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Altın Gün › Gece

cd | 10 titres | 37:16 min

  • 1 Yolcu [reprise de Neşet Ertaş] [2:38]
  • 2 Vay Dünya [reprise de Neşet Ertaş] [4:18]
  • 3 Leyla [reprise de Neşet Ertaş] [3:18]
  • 4 Anlatmam Derdimi [reprise de Aşık Veysel] [4:13]
  • 5 Şoför Bey [3:11]
  • 6 Derdimi Dökersem [reprise de Aşık Veysel] [3:53]
  • 7 Kolbastı [3:27]
  • 8 Ervah-ı Ezelde [adaptation de Aşık Sümmani] [4:45]
  • 9 Gesi Bağları [reprise de Ahmet Gazi Ayhan] [2:02]
  • 10 Süpürgesi Yoncadan [5:29]

extraits vidéo

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line up

Merve Daşdemir (chant, claviers), Erdinç Ecevit (saz, claviers, chant), Ben Rider (guitare), Daniel Smienk (batterie), Jasper Verhulst (basse), Gino Groeneveld (percussions), Nic Mauskoviç (batterie 2)

remarques

https://altingun.bandcamp.com/album/gece

chronique

Styles
folk
rock
funk
psychédélique
world music
Styles personnels
anadolu pop retromania

Les revivalistes anadolu pop néerlandais d’Altın Gün qui reviennent à peine plus d’un an après leur excellent premier album, c’est ce qui s’appelle battre le fer tant qu’il est chaud. Faut dire que la formation a besoin de plus de morceaux pour alimenter ses incessantes tournées. Car voilà bien un groupe créé à la base par un musicien crate-digger, le bassiste Jasper Verhulst, qui découvre les merveilles d’une musique qui lui est étrangère. D’où sans doute une approche qui vise l’efficacité, mettant en avant les qualités les plus dansantes de l’anadolu pop, ces effluves un peu funk voir space-discoïde typiques de la production des années soixante-dix, à l’image du fabuleux single « Süpürgesi Yoncadan » débordant de synthés cosmi-couineurs sautillants complètement abusés, aux limites d’une fantasmée synthwave anatolienne. Un traditionnel qu’avait déjà ré-interprété en son temps le producteur Zafer Dilek sur un de ses albums d’oyun havaları, d’airs à danser. Altın Gün pourrait quasiment reprendre cette terminologie, tellement leur visée dancefloor se fait manifeste. D’où des morceaux plus doux un peu anecdotiques, un « Gesi Bağları » réduit à la portion congrue d’interlude, un « Derdimi Dökersem » au traitement gentiment exotica qui, rapport à ses fabuleuses versions de l’âge d’or chantées notamment par Gülden Karabocek et Hale Alanson, passerait pour du Nouvelle Vague. Au delà des classiques, c’est en allant chercher dans la musique d’inspiration soufie avec une adaptation assez planante d’Aşık Sümmani que se révèle la richesse des choix de la formation. Le groupe excellant sur scène, c’est pour elle que semblent taillés les meilleurs morceaux, piochant toujours dans le répertoire impeccable des grands anciens, en particulier Neşet Ertaş avec deux versions irrésistibles de « Vay Dünya » et « Leyla » où se mêlent feux croisés de guitare acide/saz électrifié et synthés A(natolian)-Funk. Plus posé, le « Anlatmam Derdimi » du troubadour aveugle Aşık Veysel rappelle la pure beauté mélodique du folk turc, car il s’agit toujours de ça quelqu’en soit l’interprétation, aussi moderne soit-elle. Rétro-moderne en fait, car c’est bien vers le son du Barış Manço de « 2023 » que tend ici le groupe qui reprend d’ailleurs le traditionnel « Kolbastı» qui venait clore l’album culte du vénérable. Cultivant le même esprit en restant plus littéral (l’adaptation de Manço finissait sur des influences éthio-jazz), on y entend les fameuses sirènes de « Ironside » de Quincy Jones (mais si, vous savez lesquelles, celles du thème de Kill Bill), clin d’oeil qui en dit long sur l’approche d’Altın Gün, dont le seul morceau original sonne comme une tentative très Istanbulsploitation, le talk-over de Merve Daşdemir faisant monter des fantasmes d’une Foxy Brown du Bosphore. Voilà peut-être une piste hors des sentiers un peu balisés du revival pour le futur. Reste le plaisir de ré-entendre cette pop anatolienne qui fut, en son temps, révolutionnaire.

note       Publiée le jeudi 23 mai 2019

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(N°6) › lundi 19 août 2019 - 17:26  message privé !
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Je confirme. Fantastique groupe sur scène.

Note donnée au disque :       
Aladdin_Sane › lundi 19 août 2019 - 16:53  message privé !

Vu à la Route du Rock, c'est grandiose en concert ce groupe !

(N°6) › jeudi 23 mai 2019 - 17:38  message privé !
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Merci !! Disons que ça ne fait pas avancer le schmilblick, contrairement à des gens en Turquie comme au hasard, Gaye Su Akyol (au hasard hein !). Après, c'est pas comme si il y avait une mode du revival anadolu pop non plus, mille fois ça plutôt ça que des milliers de groupes qui refont le même vieux rock anglo-saxon depuis trente ans, surtout quand c'est fait aussi bien. De plus ils sont vraiment excellents en live. Maintenant, allez checker l'album de Replikas en hommage à la scène originale (Biz Burada Yok Iken, chroniqué dans ces pages), on voit la différence d'approche. Ca reste du pur revival (même graphiquement). Mais encore une fois, y a vraiment pas matière à bouder son plaisir.

Note donnée au disque :       
Klarinetthor › jeudi 23 mai 2019 - 17:13  message privé !

C'est super d'avoir ton éclairage sur cet album, et je comprends bien les réticences, les reproches qu'on peut leur faire; bien au délà d'une question d'authenticité supposée, fantasmée,... Ils profitent certainement de matos, de conditions studio surpassant les moyens qu'ont pu avoir une grande majorité des musiciens en Turquie. Le son avec sa basse ronde et en avant, ses synthés perchés mais un peu plus discrets me convient parfaitement. L'enchainement des morceaux est assez imparables, tant pis pour Gesi Baglari qui certes est mise un peu en retrait mais qui va bien là. Il y a un effort de composition, de l'album, qui coule, comme une évidence. J'aime pas la pop, mais j'aime Altin Gün. Moins le prix des places pour allez les voir.

Note donnée au disque :