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Bruit Noir › II / III

cd • 17 titres • 43:02 min

  • 1M10:50
  • 2Le succès4:55
  • 3M20:57
  • 4Paris5:07
  • 5M30:23
  • 6L'Europe5:32
  • 7M40:23
  • 8Romy3:59
  • 9M5 & M60:56
  • 10Les animaux sauvages4:45
  • 11M71:10
  • 12Des collabos1:52
  • 13M80:47
  • 1419673:38
  • 15M90:53
  • 16Partir5:28
  • 17M101:27

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line up

Pascal Bouaziz (textes, voix), Jean-Michel Pires (musique)

remarques

chronique

Styles
spoken word / lecture / poésie
indus
dark ambient
Styles personnels
coup de coeur dans le blog à ta soeur

Et allez. Encore une chro pour quedalle. Encore une chro pour mon chien. Encore une chro pour ma chienne. Ouais, c’est facile, mais pourquoi on irait toujours fuir la facilité ? Pourquoi faire quoi que se soit d’ailleurs ? Pourquoi remettre à demain quelque chose qu’on pourrait tout aussi bien ne pas faire aujourd’hui ? C’est pas Pessoa qui disait ça ? Quoi le namedropping ? Si Bouaziz peut se le permettre, pourquoi pas moi ? C’est pas moins classe que balancer Tarkovsky. Enfin bon, pourquoi se crever le cul à essayer de faire quelque chose de bien ? Récolter trois cent huit vues grand max. Un com ou deux, avec un peu de chance pour dire « C’est naze, c’est du sous-Diabologum ». Putain, se connecter juste pour écrire une connerie pareille, merci pour rien. Au mieux, enfin à voir, si je la colle sur Facebook, elle sera partagée par le groupe lui-même. La gloire quoi. Ou même un like. Ou trois quatre like quoi, dont un en signe de coeur. Ca me fera la rue Michel. C’est mieux de savoir se contenter de peu, le rien n’est plus qu’une chute du premier étage. Bon moi, je connaissais même pas Bruit Noir, donc j’ai pas écouté le premier opus. Opus, comme on dit dans la presse culturelle. C’est un peu prétentieux pour du rock, opus, non ? Enfin j’l’ai pas écouté. Même Mendelson j’ai jamais écouté. Ou alors chez Lenoir, y a quinze ans, p’tête, au passage. Mais je suis content qu’il me soit tombé dessus. Il me fait marrer, Bouaziz. Sa façon de dé-formuler un nom à l’envers, de JD à Jean Dany, c’est une trouvaille précise et comique. Le rire qui sanctionne, comme dirait Bergson. J’avais prévenu que je namedropperai. Ou bien aussi, une intonation qui se met en boule comme un hérisson, le « c’est ce qu’on nous dit de penser » de « L’Europe ». Chez n’importe qui d’autre dans le rock français, cette pantalonnade, ça résonnerait comme de l’agit-prop vulgaire. Mais Bruit Noir, c’est jamais vulgaire. Mais surtout, c’est pas gentil. Musicalement, bon, Jean-Michel Pires fouille plutôt dans les poubelles de Martin Rev ou de Dome que dans celles de Slint, pour revenir à ce que je disais plus tôt. Ou tiens, quand Bouaziz se barre, à la fin, parce qu’il y a une fin, le début d’une fin en tout cas, cette atmosphère d’aéroport tétanisé, ça me rappelle le Kenji Kawaii de « Ghost in the Shell ». Tout aussi métaphysique que Tarkovski, dans le fond. Me revoilà à namedropper. Comme lui, qui namedroppe Katerine, de la façon la plus précise qui soit encore une fois. D’ailleurs la litanie « Des collabos » m’y avait fait penser, à Katerine, le mec qui aura mieux que personne su capter l’angoisse des années deux-mille, quoi qu’on en dise. Je ferais bien une chro sur « Robots après tout », mais si c’est pour avoir encore des coms à la con. Mais bon Bouaziz il namedroppe avec sa bile au fond de la gorge. Peut-être il a mauvaise haleine, ce type, mais bon les pastilles Vichy, on sait ce que ça cache. Avec Bruit Noir, pas de masque, même pas de panda. Même de Daniel Darc, il en dit du mal. Enfin un peu de mal. C’est drôle, parce que Daniel Darc, moi aussi je le croisais parfois quand j’habitais à Paris, il habitait à quelques rues de chez moi. Il marchait vouté comme un vieux pépé, cassé en deux. Moi aussi je trouve qu’on en a beaucoup fait sur le côté poète maudit. C’est un truc qui fait bander la presse, les vieux toxicos sub-claquants qui chantent la nostalgie et la déglingue. La fascination pour la pourriture, ce snobisme marque-pouce hérité du romantisme le plus con-con, injecté direct dans le rock français. Tu m’étonnes que Bruit Noir ça peut pas marcher, c’est le contraire du romantisme. Ca essaye pas de poétiser, c’est du flux, c’est fait pour se dévider, le long du parcours, en trouvant des balises de mots qui s'agencent précisément. Ca assume son amertume. C’est noir, c’est drôle, c’est noir et c’est pour ça que parfois c’est drôle, mais pas tout le temps non plus. Drôle comme une grimace pendant une lecture de Houellebecq à la Maison de la Poésie. Pince sans rire, comme le dernier arrêt du métro sur le trajet. C'est comme si j’avais trouvé un vieil ami, sur le tard. Trop tard, comme toujours. Trop près de la fin. Y a plus grand monde, ni beaucoup de temps. Bah, pfff. T’en fais pas trop Pascal, comme disait l’autre, it’s lonely at the top.

note       Publiée le mardi 23 avril 2019

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saïmone Envoyez un message privé àsaïmone
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Je valide totalement, "en fait l'histoire est plus complexe"

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Attention, justement dans l'article, après avoir expliqué combien il touche concrètement en ayant (enfin et difficilement) ses heures d'intermittence, il redit à quel point ce système est unique et magnifique et qu'il ne se plaint pas. Il conclue d'ailleurs sur la plainte indécente de certains artistes depuis le début de la pandémie, ceux qui chouinent dans leurs "loft parisiens et depuis leurs jardins en Sologne", ceux à qui la radio donnait la voix tous les matins. Bref, l'article est très intéressant comme je disais et très bien écrit, forcément, c'est du Bouaziz.

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dariev stands Envoyez un message privé àdariev stands
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j'avais fait un laïus long, mais en résumé : ça n'a rien à voir avec la qualité. La qualité est indépendante de la rentabilité, dans un sens comme dans l'autre... Ne jamais l'oublier. (après, c'est clair qu'en France, on est spécialiste de la non-rétribution des gens créatifs, à tous les niveaux d'ailleurs. Et pour ceux qui montent des projets aboutis et complets, la peine est décuplée, c'est sûr.)

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Article intéressant dans le Monde Diplo de ce mois-ci de Pascal Bouaziz sur ce que c'est d'être un chanteur "de qualité" (ce n'est pas lui qui le dit, même si il revendique son exigeance) en France, sur combien il gagne avec son statut, y compris en faisant de (trop rares) concerts (au final tout déduit à peu près 60 euros), et surtout, combien il coûte à la collectivité (un concert de Mendelson coûte 3000 balles de perte à chaque salle qui les programme, d'après son décompte). Bref, c'est intéressant, quoique fleurant une certaine amertume (ça reste dans le ton de "Le succès" donc).

Message édité le 03-01-2022 à 16:38 par (N°6)

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Bruit Noir qui reprenaient PNL à leurs débuts. Si. https://soundcloud.com/user3351733/...

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