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Gary Numan › Savage: songs from a broken world

  • 2017 - Bmg music, BMG ?– 538307442, BMG ?– 4050538307443 (1 cd digipack)

cd | 10 titres | 00:00 min

  • 1 Ghost nation
  • 2 Bed of thorns
  • 3 My name is ruin
  • 4 The end of things
  • 5 And it all began with you
  • 6 When the world comes apart
  • 7 Mercy
  • 8 What God intended
  • 9 Pray for the pain you serve
  • 10 Broken

extraits vidéo

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line up

Gary Numan (chant, claviers)

Musiciens additionnels : Tim Slade (basse), Steve Harris (guitare), Persia Numan (chant), Ade Fenton (claviers, programmation)

chronique

Des dunes, pas celles de la playa, celles de la planète Dune plutôt, celle d’une humanité ravagée dont les survivants répartis en tribus fantômes errent en extirpant à leur habitat les dernières ressources laissées par une coquille devenue vide, recherchent le pardon dans la souffrance, la violence…Les premiers sons sont âpres, tellement âpres…Depuis qu’il se laisse le temps de composer ses disques, Gary Numan se révèle un maître de l’electro indus, pas si violent que ça qui plus est car il n’en a nul besoin. la sècheresse et la froideur des sonorités suffisent à rendre cet album glauque et sans espoir, la parfaite bande-son pour ‘Le livre d’Elie’ sans la note positive finale. Mais que pouvait-ton espérer d’un disque nommé ‘Chansons d’un monde brisé’ ? Bref, ‘Savage’ est bon mais il n’est pas exempt de défauts. Qui a suivi la carrière de Gary sait qu’il a parfois tendance à se montrer redondant dans son écriture, ce qui se démontre à plusieurs reprises, notamment dans son goût des structures ‘refrain tendu, calme et menaçant/mélancolique- refrain lourd et libérateur’ (les deux premières chansons, fort bonnes malgré tout). Heureusement, notre homme n’est pas non plus un perdreau de l’année et ses décennies d’expérience lui permettent de vite équilibrer ces quelques faiblesses. Sa première force, entamée avec le prédécesseur, laisser l’émotion, la vraie, poindre…On a souvent acclamé le single ‘My name is ruin’, solide morceau d’electro âpre faussement dansant plutôt génial, mais écoutez le brillant ‘The end of things’ avec son refrain fragile, dépouillé et son refrain bouleversant, épique comme l’était Depeche Mode sur ‘Never let me down again’ (vous notez vous aussi quelques mini similitudes ?), voilà pour moi la crème de ce LP. Dommage que le trop long et banal ‘And it all began with you’ laisse retomber cette belle impression. Déjà entendu ? C’est mon ressenti. Malaise passager, ‘When the world comes apart’ renoue avec un rock indus électronique qui doit sans doute un peu à Nine Inch Nails mais le chant de Gary confère une fragilité touchante à un style pourtant réputé tranchant. Dépouillé à l’extrême, clinique, ‘Mercy’ propose une approche intéressante, la parfaite mise en musique de la planète désolée balayée par les vents de sable; rien de spectaculaire, c’est pire, une routine, affreuse que l’on ne peut affronter que la tête basse, de peur d’entendre l’écho de ses propres pas dans le vide de l’univers. Regrettable une fois de plus que notre Anglais tente d’user ce sentiment jusqu’à la lie en reprenant les mêmes ambiances sur la chanson suivante, surtout qu’elle est plus sombre et réussie mais l’ensemble des deux dégage quand même trop l’idée d’écouter le même morceau près de onze minutes. Coup de rêne à nouveau, on relève la tête avec ‘Pray for the pain you serve’ (si, si, il a piqué chez Trent Reznor, un pitit peu, mais c’est pas grave). Cette épopée peu folichonne, entre pop métallique, indus mélancolique et rock électronique se conclut avec brio sur un titre presque instrumental triste, cinématographique à souhait, froid mais non dénué d’âme. Je le répète, cette galette n’est pas sans faiblesse mais Gary Numan demeure Gary Numan et ses points forts poussent à vite pardonner. Le musicien cède peu à la facilité, travaille ses sonorités (sa fille au chant assure magnifiquement, conférant une touche orientale de fort bon aloi), propose des structures audacieuses, questionne les sentiments en ne tranchant jamais entièrement à la place de l’auditeur. Bonus morbide, son thème (le réchauffement climatique et ses conséquences) est on ne peut plus d’actualité surtout qu’il est traité de manière globale mais aussi intime avec le besoin de certains survivants d’être pardonnés avec pour résultat la résurgence des religions et la dégringolade finale. Pour ma part, le constat est net: tu as bien raison, Gary, prends ton temps pour enregistrer tes disques, l’attente est largement récompensée. 4,5/6

note       Publiée le samedi 13 juillet 2019

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