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Émilie Zoé › The Very Start

lp/cd | 10 titres | 40:58 min

  • 1 6 O’clock [4:10]
  • 2 A Fish In a Net [3:20]
  • 3 Tiger Song [3:58]
  • 4 Blackberries [4:36]
  • 5 Loner [4:06]
  • 6 Nothing Stands [2:39]
  • 7 Dead Birds Fly [3:36]
  • 8 The Barren Land [4:47]
  • 9 Would You Still Be There [2:34]
  • 10 Sailor [7:02]

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré par Ben Tixhon, Christian Garcia-Gaucher et Emilie Zoé. Mixé par Christian Garcia-Gaucher et Émilie Zoé. Mastering par Morgan Hug.

line up

Émilie Zoé, Nicolas Pittet

remarques

Artwork par Anaïs Blanchard.

chronique

Styles
folk
rock

Curieux comme certains, certaines, si avenants hors-scène, peuvent, passé le pas… Switcher ? En français, disons : pivoter ? Quelqu’un d’autre qui apparaît ? … Oublions en tout cas tout soupçon de mensonge, de mise en scène – habillage, possession ou sortie de sois mimée. Passons, aussi – merci – sur ces histoires de « politesse du désespoir » et lieux communs du même tonneau. De fait, pourtant : quand Émilie passe « en face » quelque chose survient, surprend. Des expressions qui passent sur son visage. Contractées, douloureuses parfois, dures même. Concentrées. Concernées, toujours… Pas seulement tristes, cependant, pas toujours ! Une sorte de vive agitation, tenue là. Des regards qui ne font pas douter – que ça la remue, au moment où ça nous atteint. Et puis ces poussées de puissance qui prennent de court, aussi – cette version saisissante de Sailor qu’elle nous avait balancée, en guise de conclusion, à la Triperie, seule avec sa guitare, son micro, son looper – et ce final qu’elle en avait donné, a capella, fendant le public (le renvoyant à son rôle d’accessoire, le fameux microphone, eh). Bon… Ici – sur ce disque – c’est… Un autre angle. D’autres versions, de ces chansons écrites toujours, dit–elle « sur la même guitare ». Versions de chambre, d’accord – mais au sens littéral : la pièce, avec tout ce qui vit là-dedans. Et c’est… habité, en effet. Autrement, donc. En formes bien moins feutrées qu’on pourrait d’abord croire. Peu d’éclats – mais parce que la lumière est mutée (ou trop directe pour modeler des effets). Des cassures parfois – comme ce déchirement de guitare soudain lourde, déformée à l’octave (d’en dessous), sur the Barren Land (assez proche, celle-ci, de la version publique, tiens). Des harmonies, une mélopée qu’elle fait avec elle-même – voilées, comme en détresse ou appelant vers un fond (de l’eau ? des choses ? de la question ?), sirènes ou phare pas jouasses, pas tranquilles – au début de la même. Pas le désespoir, disais-je, non-plus – ce truc infime et poignant plutôt, cet effort tendu, parfois doux, en même temps, pour ne pas y céder. (Pour ne pas céder, c’est tout, si ça se trouve). Plus simplement (plus… modestement ? si l’on y tient mais alors sans nuance de trop peu, de pauvreté dans l’expression) : le fil d’une vie et ce qu’on fait, les gestes naturels, les aspirations… pour poursuivre, se tenir debout sans prétendre à héroïsme, sans en rajouter. Ici : en manières, matière juste, rude mais ouvragée juste comme il faut. Le son sans fard – produit juste ce qu’il faut pour que ça sonne proche, peut-être principalement une question d’enregistrement à distances adéquate, de micros bien placés. La sus citée guitare qui taille, dessine ferme, net – franche mais pas du tout sans nuances, filant parfois les teintes, les tonalités ambiguës, ombrées. Le batterie, quand elle survient, qui n’envahit rien, ne recouvre pas – fait un cadre, plutôt, à cette drôle de lumière. Parfois d’autres voix qui s’en mêlent – la chorale sur Tiger Song, avec aussi ses percussions disparates, d’objets usuels, ramassés. Et son aveu, sa belle déclaration de confiance – pour plus tard, aussi, pour les temps intranquilles. The Very Start n’est pas un mélodrame, une tragédie. Rien n’y prétend vous renverser sur son passage, vous transpercer, je crois. Rien n’y prétend vous bercer, il me semble. Elle s’y tient, elle, et vous regarde. Une façon comme une autre – immédiate et personnelle, pas impudique mais pas enveloppée – pour qu’aucune, aucun, dans ces parages, n’ait à se dissimuler derrière un regard bas ?

note       Publiée le jeudi 11 juillet 2019

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