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Tool › Fear Inoculum

cd • 7 titres • 79:09 min

  • 1Fear Inoculum
  • 2Pneuma
  • 3Invincible
  • 4Descending
  • 5Culling Voices
  • 6Chocolate Chip Trip
  • 77empest

line up

Danny Carey (batterie, percussions, synthétiseurs), Justin Chancellor (basse), Adam Jones (guitare), Maynard James Keenan (chant)

remarques

L'édition internet contient trois pistes (interludes instrumentaux) supplémentaires : "Litanie contre la peur", "Legion Incolulant" et "Mockingbeat".

chronique

Re-tool, après un silence encore bien plus long que de coutume... Traiter du groupe mené par le vigneron pervers Maynard James Keenan est toujours un moment particulier, voire délicat. Même si ici, easy. Si on va plus loin que l'abracadabrantesque édition limitée avec micro-écran HD incrusté, vendue aux pigeons et aux spéculateurs (comme le pinard de Nanard), Fear Inoculum est un album... facile. Le Tool cru 2019 est un Tool pré-mâché, velouté, fluide. C'est de la compote de Tool. C'est du Totool. Et une fois écouté il s'efface, comme l'écran magique que j'avais quand j'étais gosse. Même pas besoin de secouer. C'est un écran magique qu'ils auraient dû incorporer dans le digipack, tiens... Faut dire que ce Tool a des airs de jouet onéreux. Autant que de tuning de leurs vieilles tounes, qui les rendrait assimilables à première écoute.

Accessibilité, ouais. Contrôle. Pro-Tool. Les mecs ils ont fait solfège, ça s'entend. Pas moi, alors qui suis-je pour critiquer ? Et puis il est objectivement très sympa, ce Tool. Que voilà un album aux sonorités familières, passées mais fraîches ! "Déjà-voo !" comme dirait le Keanu-Neo devant le petit chat noir qui re-passe dans le couloir. Déjà-vu comme cette montre molle sur le mur de la salle d'attente du dentiste. Horloger. Vacancier. Tool rime ici plus que jamais avec cool, swimming-pool, décontracté de la mool. Et signe un album très lounge et inutile. Un outil inutile, oui... Ou, au mieux, un album purement décoratif, en terrain quadrillé 100% années 90, axé sur des intros qui n'en finissent pas alors qu'elles sont pas plus sophistiquées que celle du single de Limp Bizkit pour M:I-2. Des montées de sève millimétriques, avec ces riffs qui hachent finement de la ciboulette métaphysique, et font ce fameux effet toolien de stroboscope au ralenti. Avec comme un arrière-goût de dissonance cognitive. Garniture : tapotages de congas en cadence, descentes de toms musclées (Danny est toujours aussi carré, même quand il tape en spirale), breaks inspirés comme, euh... Dark Vador débarquant à une soirée couscous chez Raël. Mélodies qui font du beach-volley en apesanteur, synthétiseurs plus hypnotiques que les yeux du serpent, Kaa... Léidoscopique ! Réverb' fumée au bong sur un tapis oriental. Et l'Maynard, tout fleur bleue pilule bleue, dont les hululements longent sensuellement ces rythmiques/guitares ondulant comme des iules géants sous la Lune (cf. pochette). Tout cet attirail "trve-Tool" du Grand Temple Toolien renvoie bien au trou noir new age Aenima, à ses puînés sportifs Lateralus et 10.000 Days. Comme lissés, uniformisés. Ces ambiances baba cool/sci-fi, nocturno-occulto-californiennes, hésitant entre le Triangle des Bermudes et la tringle à bermuda. Ces atmosphères désormais typiques de Tool, qui assument leur andropause avec un album fainéant, mécanique autant que nostalgique.

Un album mécanique/nostalgique, oui, devant lequel je reste assis très confortablement et à l'issue duquel ne retiens rien de grand (et sûrement pas les bonus instrumentaux krautrock-gadget qu'ils ont incrusté dans la version longue internet), mais non plus rien de déplaisant. Je m'endors allongé sur la plage, avec ce prog ondulatoire-rectiligne dans les écouteurs... Tool Beach... Je me réveille, bien longtemps après que le Maynard ait crié "Wake up ! / Remember !", réalisant que je ne suis pas sur une plage mais dans ma chambre d'adolescent, le disque tourne et tournicote et tournicoti-tournicoton toujours, je suis groggy à côté de ma lampe à lave posée sur ma table de nuit couverte de stickers décollés de plein d'albums dont celui du dernier Tool... On est en quelle année ? 1999, 2009, 2019 ? Tool, manipulateur de perception temporelle ? Coach-gourou prostré au centre d'un cercle parfait de bougies, qui cherche encore à m'aspirer dans son vortex sonore ? Je colle des stickers, sur mon frigo. Signe d'adolescence attardée ? Et Tool, ils sont ados ou vieux ? Ils vieillissent bien, ou mal ? Ils vieillissent pas : ils stagnent. Et n'ont surtout rien sorti pendant treize ans. Un "no fap challenge" impressionnant, quand on sait par exemple que Dream Theater n'ont jamais tenu plus de trois. Alors faut pas trop leur en vouloir, à Tool, si leurs mains se font plaisir sur ces instruments qui font des sons si satisfaisants, en oubliant de transcender quoi que ce soit qu'ils aient déjà enregistré. Il faut les comprendre, Tool. Ils veulent juste glisser sur leur flux, se dégourdir un peu télépathes, groover à doses homéopathiques. Fear Oscillococcinum est cet album de stars ténébreuses, qui veulent juste tooler tranquillou, entre les anneaux de Neptune et l'Île de Pâques, Ray-Ban relevées sur le crâne pour taper le bœuf entre copains de promo, drifter et surfer dans leur petit monde paranormal balisé, avec les yeux de tous les gens qui les connaissent - le quart de la planète ? - partout tout autour, en constellation de myriades de fractales de spirales. Suiveurs aveuglés de l'Église de Lacrymologie ou simples voyeuristes comme mézigue. Inutile d'encenser une œuvre déjà bien garnie de bâtonnets fumants, inutile de la descendre en flammes... Apaisée, la mégalomanie compositrice du Tool soit-disant créateur de haute couture alternative ! Onanisme à Honolulu. Mains de Kali. Yoga, Paix intérieure ! Quant au coït tant attendu, chou blanc, donc. Mais zéro prise de chou.

