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Fyrnask › Eldir Nótt

cd • 8 titres • 56:04 min

  • 1Intro04:06
  • 2Vigil09:10
  • 3Jarðeldr12:16
  • 4Suonnas sedir03:24
  • 5Saltrian08:30
  • 6Samas stígr03:50
  • 7Síaiða10:05
  • 8Sút04:42

line up

Fyrnd (tout)

remarques

chronique

“Bluostar”, prédécesseur du présent diamant noir, n'était finalement pas à la hauteur de Fyrnask. On pouvait déjà y voir la recherche, la volonté de faire se côtoyer la violence la plus écorchée et les atmosphères rituelles païennes, les offrandes à la nature sauvage, farouche; on pouvait y sentir ce mélange de haine, de malveillance et de dévotion soumise aux puissances de la terre, ce sens aigu du tragique, ce besoin salvateur de sortir le genre du brouillard mélodico-larmoyant et maigrelet dans lequel l'ont plongé les amoureux des pochettes montagno-fantasy. Mais avec “Eldir Nott”, Fyrnask s'extrait du genre au point de le laisser derrière lui, moribond, inutile et ridicule; les étiquettes “atmo”, “pagan”, “ambient” ou “folk” sonnant comme des raccourcis honteux, des réductions publicitaires, des catégories devenues trop accueillantes pour contenir la grandeur, l'incroyable fureur, la puissante singularité de la vision de Fyrnd. Perpétuant la dualité caractéristique de l'entité, alternance entre fleuves black metal à la fureur extrême et rituels aux atmosphères nocturnes et terreuses, “Eldir Nott” est à la fois d'une violence odieuse, d'une finesse remarquable et d'une inventivité rare, gonflé d'ambiances dantesques et balayé par les souffles cauchemardesques de la véhémence. Un black metal riche et primal, aussi ouvragé qu'il est cru, occulte, venimeux, sournois malgré une rage totalement décomplexée. Si la folie de “Forn” plongera dans la tristesse, la haine, de fait, est ici omniprésente. De véritables symphonies sauvages, entrecoupées de clairières obscures et délicates, où la guitare acoustique, les percussions d'un autre âge, la texture des cordes anciennes et les voix monastiques incantatoires s'allient aux chuchotements, au vent et à la pluie, aux souffles des olifants et aux perles d'un dulcimer. Fyrnd a démultiplié sa puissance évocatrice, élargie son ampleur harmonique et rythmique, conjuguant ses trouvailles en un tout alchimique où se mêlent blasts apocalyptiques, riffs charbonneux, ralentissements sous tensions et rythmiques jouissives. De déclamations démentes perdues dans la reverb' en hurlements animaux, de vocaux black écorchés en murmures, d'invocations en chorales primitives, il révèle enfin ses multiples visages. Constamment sous-tendue par les ténèbres épaisses de guitares roulantes, dressée de murailles noires et gigantesques, consolidée de riffs à l'efficacité cinglante, la nuit selon Fyrnask est désormais un monde à la sauvagerie épouvantable, fascinante, agité de grondements souterrains, hanté par les battues de déités bestiales, et rendu plus sombre encore par les lueurs mélodiques de ses leads ruisselantes. Une forêt infinie où les haltes se font autour d'un crâne de bouc, où l'on entend les prêtres des cultes les plus lointains en appeler à leurs dieux misanthropes. Crémations d'herbes sèches et poisons, totems osseux, cornes et bouts de bois, horreurs absolues et chasses à l'homme... Eldir Nott.

note       Publiée le vendredi 22 mars 2019

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Rastignac › vendredi 7 juin 2019 - 11:29  message privé !
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(en tout cas ça perturbe le sommeil ce vent) Je vais donc me l'écouter pour me réveiller. J'espère que ça va marcher.

microbe666 › vendredi 7 juin 2019 - 09:12  message privé !

"moi j'vais souvent vers l'obscurité dans la tempête", disque recommandé ce jour par notre partenaire la chaine météo du fait de l'arrivée de la tempête Miguel par l'atlantique. Un risque de submersion n'est pas à écarter.

Klarinetthor › mercredi 3 avril 2019 - 13:59  message privé !

reçu et en rotation, quel plaisir.

Note donnée au disque :       
Coltranophile › mercredi 3 avril 2019 - 10:14  message privé !

Bain moussant. D'acide. On se laisse gifler avec plaisir. La rotation de l'épaule est quasi-parfaite, la paume de la main incurvée comme il faut. Comme quoi, on peut prendre plaisir à se faire casser la gueule quand le castagneur est bien intentionné. Car je ne le vois pas si haineux que ça, ce disque. Ou plutôt généreusement haineux, presque pédagogique. Rappel d'évidences mélancoliques, de fragilités intrinsèques, d'errance depuis le décrochage d'avec la nature. Siaida et Jaroeldr sont particulièrement bien ficelées. L'Allemagne vient d'annexer la Norvège. Pour une fois, on va pas s'en plaindre.

Note donnée au disque :       
yog sothoth › lundi 1 avril 2019 - 10:37  message privé !
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Ca y revient légèrement sur qqs instants du dernier, à BAN, sur certaines harmonies un peu fourbes au milieu de tout ce qu'il s'y passe. Super découverte en tout cas, je pense que je vais creuser ce groupe vu qu'effectivement, c'est créatif !