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Cranes › Forever

cd | 17 titres | 44:26 min

  • 1 Everywhere
  • 2 Cloudless
  • 3 Jewel
  • 4 Far Away
  • 5 Adrift
  • 6 Clear
  • 7 Sun And Sky
  • 8 And Ever
  • 9 Golden
  • 10 Rainbows
  • Bonus (version double CD Dedicated & réédition Cherry Red)
  • 11 Jewel (12" Mix)
  • 12 The Puppet
  • 13 Shine Like Stars
  • 14 At Sea
  • 15 Slide
  • 16 Wings Of Joy
  • 17 Trumpet Song

line up

Alison Shaw (chant, basse, guitares, programmation, production), Jim Shaw (batterie, guitare, claviers, basse), Matt Cope (guitare), Mark Francombe (guitare, claviers)

chronique

Forever, ou l'envers du décor. Dans le monde de Cranes, où horreur est douceur. Extrême douceur. Dans ce monde où les fées sont plus dangereuses que les ogres. Forever, monde dans ce monde, ou les fées ont mangé les ogres, et sont les ogres. Un monde dans le monde comme une poupée dans la poupée. Et pas des moins envoûtants, ce monde. Peut-être même le plus dangereux de ces mondes-gigognes avec Self-Non-Self/Wings of Joy... Plus que jamais, Vanessa parade. Gavée de bonnes intentions, Vanessa minaude. Elle gambade, cruelle, comme Martine au Cimetière, entre les tombes en fleurs. Colchiques dans les prés, fleurissent, fleurissent... Vanessalison, qu'importe son nom, seule compte sa voix : cette toute petite voix au grand pouvoir, cette voix acidulée, faussement ingénue, fausse enfant, qui nous ensorcelle avec une facilité ridicule, qui fait de l'auditeur sa poupée... Colchiques dans les prés, c'est la fin de l'été. Et encore une fois, toute résistance est impossible. Tous pantins d'Alison. Dès que la guitare sèche de l'inoubliable "Everywhere" se dégourdit les frettes, dès que sa mélodie vénéneuse et nauséeuse se répand à travers les cordes cristallines comme un nectar... Tout coule, tout est aigu, malingre, aigrelet, violacé, gouttelettes de rosée perlant des lèvres des dionées, tout fait mouche, au creux de l'ocre profond ou dans le jaune aveuglant d'un bouton d'or (t'aimes le beurre, hihi !) que ça prenne la forme d'une mélopée surannée ou d'un surf-rock canaille, d'un grunge féminin, d'un tube curiste nunuche ou d'une lente incantation gothique au piano. Le mâle est docilisé, ficelé par les fées, turlututupiné par les jonquilles, séquestré par des farandoles d'une insoutenable grâce. Il est condamné, paralysé, à se faire picorer le cœur et l'âme tout entiers par cette petite garce d'hirondelle. Il va se faire manger par ces mélodies si naïves, si efficientes qu'elles s'insinueront à travers sa peau, tout en se déployant, plus amples que des ombres de cathédrales, sur sa misérable dépouille... Forever ou le sadisme des anges, ces frelons de Dieu, aux dards enduits de curare... Forever, ou l'enfer du paradis.

note       Publiée le mercredi 21 août 2019

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Note moyenne :        7 votes

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Tacrolimus › lundi 26 août 2019 - 13:57  message privé !

1993, Forever, le trou normand pour le jeune entre goth et skateboard, les premières amours inavouées en regardant la pluie tomber.

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nowyouknow › mercredi 21 août 2019 - 16:29  message privé !

Au début Jewel me me paraissait impénétrable avec sa mélodie fuyante. Evidamment c'est devenue ma préférée. J'aime beaucoup ce groupe, je sais toujours pas ce qu'il leur a manqué pour devenir "culte"..

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SEN › mercredi 21 août 2019 - 08:37  message privé !

Aussi indispensable que Self-non-Self et Wings of joy ! les 3 premiers albums ont d'ailleurs fait l'objet d'une réédition vinyle il y a peu.

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Twilight › mercredi 21 août 2019 - 08:33  message privé !
avatar

Voilà bien longtemps que je ne l'ai plus écouté; je n'en ai plus de souvenir très précis. La chro me dit qu'il va falloir remédier à cette situation. Vite.

born to gulo › mercredi 21 août 2019 - 07:50  message privé !

Et puis cette sensation de piège horrible, aussi, dans ces morceaux qui semblent parfois bégayer entre eux, comme dans un labyrinthe on croit sans en être sûr repasser aux exacts mêmes endroits, où être coincé dans une boucle onirique... Le plus sucré et peut-être le plus plombé.

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