Alors que les fans du quatuor soient rassurés, si d'aventure certains d'entre eux étaient pris de hoquet devant cette note pourtant aussi neutre que l'album : on a rien contre vous, hein, que du contraire même... On vous souhaite Tool bonheur du monde, pour aujourd'hui comme pour demain.

note       Publiée le vendredi 6 septembre 2019

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Note moyenne        18 votes

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Wotzenknecht › mercredi 30 juin 2021 - 12:19 Envoyez un message privé àWotzenknecht
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Plus que de la resucée en fait, ca me donne l'impression bizarre de ces mash-ups générés par une AI à qui l'on aurait fait écouter les trois albums précédents. Je dis cela sans sarcasme.

Note donnée au disque :       
stickgrozeil › mercredi 30 juin 2021 - 09:30 Envoyez un message privé àstickgrozeil

Première écoute ce matin. On s'emmerde bien, à tel point que je n'ai pas réussi à aller jusqu'au bout. C'est toujours aussi bien fait, mis en son, mais les idées sentent la resucée à plein nez.

Note donnée au disque :       
Dun23 › mercredi 2 septembre 2020 - 10:08 Envoyez un message privé àDun23

Et c'est pas faux non plus, ce que tu nous dis, hein! C'est juste qu'effectivement, c'est pas l'album à conseiller à ceux qui ne connaissent pas, encore que, quand tu connais pas, peut être, et donc, on imagine la baffe à l'écoute des autres... Mais c'est pas une bouse non plus. Oui, finalement, tiède, c'est pas un mauvais mot...

Raven › mardi 1 septembre 2020 - 14:17 Envoyez un message privé àRaven
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"soit Tool nous soûle et on ne peut plus rien écouter d'eux, ce que je suspecte être le cas de notre bon corbeau,"

Pas tellement ras le bol ou saoulerie cette affaire, il est bien agréable pour se relaxer, c'est vraiment leur album en sarouel, j'insiste. Pris à tiède c'était plus une histoire de pure neutralité, un non-évènement, quasi un non-album vu ce qu'il apporte. 3/6 les enfants. Donc ouais au risque de rabâcher (penses-tu !) comme eux et pour ceux qui ont pas que ça à foutre de lire le pâté au-dessus, Tool se font bien bien plaisir entre eux, en mode feignasse, sans chercher à écrire ou à faire des mélodies qu'ils ont pas déjà faites dix fois, ils recyclent, ils font leurs Jean Michel Jarre, de la Tapisserie de Tool plutôt que du Tool épique ; mais oui ils sont sereins, oui Maynard doit s'en battre royal, oui Danny fait mumuse, oui Adam a trop un son de ouf... tant mieux pour eux ma foi, c'est cool.

Non, le seul truc sur lequel j'ai eu tort de pas plus insister même si j'ai mentionné son superbe "Wake up remember !", c'est "Pneuma". Très belle montée de sève il faut reconnaître, sentiment d'épiphanie communicatif. Elle s'est pas effacée, malgré son côté poussif et le long tam tam babos final, son magnétisme est réel. Y aura peut-être une (auto?) double chro va savoir, par pur plaisir de parler encore encore de Tool, avoir des vues et des likes. Ou un énième hommage mérité à Aenima.

Note donnée au disque :       
Dun23 › mardi 1 septembre 2020 - 09:55 Envoyez un message privé àDun23

C'est clair, après autant de temps, la déception ne pouvait qu'être au rendez vous. Tout y est "prévisible" dans le sens où c'est du Tool! Et que donc, ces mecs qui ont établi cette grammaire il y a un quart de siècle vont pas commencer à nous faire du zouk métal. Et une fois ça posé, soit Tool nous soûle et on ne peut plus rien écouter d'eux, ce que je suspecte être le cas de notre bon corbeau, dont les deux premières recommandations sont absolument à écouter, soit on est content de retrouver ces vieux briscards. Et quand bien même ils nous auraient sorti un truc aussi énorme que Aenima, beaucoup leur tireraient la gueule quand même. Moi, j'ai mis du temps à écouter, c'est plus le côté pas de sortie physique à prix raisonnable qui m'a stoppé pendant pas loin d'un an. Au final, l'album est plutôt plaisant même si loin d'être acquis par mes oreilles. Faut laisser glisser ça tranquillement. Alors oui, pas album de l'année, mais pas album dégueu non plus.