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King Dude › Songs of Flesh & Blood - In the Key of Light

  • 2015 - Ván, VÁN155 (1 cd digipack)

cd | 11 titres | 40:45 min

  • 1 Black Butterfly
  • 2 Deal With The Devil
  • 3 Death Won't Take Me
  • 4 Rosemary
  • 5 A Little Bit Of Baby Gonna Make Me Wanna Live Again
  • 6 The Heavy Curtain
  • 7 Desolate Hour
  • 8 I Don't Wanna Dream Anymore
  • 9 Holy Water
  • 10 You Know My Lord
  • 11 Silver Crucifix

line up

T.J. Cowgill (chant, guitare, claviers, chœurs), Shawn Fleming (basse, batterie, chœurs), August Johnson (batterie)

Musiciens additionnels : Totsen Larsen (violon, vibraphone, orgue Hammond), Alicia Reid (chœurs sur "Deal With The Devil"), Foie Gras (chant sur "Rosemary")

chronique

Styles
gothique
alt-country
gothic rock
folk
blues
Styles personnels
american gothic

King Dude a un charisme facial qu'on pourrait situer entre Josh Homme et Nicolas Dupont-Aignan, mais il peut compter sur son charisme vocal - le seul qui nous importe - fruit d'un long travail de maturation narcissique qui en fait le plus sérieux descendant d'Andrew Eldritch depuis un bail. Interprétations fiévreuses à la voix grave qui tombe dans un puits sans fond, même si des fois elles se cassent juste la gueule devant le miroir. Mais il sait poser l'ambiance, le Roi Gars. On est dans sa caravane, mais si on ferme les yeux on est dans un manoir. Le Dude est ce suiveur "trop dârk" et "m'as-tu-vu" dont l'envergure se révèle vicieusement, passée les premières impressions goth-bidon qu'on a du bonhomme, conviant tous les tics du gros corbac, passant les clichés du genre au shaker, plagiant sans doute des classiques qui de toute façon ne se gênaient pas eux-mêmes pour plagier, bien souvent. Paraît que ça a commencé avec des mecs qui voulaient pécho avec une guitare, Lemmy il racontait ça fort bien... Alors le King Dude, tradition oblige, il va mettre de la suicide girl ingénue dans son escarcelle, en s'assurant au passage le respect - teinté de dégoût - des pauvres mecs souffreteux qui tournaient autour depuis des plombes en balbutiant. Mais je ne voudrais pas qu'on se méprenne avec ces histoires de goth à minettes, hein : Roi Mec n'est pas Him, attention, ni même Marilyn Manson (je ne le pense pas capable de chanter un truc aussi pitoyable que "Heart-shaped glasses" pour sa nana, par exemple). Il en a plus sous le coude tatoué que Brian, le TJ, et même que pas mal d'autres charismes prétendument écrasants au timbre collant, dans sa poisse aux airs de triomphe. Déjà vocalement très invasif, il y va encore plus à fond dans la pose de crooner goth au timbre certifié "éteignoir à candélabres", nous préparant les pavillons auditifs pour le magistral Sex. Il décalque le style de ses maîtres avec la candeur d'un Hervé Forneni découvrant la suédine bleue, certes : mais quand il en impose, il en impose, le Dude. Notre chroniqueur goth attitré a beau l'avoir un peu présenté comme un Tomer Sisley de la neo-folk via son disque le plus naze, le grotesque du personnage a beau être manifeste (nan mais vous avez vu cette pochette ? toiser de haut en étant au sol, faut vraiment s'appeler King Dude pour imaginer une telle pose !), rien de tout ça ne gâche les beaux moments de cet album. King Dude a cette prestance dans la pose... Son gothique est... tangible. Obsédant. Il a du grain, du rugueux, de la mâche en oreille. Ce "Papillon Noir" piqué sur cure-dent en guise d'apéritif est là pour vous en convaincre, et si ça marche pas, "Contrat avec le Diable" s'imposera quant à elle tout naturellement, comme premier classique du Dude ; cette voix grave aussi assurée qu'endimanchée tient encore mal sur ses pattes, mais elle est déjà sacrément pugnace ! King Dude a sans doute une dimension comique indéniable, si on veut le considérer sans poésie, un côté "songwriter goth-beauf" croustillant, ne serait-ce que sur "La Mort ne me prendra pas" avec sa mélodie de piano ultra-rudimentaire mais son ambiance hantée : sa pantomime est poussée au maximum, les gothiques à temps partiel seront refoulés à l'entrée de la salle sans préavis. Une sélection de slows et de rocks qui a définitivement plus de gueule que Fear, même si elle se ramollit hélas dans son dernier tiers, relevé par un goth morriconien assez réjouissant et refermé sur le fébrile mais touchant "Crucifix d'argent". Tu crains dégun au club, Dude, et à la paroisse on ne parle que de toi, continue comme ça ! (Et relève-toi de cette moquette infestée d'acariens et de crânes, espèce de sacoche !)

note       Publiée le mercredi 11 septembre 2019

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