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Ikea › Catalogue 2019

  • 2019 • Ikea inc. Ikea 2019 • 1 CD digipack

catalogue • 11 titres • une bonne heure min

  • Intérieurs
  • 1Une maison toujours en action
  • 2Un endroit pour penser à soi
  • 3Ma maison, ce conteneur
  • 4Nouvelle vie à trois
  • 5Ils font la paire
  • Produits
  • 6Chambre
  • 7Salle de bain
  • 8Salon et espaces de travail
  • 9Salle à manger et cuisine
  • 10Ikea des petits
  • 11mobilier de jardin

remarques

les prix de ce catalogue sont valables jusqu'au 31 juillet 2019
Il s'agit de l'édition printemps du catalogue

chronique

C'est important d'avoir une maison toujours en action, un endroit pour penser à soi. Pour son album 2019, le groupe suédois, comme à son habitude, épouse les mutations de son époque. Fini les vieux murs en béton/pierre/bois : aujourd'hui, apprenons à vivre dans des conteneurs! (car après tout, entre consommateurs et marchandises, la frontière est ténue). Toujours enclin, malgré la simplicité de son vocabulaire (tables planches, chaises planches, lits planches...) à explorer les possibilités de l'accumulation, Ikea entame son nouvel opus avec 5 suites ambitieuses et prog : de longues pages de meubles, luminaires, coussins et ustensiles assemblés avec un savoir faire qui n'est plus à démontrer, pour de magnifiques intérieurs à la fois complexes, bordéliques et djeunz, et néanmoins d'une facilité d'assimilation à faire pâlir un verre d'eau. On peut toujours trouver à redire : certaines tables de nuits auraient pu être un rien plus abouties, la couette en page 38 ressemble au décor d'une station de métro des années 70, mais ces quelques reserves sont rapidement balayées par le souffle épique que dégagent les pièces à vivre, cuisine/salle à manger à la sobriété colorée, chambre/bureau/va-faire-tes-devoirs à la fonctionnalité stupéfiante, sans parler des salle de bain/buanderie à l'ergonomie maline, où les serviettes de bains empilées avec une nonchalance étudiée sur les étagères idoines se conjuguent aux bacs à linges en plastiques transparents qui laissent à voir les vieux slips sales et les chaussettes occultes. Précision, pertinence, évidence et justesse du propos (non mais regardez moi ce miroir en page 25! tellement pratique et pas cher!!!), Ikea nous montre une fois de plus sa capacité à nous toucher au coeur, évoquant notre bordel quotidien en le rendant héroïque, magnifiant les lits défaits tels des vaisseaux conquérants échoués dans l'ordinaire sublime de notre vie de merde. Mais le vrai climax de cette première face, progressive en diable, c'est bien entendu "ma maison, ce conteneur"... Déjeuner/brunch/discutes entre trentenaires sympa gavés de quinoa, pleine santé affichée et barbes de magazine, jogging fraîcheur Lénor et convivialité : on peut tenir à 12 sans se marcher dessus dans 4m². (et puis la salade, c'est quand même foutrement jouissif!!). Je suis par contre un peu plus mitigé sur la deuxième partie. Revenant à ce qui a toujours été le coeur du travail du groupe : le meuble, Ikea peine à se renouveler. Bien sûr, il y a toujours des tiroirs bien sentis, la science du non-design et de la corde à linge comme dernier accessoire indispensable d'un salon 2.0., et il serait faux de dire que la petite jupette pendue à son cintre sur Elvari en page 55 ne titille pas l'imagination. Mais que dire de "Patrull", ce tapis de baignoire qui ressemble à une flaque de vomi? Comment ne pas finir chez l'ophtalmo à la vue de "Klippan", canapé invraisemblable de la page 103? Et surtout, qui est cette femme morte dans son fauteuil "Poäng" pendant la lecture de son livre aux pages vides, abandonnée dans une pièce couleur fond de teint, habillée d'une jupe+chemisier d'une sagesse insondable à faire passer Fillon pour Sid Vicious, elle-même couleur fond de teint, à côté d'une pile de livre sans la moindre écriture... toujours couleur fond de teint. Restent tout de même cette humanité, cette humilité, ce sens inné du foutage de gueule dans la représentation de ce qui seraient nos intérieurs, salons, chambres et salle-de-bains/cuisine/entrée/débarras/billard/terrasses... restent de vraies belles surprises, comme la série pour enfants "Lustigt" où l'on trouve aussi bien un rangement-fourniture que des mains géantes en mousse, un jeu "roue de la chance" et une corde à sauter, des rouleaux de papier à colorier, et surtout un jeu de boules colorées et cyclopes qui évoquent des accidents de grossesses chez les télétubies. Mitigé, donc, malgré l'ambition salutaire d'une première face travaillée... et puis surtout, surtout... OU SONT PASSEES LES ETAGERES BILLY???

note       Publiée le lundi 1 avril 2019

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nowyouknow › lundi 15 avril 2019 - 19:35  message privé !

Leur vidéo ASMR est un intéressant concept alliant l'image aux sons. Opportuniste diront certains mais ça à le mérite d'induire une certaine immersion là ou où cet album à l'ancienne peine à masquer les limites d'une formule déjà bien éprouvée.

Hallu › lundi 15 avril 2019 - 16:35  message privé !

Album formaté, convenu, aucun changement ou presque depuis les productions de l'an dernier. Ca pue le formol, trop de gens chez Ikea, groupe encombré. C'est bien pour dormir, mais sinon... Musique trop complexe, dure à assembler dans sa tête. En plus j'ai oui-dire que les membres du groupe étaient exploités et ne voient même pas la couleur des ventes de leur production. Scandaleux.

Note donnée au disque :       
dariev stands › mardi 2 avril 2019 - 19:10  message privé !
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clairement un pilier de ma discothèque. Un groupe auquel on revient sans cesse, d'une constance rare. La base.

zappymax › mardi 2 avril 2019 - 18:38  message privé !

Vu en live samedi après-midi dernier, dis donc ! Bien aimé le "votre magasin ferme ses portes dans dix minuuuuuutes" bien caverneux, et quand le batteur lance ses couverts à salade en plastique dans le public, à la fin. Une célébration du Grand Cornu en famille. Trop forts, ces suédois.

Raven › mardi 2 avril 2019 - 10:09  message privé !
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"ambient/folk"... putain mais complètement !