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King Dude › Fear

  • 2014 - Ván, Ván111 (1 cd digipack)

cd | 13 titres | 41:56 min

  • 1 Open the Door
  • 2 Fear Is All You Know
  • 3 Maria
  • 4 Devil Eyes
  • 5 Cloven Hooves (of Fear)
  • 6 Demon Caller Number 9
  • 7 Bloody Mirror
  • 8 Lay Down in Bedlam
  • 9 Bottomless Pit
  • 10 Never Run
  • 11 Miss September
  • 12 Empty House
  • 13 Watching Over You

enregistrement

Produit par Bill Rieflin

line up

T.J. Cowgill (chant, guitare, field recordings), Joey D' Auria (batterie, percussions, chœurs)

Musiciens additionnels : Bill Rieflin (chœurs, claquements de mains, piano, orgue Hammond, harmonium, guitare ostrich, basse, tambourin, maracas, Mellotron), Don Gunn (chœurs et claquements de mains), Brianna Atwell (violon et alto sur "Maria" and "Watching Over You"), Emily Denton (chœurs sur on "Maria"), Vanessa Dandurand (chœurs sur "Devil Eyes")

chronique

Brute d'énergumène aussi sinistre qu'attachant, ce King Dude, avec son pseudo en carton tout juste digne d'un rôle tertiaire dans un Coen Bros ou un Quentin Tarantino, comme le suggère cette pochette très "The Gimp/La Crampe", et ses chansons de blaireau goth qui semble tenter le hold-up émotionnel à chaque redémarrage de flipper. Sous des angles encore plus ou moins maîtrisés, faut bien le dire, mais un bon cran au-dessus du recueil de boy-scout suicidaire Burning Daylight. Le costume de crooner ténébreux déniché à la friperie locale est encore mal ajusté, même s'il avait déjà fait des essais non concluants sur la pantalonnade précédente, il a encore une carrure de folkeux. Mais c'est pas ça qui va le décourager, le Dude. Il aura le même chant, en encore plus cavalier de la glotte et qui se vidange le gosier. Il foutra de l'écho deluxe et il aura un son de pro, même s'il lui faudra contracter un crédit revolving ou taper papa-maman au larfeuille. Fear laisse imaginer, malgré son amateurisme encore évident, des nuits entières d'interprétation fiévreuse de vieilles scies folk/country/blues. Une envie d'americana occulte, avec cette présence vocale d'aspirant gourou, prétendant au trône de King gothique et aux manoirs luxueux mais voué à rôder dans les caniveaux de l'impopularité. King Dude, pur fruit de l'Amérique vue du côté pile. Il passe ici, sous le sceau du son bien charnu estampillé Rieflin, du côté cheesy - sa période neo-folk pouilleuse à voix grave - au côté classieux de la force, dès le goth-rock suintuant de khôl de l'impétueuse "Fear is All You Know", qui veut nous soumettre à son aura sans résistance comme des petites groupies vampirellas. Les chœurs dark-moelleux sur le refrain, certifiés "rembourrage 100% plume de corbeau", ne sont pas loin d'y parvenir. Entrée en matière dans le goth-game qui a déjà de la gueule, mais à sa suite le Dude se croûtera en beauté à plus d'une occasion ("Cloven Hooves", "Lay Down in Bedlam" ou la très bidon "Never Run") s'éparpillant par désir de swag total dans tous les styles de musiques à blouson noir (son défaut ou sa qualité, déjà...) Mais pour l'instant il fait encore un peu pitié, quand il grattouille ses cordes comme un louveteau, fait des trémolos qui s'écroulent ou grogne en se dégageant les glaires des polypes. Passe ou casse. Pourtant, bien que ce disque soit encore trop bancal, la caricature chétive se mue en quelque chose de plus épais, même dans le préfabriqué et la naphtaline ("Maria", nimbée de brume kitsch)...On arrive tranquille au versant narcissique et libidineux du Dude, ce son de rock star inconnue, 100% des bas-fonds, 100% nocturne. Le goth de seconde zone aux accords de puceau qui s'amuse avec sa guitare toute neuve, mais gourmand, prédateur... Pantelant mais sûr de son charisme... Altier autant que piteux, et aussi gracieux qu'ingrat, King Dude nous invite sur Fear à le suivre dans une nuit pas comme les autres : sa discographie dès cet album, western en solitaire sous les réverbères affamés d'une zone résidentielle US comme mille autres, propice aux nuits des masques et aux faits divers sordides... "Devil Eyes", "Miss September" et "Empty House" vous tendent la main gantée : bienvenue chez King Dude, âmes en perdition. Ça se passe près de chez vous, dans la banlieue de Seattle.

note       Publiée le mardi 10 septembre 2019

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