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King Dude › Music To Make War To

  • 2018 - Ván, Ván250 (1 cd digipack)

cd | 10 titres | 41:58 min

  • 1 Time to go to War
  • 2 Velvet Rope
  • 3 Good & Bad
  • 4 I Don' t Write Love Songs Anymore
  • 5 Dead Before The Chorus
  • 6 Twin Brother of Jesus
  • 7 In The Garden
  • 8 The Castle
  • 9 Let it Burn
  • 10 God Like Me

line up

T.J. Cowgill & his Demon Brothers [Totsen Larsen, Lee Newman, August Johnson], Shahzad Ismaily (basse)

Musiciens additionnels : Josephine Olivia (chant sur "Good & Bad", chœurs sur "In the Garden" et "I Don't Write Love Songs Anyore")

remarques

"Music To Make War To is dedicated to my ennemies. Thank you. I hope that someday you realize the power you have granted me to spread the word of Lucifer......... L.T.L.O.T.W."

chronique

Styles
gothique
folk
blues
gothic rock
Styles personnels
american gothic

Repu de Sex, mais plus que jamais assoiffé de séduction, Thomas Jefferson Cowgill revient nous hanter en jouant la carte du feutré et du clinquant. Et rafle encore la mise. Le prédateur goth atteint de satyriasis laisse place à un goth nouveau riche, hautain et magnétique, siégeant dans son tout fraîchement acquis King Dude Mansion. Visitant chaque pièce de ce manoir au gré des pistes de son nouveau recueil... Dansant avec les fantômes dans le salon, pleurant devant les cadres photo dans la chambre, aiguisant ses grands couteaux dans la cuisine... Avec toujours une ou deux khôl-girls à portée de calepin, pour les chœurs. Écho sous contrôle total, chandeliers sur le piano, odeur de cérémonie sacrificielle, crématorium tout-confort en guise de fumoir / bibliothèque à whisky... Crémeux de Dude, oui... La décoration a été revue à la hausse, c'est incontestable... Les rideaux pèsent. Il faut d'épaisses cordes pour les tenir, au moins aussi grosses que les ficelles de ces chansons. Le tissu est de première qualité, ça s'entend... J'ai envie de palper chaque morceau de Music to Make War to entre mes doigts, comme autant de pages d'un nuancier d'échantillons "Dude Interiors" - qui de son plus velouté, qui de son plus soyeux, qui de sa nuance de nuit au reflet le plus ensorceleur... Niveau gosier, Le Gars a pris de la patine. Il est mûr. Il a tout donné sur le précédent, et c'est donc apaisé, comme qui dirait post-coït, qu'il se laisse porter par ses compositions, s'imposant de façon plus souple et sereine, évoluant dans ses ambiances guindées et mélodies gominées comme un python dans des draps de velours. Music to Make War est l'album d'un chanteur qui a dépassé le stade du too-much et du racolage. Pas vieux, mais déjà vieux. Filiation "Love will tear us apart" évidente, en somme, qui renvoie à l'anecdote sur Ian Curtis pris de fascination pour Frank Sinatra dans les derniers mois de sa vie, peut-être moins racoleuse que celle sur The Idiot, mais plus essentielle. TJ s'en repaît, se régale de lui-même et nous régale, cueille le fruit défendu et nous confectionne une tarte tatin gothique exquisément tiède, caramélisée dans le crépuscule d'automne. Un recueil de chansons qui sonnent parfois si téléphonées qu'elles ont l'air d'avoir été déjà utilisées dans plein de scènes "break émotion au ralenti" de séries post-True Detective diverses, mais qui nous cueille d'entrée. Avec un morceau qui se présente comme son plus sentencieux et nobles, dans une ambiance de tristesse placide presque aussi magique que du Tony Wakeford (rappelant le terreau originel de T.J.) dans le fond d'un bar sur le point d'éteindre les dernières lumières... Une petite mélodie de piano en gouttes de neige fragiles, cointreau n'en faut, ponctue la solennité de celui qu'on peut désormais appeler sans exagérer : KING Dude. Beau et touchant, tout simplement. La suite se déroule comme le proverbial tapis rouge... "Velvet Rope" est le genre de tube goth à foulard auquel tellement de pots de khôl rêvent toute leur carrière. Splendide ! King Dude écrit désormais de vraies chansons ; c'est un peu con à écrire, mais je vois pas comment le dire autrement. De vraies chansons longues en bouche, taillées pour les réécoutes. Pas périssables après trois tours de platine comme elles le furent à ses débuts, mais comme naturalisées ; comme fanées, séchées avec soin et prêtes à glisser dans l'herbier de l'inconscient collectif. Comme son slow enfumé ultra-cliché agrémenté de putassax et d'une pouliche goth-lambda à la Chelsea Wolfe (ils ont fait un duo aussi, pas dégueulasse). "I Don't Write Love Songs Anymore", plus eighties-tu-meurs, est ravissante... mais que dire alors de l'impériale "In The Garden of Eden", faisant son entrée comme une Cadillac Eldorado anthracite sur le passage à niveau de la stéréo ? Gare à la loco... King Dude vient pour manger la nuit. Sans doute la chanson qui me trotte le plus dans la caboche, avec son beat trip-house plus-nineties-tu-meurs calibré pour les boulevards déserts à 3 du mat', et son refrain suprême en couronne... "Hollywood never looked so good" ("Let It Burn") me revient aussi pas mal dans les esgourdes de la tête quand j'ai pas entendu le disque depuis longtemps, ce qui est plutôt bon signe. Je suis moins fan des morceaux plus rock'n'roll/psycho-punk qui donnent ce côté éclaté-compile à ses albums, mais il les fait ici très bien. Ce disque impose de toute façon au moins trois grands morceaux, peut-être quatre, et c'est pas rien. De quoi avoir de très hautes espérances pour la suite. We need more Cowgill !

note       Publiée le mercredi 11 septembre 2019

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