances. Comme si l'impasse Deadend franchie, la dualité du diptyque maudit Remembrances/Oblivion se retrouvait mûrie et contenue en un seul album, celui d'un retour après dix ans d'absence quand même (presque autant que Tool, diantre ! Mais heureusement plus de choses à dire chez le belge que chez les californiens). Un album à l'effet progressif : au sens du genre musical, mais plus encore au sens de la main-mise croissante qu'il a sur l'humeur de l'auditeur. Avec une générosité assez effrayante (cette clé USB façon "carte de membre exclusif" et blindée de fichiers, diantre !) l'anxieux (et anxiogène) Solazzo nous revient dans un costume plus technologique, des idées plein la besace. Nous approche dans un feeling très incertain sur "I Should Stop", avec son habituel falsetto masochiste, pour mieux nous piéger dans son huis-clos aux contours incertains... Un huis-clos dont il plantera les cloisons lentement, à coups de gros synthétiseurs. Sûrement les plus chers qu'il ait jamais eu d'ailleurs, utilisés à bon escient pour donner une couleur plus SF à sa musique (ou pourquoi pas taquiner Zombi sur leur propre terrain avec la longue pièce centrale "The Expansion Suite"...) Après un premier contact un peu dubitatif avec ce premier titre à l'autodérision manifeste et au jeu rythmique facétieux, Solazzo tranche net en maître sushi, et nous enfonce dans un bain de ouate synthétique dont on ne pourra s'extraire... S'il semble de prime abord se jouer de lui - de ses limites, du manque d'intérêt du monde pour sa musique - c'est que le Solazzo se joue en fait de nous, au cours d'un lent glissement contrôlé, que sa musique se fonde de façon faussement candide dans les obsessions complotistes de l'époque ("Bohemian Grove"), qu'elle prenne des airs de ballade fragile et désarmante à la Martin Gore ("Just Another Fix") ou la forme d'un beat très pataud qui ne semble aller nulle part ("Slow Down"), sans jamais, dieu merci pour mes oreilles, se disloquer dans l'impro jazzifiante stérile - le groove nonchalant de "A Benevolent Threat" étant par exemple transcendé grâce aux claviers... avant qu'il ne soit sabordé dans un gros riff patator à la Deaf Dialogue. Kino caméléone, fragmente, ondule, temporise, louvoie, s'arrête presque ("At The Core") et puis fait mouche de façon plus linéaire sur l'outre-nocturne "The Inward Sacred" - rien de tel qu'une mélodie envoûtante en boucle, ici une berceuse bien sinistre pas très loin d'une ambiance à la Rosemary's Baby - puis échec et mat sur "Dive in Darkness", qui d'un beat body music nous entraîne dans une mélopée cotonauséeuse, s'ouvrant dans une sorte de future pop nocturne et s'achevant dans une ambiance de chaos urbain... Quand je pense au succès qu'a eu la dernière bidulerie en date d'Ulver, "machin salade césar", je ne peux que recommander ces morceaux qui me semblent bien plus pertinents. Solazzo, toujours aussi composite, a sorti avec Kino son disque solo le plus solide et peut-être le plus retors. Un album d'une intimité toxique, qui choisit de révéler sa puissance au compte-goutte, dans un crescendo pernicieux et parfois implacable, émaillé par cette voix empruntée, pouvant révéler une sensibilité à fleur de peau pas très éloignée d'un Kino Moreno. Sous elle, l'essentiel : une musique protéiforme, hybride de romantisme évanescent et de contrôle maniaque, entre rêve et cauchemar... En rose et noir, dans un monde aux airs d'anticipation paranoïaque à la 1984, où les mélopées mentales à soi-même sont une façon de survivre.

note       Publiée le jeudi 17 octobre 2019

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Cinabre › vendredi 1 novembre 2019 - 22:22  message privé !

Merci!

Progmonster › vendredi 1 novembre 2019 - 20:56  message privé !
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Cinabre › vendredi 1 novembre 2019 - 19:41  message privé !

C’est quoi l’instrument sur le premier clip? C’est super beau!

Progmonster › vendredi 1 novembre 2019 - 13:03  message privé !
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Progmonster › vendredi 1 novembre 2019 - 00:04  message privé !
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