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Cocteau Twins › Milk & Kisses

  • 1996 • Fontana 514 501-2 • 1 CD

cd • 10 titres • 42:40 min

  • 1Violaine
  • 2Serpentskirt
  • 3Tishbite
  • 4Half-Gifts
  • 5Calfskin Smack
  • 6Rilkean Heart
  • 7Ups
  • 8Eperdu
  • 9Treasure Hiding
  • 10Seekers Who Are Lovers

enregistrement

Pors Poulhan, Bretagne & September Sound, Angleterre

line up

Elizabeth Fraser, Robin Guthrie, Simon Raymonde

remarques

chronique

Styles
heavenly
pop
Styles personnels
dream pop

"Lait & Bisous". J'aime le lait, et j'aime les bisous : ce Cocteau Twins devait me plaire. L'intitulé est très fidèle au contenu : des bisous lactés. Des papillons en forme de lèvres viennent butiner une peau de lait... Les rayons du Soleil traversent toutes les fenêtres... Le manoir de Liz et Robin n'a jamais été aussi baigné de lumière du jour. Une lumière du jour qui semble éternelle, au point que c'en est par moments un peu vertigineux. La pochette originale à la Isn't Anything dit tout aussi vrai que le titre. Milk & Kisses ne fait peut-être pas partie des meilleurs Cocteau Twins, mais Milk & Kisses prouve ou confirme qu'il n'existe pas de mauvais Cocteau Twins, même s'il m'a fallu quelques millions de battements de cils pour m'en rendre compte, pour tout dire au tournant de ma chronique de Heaven or Las Vegas publiée en 2007, chro dont je ne suis pas fier car elle ne rend justice ni au disque ni à mes sentiments à son égard... mais bon... les choses changent, c'est pour ça qu'une date est inscrite, en bas. On la mettait entre parenthèses, je crois... Milk & Kisses aussi, est inscrit entre parenthèses. Ses ailes, peut-être. Plus confortable qu'un point final pour se lover. Cocteau Twins s'y désintègrent, dans de la crème de Cocteau Twins. Elle et ils s'effacent dans le halo, dans les teintes les plus délavées, leur musique pouvant sonner si on l'écoute trop distraitement aussi anodine que du Enya ou Corrs, mais ne nous y trompons pas : sur plus d'un instant tout aussi gracieuse (ô bien nommé "Treasure Hiding" et son éclosion soudaine, magique), voire aussi mystérieuse que leurs grands moments de la "grande époque", même si la fascination exercée par le groupe peut prendre des airs un peu fumeux de sophrologie deampop. Milk & Kisses fascine à sa façon, un chouia différente des autres, dès cette familière et étrange "Violaine" au charme éro-chou, qui répand son parfum de madeleine enquiquineuse au gré de cliquetis de machines, se diluant assez vite dans les guitares de l'horloger Guthrie. Milk & Kisses, ultime papouille pastel, n'a pas à rougir face aux albums de la décennie passée, auxquels il renvoie peut-être encore plus qu'à Heaven or Las Vegas. Même s'il menace de s'évaporer par trop de légèreté, ce coquillage-boîte à musique se hisse au-dessus du récréatif Four-Calendar Café. Radieux, positif, jusqu'au bout des ongles de son écume. Incroyablement nunuche même, quand Liz et Robin se laissent aller aux mélodies les plus féériques. Oui, Cocteau Twins font sur Milk & Kisses une musique profondément GENTILLE, une musique qui nous veut du bien. Plus que jamais. Mais cette musique a le sourire d'une rescapée des gouffres. Noyée de Soleil et de paix intérieure. La mélancolie de Cocteau Twins sur Milk & Kisses est, comme je le disais en préambule, ultra-diurne. Son rayonnement se manifeste entier sur une "Serpentskirt" à l'écho-tranxen qui laisse béat, autant que sur ce final quasi-psychopompe, qui rend l'atmosphère aquatique et l'océan gazeux. Et puis, "Calfskin Smack" est simplement l'une des chansons les plus ravissottes qui soient. Quant au triste "Half-Gifts", comment ne pas le trouver un peu troublant avec sa pauvre mélodie de carrousel aux petits chevaux de bois qui tourne un peu de travers (seul moment un tant soit peu "sombre" de l'album), survolée par une Liz qui semble l'espace d'un instant mimer le "Suzanne" de Leo ? Une de leurs plus jolies chansons. Ces arpèges ultra-cristallins de "Eperdu", le roulis des vagues... Oui : tout ça est très simple, trop simple, trop... facile, Madame, Messieurs ! Mais à y écouter de plus près, sans pouvoir s'en approcher... Qu'est-ce qu'encore, que ce tour que vous nous avez joué ? Serait-ce un ceviche de Cocteau Twins ? C'est peut-être dans ce ravissement permanent de toutes choses, dans ce bien-être un brin écœurant comme un interminable baiser coco-lacté ou vanillé, que réside la force tranquille de Milk & Kisses. Une forme de béatitude immaculée, où les fantômes des années 80 ne sont pas si loin, voire tout près : ils ont juste été accueillis à bras ouverts, et pardonnés, parce qu'ils n'avaient rien fait de mal et qu'ils n'y pouvaient rien ; comme les draps blancs inoffensifs qu'ils sont... alors on les a épinglés sur la corde, pour que ce soit au tour de la brise printanière de les faire danser. Et puis on s'en est allés... Mangés par la lumière blanche. Les adieux n'ont jamais été aussi doux.

note       Publiée le samedi 31 août 2019

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Note moyenne        6 votes

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Raven › samedi 31 août 2019 - 12:22  message privé !
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Oups, pardon Raymonde ! Corrigé...

Note donnée au disque :       
Richard › samedi 31 août 2019 - 09:43  message privé !

Oui Raymonde est encore présent sur cet album. Il fait entre autres les parties de basse et batterie.

Note donnée au disque :       
torquemada › samedi 31 août 2019 - 08:36  message privé !

Simon Raymonde joue sur cet album, non ?

Richard › samedi 31 août 2019 - 07:59  message privé !

"Un interminable baiser coco-lacté" très chouette définition pour un album pop pas nécessairement transcendant pour l'idée que l'on se fait des Cocteau mais pas honteux pour autant.

Note donnée au disque :