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Fumata › La Perfección de la Muerte

cd • 6 titres • 36:36 min

  • 1Bruja Fina4:35
  • 2Dignitas6:02
  • 3No Se Admite Vida3:51
  • 4Soy Apatía2:30
  • 5La Perfección de la Muerte9:36
  • 6Regreso al Universo10:02

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré, mixé et masterisé par KB au Testa Estudio, León, Guanajuto México, du 31 mars au 2 avril 2017.

line up

Alberto Tamayo (basse), Leonardo Cardoso (batterie), Javier Alejandre (guitare), Israel (voix)

remarques

Artwork : Leonardo Cardoso.

chronique

Dans "Doom", il y a "c’est la fin" : des temps, de l’espèce, des croyants et/ou des impies… Déluge, jugement dernier, grand embrasement, engloutissement des villes, des continents – l’effondrement, tabula... Dieu – Allah, Yaveh, Odin, Huitzilopochtli, Rael, L’Affaire ou qui vous voudrez, hein - reconnaîtra les siens. (Ou s’en tamponnera en son royal et suprême privilège, d’ailleurs, ça dépend des versions du conte…). Après, plus rien ? Eh ! Voire ! … Ici, en Doom donc, et depuis Mexico, ça reprendrait plutôt – en espagnol, variante locale et quelque peu prolixe (et pour ce que j’en comprends, peu argotique) – la sentence de Scott Reagers : "Let the Eeend Begiiiiiin" ! Pas littéralement, qu’on m’entende bien. Pas le morceau. Certes dans les termes usuels – batterie tout en cymbales qui crissent et toms qui font les tambours de l’Armageddon, riffs qui pèèèèsent, enfoncent, basse grasse. Et voix pas jouasse, oui – versant vénèr’ plus que molle-apathique, quoi qu’en dise l’un des titres… « Qu’on en finisse pour commencer » – voilà. Et ces mecs, en effet, savent en faire tout un monde – des pensées suicidaires ; du refus du dehors (ce sale machin mal famé par des gens qui sourient comme si de rien) ; des "fines sorcières perverties mais libres", au moins ; de la dépression qui cloue, qui poisse, pas romantique, pas flattée comme telle, c’est toujours ça ; de la fumée qu’on s’avale pour faire passer, en masse, pour les visions dans les volutes ; de l’immanquable dissolution dans l’Univers, au bout, se faisant attendre. Voilà, finalement, la meilleure définition, c’est peut-être ce commentaire d’un auditeur, sur le bandcamp du groupe : "Big spliffs and raw emotions". C’est un peu court ? Eh bien précisons : ce Doom-ci à des idées – noires certes mais pas en ternes applications. Celle, excellente, déjà, de laisser les compos trompeusement dériver, les prières à ce qu’enfin-le-trépas – enfler, en fait ; s’épaissir les atmosphères, dans les tournes innombrables. Celle aussi d’avoir sans doute bouffé, tâté substances et chairs diverses, hors-chapelle – toutes diversement fraîches, d’accord, c’est possible – pour en arriver là. Du psyché vieux style, sûrement, des années d’avant qu’on parle même de Doom (de Metal, même) ; côté sombre mais sachant tracer au point de feu, dans la touffue charbonnée. Du thrash des secteurs où ça veut dire "depuis ton garage cambouis compris", même, si on en croit le riff – surprenant la première fois, vu ce qui précède – de Soy Apatía, encore elle. (Par ailleurs très brève, celle-là, dans son emballement limite d-beat). D’où ce jeu de guitare finalement pas si attendu, pour le genre – plus précis, plus fourni, plus (disons) "évolutif" que dans le tout-venant – pas la mécanique facile, systématique : mille fois le riff/solo incantatoire/retour (mille-cinq-cents fois) au riff. D’où ce long préambule "jazzy" sur la piste-titre, avant que ça se remette à tonner morose – OK, "jazzy" de l’école Buttler-Ward de chez Sabbath Inc., plutôt, pas grand-chose à voir avec Jelly Roll, Ellington, Parker ou Mingus. (Mais en passant : ça me frappe toujours, au fait, à quel point on la fi-donc cette section rythmique, dans le gang Ozzy-Iommi – avec son sens pourtant assez inouïe de la variation, la paire, du groove en morne-plaine… Bref… Fin de l’aparté). Et concluons, d’ailleurs ! Voilà : un doom, un disque, qui prend sur la longueur, insidieusement, qui revient vous poisser, passée l’écoute première, l'air d’abord anodin. Les détails qui se révèlent à mesure qu’on s’enfonce – la vue s’adaptant, l’oreille, le sens, dans la mélasse. Qui instille sa poésie défaite, tronche au plancher, au plus simple ; sa rage épuisée ; sa passion qui gît-là, sombre à n’en plus finir. Et le truc sonne juste – qu’on croit ou pas, au fait, au programme d’emblée exposé : "La Perfection de la Mort"... Bon ? … Bon. Une façon comme une autre – de vivre quoi qu’on en ait, de faire comme on peut, qu’au moins il en sorte quelque chose ? … Toujours est-il qu’ici, je me reprends bien souvent, ces jours, à me tremper tignasse la première dans leur décoction, à écouter ce qui remue au fond – sourdement mais sans trêve.

note       Publiée le vendredi 26 juillet 2019

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