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Distorted Pony › Punishment Room

  • 1992 • BOMP! BCD4041 • 1 CD
  • 1992 • BOMP! BCD4041 • 1 LP 33 tours

cd/lp • 15 titres • 24:48/41:27 min

  • 1H.O.D.2:23
  • 2Death In the Turnstile2:23
  • 3God’s List1:46
  • 4Splinter2:32
  • 5Krank3:31
  • 6Gut Bug3:23
  • 7Castration Anxiety3:31
  • 8Powerless2:42
  • 9Plague Bed1:56
  • 10Down Where the Dirt Collects3:01
  • Bonus de la version CD*
  • 11Free Schedule*2:26
  • 12Sinner’s Prayer*2:44
  • 13Forensic Interest*2:47
  • 14Blare*4:50
  • 15Pillar of Salt*1:32

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré au studio Surrogate Spike, Los Angeles. Mixé à la Guest Room, Chicago. Produit par Steve Albini.

line up

Robert Hammer (guitare ; voix sur 13), Theodore Jackson (batterie, percussions), Dora Jahr (basse, voix), London May (batterie), David Uskovitch (guitare, voix)

remarques

*Les bonus de l’édition CD reprennent l'intégralité de l'EP Work Makes Freedom (12", BOMP! BMP 4040) sorti en 1991. Certains des CD de l’édition sont peints en blanc.

chronique

Comme je vous disais ailleurs : le noiserock, c’est pour la purge ! Peu importe si c’est sur un accord et demi ou bien plus complexes, plein de notes, renversement de trop … Peu importe si ça riffe blues ou clusters, dissonances qui font bugger votre accordeur. Si ça « sait jouer » ou pas – au mieux, ça, c’est secondaire. PURGE. Et donc, en conséquence : ça sonne SALE ces trucs-là ! Si ça fleure la rose, quand il y a marqué ça – NOISE devant le ROCK – bah… Mauvaise porte, je vais voir ailleurs. Bon… À partir du moment où je l’ai passée, ceci-dit, j’oublie les mots marqués. Je m’y lance – attendu que ça groove. (Et si possible : pas dans les clous. Quoi qu’ici, vue la pochette, le titre du bidule…).

Bref, voilà. Distorted Pony : groupe de Los Angeles ; Punishment Room, sorti en ’92 sur BOMP! (avant un autre sur Trance Syndicate, Instant Winner, en ’94 ; une poignées dEPs avant et entre temps, dont le Work Makes Freedom ici gravé, sur la version CD). Je l’avoue de bonne grâce: sur le coup je suis passé à côté – complètement, alors que c’était bien dans mes cordes (les plus vicieusement recherchées). Même pas entendu parler d’eux, de fait. Même pas sûr, à vrai dire, qu’à l’époque ça ait atteint la France, leur affaire, hors de cercles bien confidentiels... Et puis voilà : vingt-six ans (!) plus tard, j’ai eu l’heur de les croiser – excursion surprise, avec eux pas au bout mais un soir, en point de mire passager, dans un autre pays. Un petit club de Barcelone, bar à concerts – en tournée avec des Ritals qui bouffaient leur micro, littéralement, voile, filet de bave à l’appui (Cani Sciorri… je vous en reparlerai, sûrement). Ah ! Et on avait soif, ouais. D'ailleurs, aussi : ça ENIVRE ! Ça donne envie – d’en remettre, une tournée comme le reste.

De quoi ? Bah ! Le NOISEROCK, on vous dit ! NOISE, comme dans BRUIT. VOUS ÊTES BOUCHÉS ?! Voilà : de quoi bien siphonner. Dissoudre, broyer, avaler les calculs. Shhhhrrr. Allons, au fait : le truc n’était pas refroidi – loin de là ! Les types et la donzelle, je veux dire. Le disque, non-plus, tiens… Rien d’ébarbé. Rien qui se fait dire « ah ouais, normal, époque ». On l’entend, certes – mais au sens où elle colle encore, trimbale les fumets pas propres du secteur – j’insiste : délectables crasses. On se file des bleus en cadeaux, ça brasse en nage mais en même temps, comme dit le proverbe : « putain, ça sèche ». Un des cogneurs – batterie, trucs en métaux de récup’, fûts défoncés comme chez Cop Shoot Cop (pas pour rien, même si le gaz n’est pas le même, inhalé-recraché, l’odeur, encore – Californie, ce smog là n’est pas la brume newyorkaise) – un de mecs, donc, trêve de, portait un t-shirt Killdozer. Un de leurs camarades de route italiens, le même, tiens. Ça pose l’ambiance, non ? L’ambition ? Le niveau ? …

Bon, résumons ! Distorted Pony : noiserock vil et véloce, précis dans ses visées, grumeleux dans ses déflagrations : cascades de tôles déhanchées, riffs démanchés ; complications quand ça remonte à l’encéphale. Le truc qui tape aux parties basses et fout le feu là-haut – entre autres ! La bassiste a écrit PAIN, en gros, sur sa machine (décidément…) : ça se mérite – et là personne ne moufte. Gros fuzz, sur scène, pas d’autres effets – ici pareil, on dirait bien ou peu s’en faut. Et quand elle s’y met, de la voix : on reste parce que c’est bon, qu’on tique ou non de se faire ainsi tancer. L’autre – le mec – au micro, gueule plus étranglé. Les deux grattes se calottent et s’agrippent pour occuper, griffer, crever tout l’espace, les défauts d’enveloppes, fracasser le volume. Parfois ça fait des sortes de chœurs, d’harmonie – mais ça ne sonne jamais hooligan, glorieux hymne. Plutôt, c’est que ça déferle sur un front de plus, un autre côté – une sorte de stéréo sur tige filetée faussée. Le son « industriel » dans un sens certes bien américain – mais pas celui du « métalindus », lourd, à la Ministry et séquelles. Plutôt parce que ça grince comme les fabriques qui crament – crépite, crépite, distords les timbres, fonds les organes et les mécaniques, coule-nous ça, le ragoutant crachant moussant brouet…

Pas à gloser davantage, allez : ça fout sa trempe, l’affaire, et on y vient pour ça. Joyeuse et tendue surchauffe – comme si dehors/dedans ça n’était déjà pas assez fournaise. Avoinée généreuse, si pas amène – et comme ils avaient dits de nous, la poignée d’agités qui se déboîtaient devant, tout autant qu’eux de tous les sexes : « T’was fun watchin' you, guys ». (Parce qu’aussi : faut que ça EXCITE, comme ça sort – pince et charbons ardents, croix de saint-andré, potences et masques ou pas… Quels que soient l’inflexion, l’infléchissement du flux, avec ou sans le goût pour ce type de ludiques accessoires).

note       Publiée le lundi 15 juillet 2019

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Dioneo › jeudi 31 décembre 2020 - 18:21 Envoyez un message privé àDioneo
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Je crois que je ne l'avais pas encore réécouté cette année, tiens, bizarrement... C'est fait de justesse ! Et... Ben toujours la bonne mandale cloutée, groove et déluge de caillasse, celui-là. (Et toujours le souvenir de ce concert de dingues à Barcelone y'a deux ans et demi... De quoi pas oublier comment c'était, les concerts, en attendant de pouvoir re). (EDIT : et tiens, je l'avais pas mentionné dans la chro mais : les morceaux tirés de l'EP Work Makes Freedom, là-dessus, ils sonnent carrément Big Black hein !)

Note donnée au disque :