Les objets chroniqués

Vous êtes ici › Les groupes / artistesQQ Lazzarus › Goodbye Horses

Q Lazzarus › Goodbye Horses

  • 1991 • All Nations ANRS001 • 1 LP 33 tours
  • 2013 • Mon Amie Mon Amie Records • 1 LP 33 tours

cd • 3 titres • 15:23 min

  • 1Goodbye Horses *
  • 2Goodbye Horses (7" Version)
  • 3White Lines

enregistrement

1988 ; apparition initiale sur la bande originale de Married to the Mob ("Veuve mais pas trop" en version française).

remarques

* version longue uniquement présente sur le maxi single

chronique

"Goodbye Horses" : une sorte de Graal du tube underground. Le one-shot suprême. Difficile de trouver hit plus ambivalent et interlope, plus précieux. « All things pass into the night... » Cette chanson nocturno-androgyne de la mystérieuse Q.Lazzarus, incluse dans la bande originale du Silence des Agneaux et utilisée pour agrémenter l'improbable scène du tueur en série travelo en pleine séance d'auto-kiff devant son miroir, qui a marqué un peu tout le monde. Des histoires d'agneaux dont les hurlements hantent encore la pauvre Clarice, ou des histoires de chevaux qui hantent cette énigmatique black à chapeau mou, imprégnée de mysticisme hindou (les bourrins à qui elle dit bye bye sont sensés représenter les cinq sens et la connexion au monde physique, je vous laisse gamberger là-dessus). Une chanson aussi fumeuse que profonde, à la toxicité non démentie depuis trente ans et sûrement pour un bon bout de temps, sur le mélomane succombant le temps d'un slow avec lui-même à sa part "gaylomane", sans aller jusqu'au gemey-maybelline et tétons percés comme l'autre cintré, ni essayer après minuit ses fanfreluches mauve-fuchsia le zguègue coincé entre les cuisses en poussant des petits "ouuuuh-ooouh" de chouette hulotte sous poppers à rendre jaloux le nain de Minneapolis... mais en y songeant très fort ! Cette chanson tripote et léchouille langoureusement les mamelons du cerveau, c'en est pure sorcellerie. "Au revoir chevaux, je vole au-dessus de vous". Élévation spirituelle ? Fugue mentale ? NDE ? Épiphanie ? Qu'importe et tant mieux. Ces synthétiseurs radioactifs qui ronronnent entre rêve et cauchemar, ce beat rudimentaire mais imparable propice à l'onanisme, ce chant soul-wave qui minaude : tous les éléments ondulent de concert sur ce morceau, imprégnés d'un onirisme et d'une sensualité rares. On n'a pas fait plus culte, depuis. Je préfère souvent la version single edit, ceci dit, la version longue ayant la qualité notoire d'être moins courte, mais ayant aussi le défaut de révéler le refrain en entame, ce qui me gâche un peu la montée de sève en mettant trop vite la crème dans le panier. Enfin tout ça est bien sûr très subjectif. Quant à "White Lines", c'est une chanson plus AOR, un peu R.E.M., mais surtout plus triviale, malgré un break des plus étranges... Q Lazzarus restera dans le giron de son découvreur Jonathan Demme, le temps de jouer dans un film sur le SIDA en y reprenant "Heaven" des Talking Heads façon slow romantique (sous un autre drôle de chapeau), et puis s'évanouira dans la nature aussi vite qu'elle n'était apparue. Peut-être au volant d'un yellow cab ou d'un bus, qui sait ? Un cercle très fermé de fanatiques, bloqués sur cette voix et réunissant sur les sites de streaming le peu qu'ils purent glaner dans la rachitique carrière de Q Lazzarus, trépignera pendant des années pour la réédition de "Goodbye Horses", qui attendra jusqu'en 2013 et s'écoulera tout aussi vite que la première... Parce qu'il convient de préciser, pour ceux qui désireraient se procurer l'original d'occasion, que ce sera un peu comme aller à la rencontre du Docteur : grandes seront les chances d'y laisser un rein, voire un bras.

note       Publiée le jeudi 29 août 2019

Dans le même esprit, Raven vous recommande...

réseaux sociaux

tags

Vous devez être connecté pour ajouter un tag sur "Goodbye Horses".

notes

Note moyenne        10 votes

Vous devez être membre pour ajouter une note sur "Goodbye Horses".

commentaires

Vous devez être membre pour ajouter un commentaire sur "Goodbye Horses".

nowyouknow › jeudi 2 avril 2020 - 19:42  message privé !

Effectivement la version longue déconne en balançant direct le refrain. L'originale est moins pressée et quand il arrive c'est vraiment l'apogée. Merci pour la chronique, j'étais passé à côté du morceau, même en ayant vu le film plusieurs fois.

Note donnée au disque :       
kama › mardi 3 septembre 2019 - 09:30  message privé !

J'me demandais si il y aurait une référence à une fuite en taxi! Bien joué Raven !

Dane › vendredi 30 août 2019 - 17:48  message privé !

Chanson que j'associe à l'époque d'avant internet. Morceau que beaucoup voulait posséder sans y arriver (certains achèteront la BO sans se rendre compte qu'il n'y figurait pas). zugal21 a raison, il faut y revenir de temps en temps, ce qui permet de garder la force émotionnelle de ce titre.

Note donnée au disque :       
zugal21 › vendredi 30 août 2019 - 17:35  message privé !

M'avait mis une belle baffe au cinéma. Maintenant, je juge le truc comme à pas écouter trop souvent, surtout avec ces deux versions qui se suivent ; ça prend un peu la tête.

Note donnée au disque :       
born to gulo › vendredi 30 août 2019 - 14:16  message privé !

Je réalise présentement que la fameuse "Noir Désir" de Vive la Fête est juste un peu inspirée par ce morceau, en tout bien tout honneur.

Note donnée au disque :