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Sinmara › Aphotic womb

cd | 8 titres | 52:47 min

  • 1 Katabasis [04:31]
  • 2 Cursed salvation [04:59]
  • 3 Verminous [05:29]
  • 4 Shattered pillars [08:41]
  • 5 Stygian voyage [05:24]
  • 6 Aphotic womb [06:37]
  • 7 Teratoid crossbreed [06:44]
  • 8 Mountains of quivering bones [10:20]

enregistrement

Enregistré et mixé par Stephen Lockhart au Studio Emissary, Reykjavik, Islande

line up

Ólafur Guðjónsson (Vocaux), Bjarni Einarsso (Batterie), Garðar S. Jónsson (Guitares), Þórir Garðarsson (Guitares, basse)

chronique

Je n'ai pas chroniqué de black metal depuis bien longtemps. Ce n'est pas que je sois "passé à autre chose". J'en écoute plutôt moins qu'à une certaine époque, certes... mais le vrai problème, c'est que je ne me sens plus capable de dire avec un minimum de conviction : "ce truc, les gars, c'est bien!". Autant ce qui est nul s'identifie avec une grande facilité, autant le fait de me sentir content d'en prendre plein la gueule et les mirettes sous des assauts furieux ne me suffit plus à savoir si, oui ou non, un truc sort du lot, ou se contente tout simplement d'appliquer les principes éprouvés. L'avant-garde-black-metal s'est révélé un pétard mouillé (bah si... a-t-on fait mieux, ou ne serait-ce qu'aussi bien, que la galaxie Dodheimsgard et ses cousins?), et puis, franchement : black metal + avant-garde... enfin, je veux dire : ?!!!? Le black metal atmosphérique est tellement pollué par des milliers de one-man-band de types qui pleurent des mélodies tristounettes et mollassonnes au bord des ruisseaux (dans la forêt) qu'il devient impossible d'y chercher si on n'y consacre pas toute sa vie (et donc, pour moi, ça sera un non, et sans glaçon s'il vous plait...). Le black sympho est mort depuis dix ans (non, non, ce truc auquel tu penses là, c'est pas du black sympho, c'est du black atmo... et puis c'est nul. ). Quant au black dépressif, c'est déprimant. Il semble ne rester que le black classique, qu'il soit true, brutal, orthodoxe, simpliste, technique, charbonneux ou blizzardiste, occulte ou campagnard, furieux ou pas, technologique ou boisé (je dis ça mais je garde sous le coude quelques bizzar... et puis vous verrez bien après tout). Mais justement, ce black classique... ben il est classique. Et Sinmara, ben c'est plutôt classique. Plutôt de l'école déluge suédois, franchement noir et furieux, occulte, puissant, avec l'éclat mélodique maléfique un peu aveuglant qui surnage au dessus de la dévastation, avec la voix qui arrive, encore, à faire un peu peur, ou du moins, à ne pas faire sourire. C'est classique parce-que, depuis trente ans, tout, ou presque, a été essayé, et même, ressassé. Puisque Setherial a sorti "Nord", que Ondskapt a sorti "Dödens..." , que "heaven shall burn..." a plus de vingt ans , que (bon, la liste complète est disponible en 36 tomes aux éditions de La Pléiade pour ceux que ça interressent), Sinmara ne peut pas vraiment se prévaloir d'une originalité formidable. Mais, incontestablement, ça tire sur la peau des joues, et ça se creuse largement pour éviter cette linéarité dont on a souvent vite fait de dire "ouai... mais c'est pour lobotomiser l'auditeur tu vois?". Le batteur de Sinmara, il blaste, mais pas seulement. Il a une caisse claire et une double pédale, mais pas seulement : il a une batterie complète, le gars! Les guitares, dans Sinmara, elles se deversent comme des citernes de boue sur ton petit être ravi, d'accord, mais y a plein de grumeaux, de cailloux (gros), de mélodies, qui évitent d'ailleurs très soigneusement de sortir du cadre du nocturne et du terrible, et qui survolent, planent, serpentent au dessus de la boue. Parce que, dans Sinmara, on a bien compris que, quelque soit le degré de dévastation auquel on amène une planète (ou même juste un pays , ou une région, un village, un jardinet), il y a toujours un ciel au dessus. Et si on ne met rien dans ce ciel ( nuages, bourrasque, éclairs, étoiles, lune... ), il est vide. Les structures, dans Sinmara, ben, en fait, y en a! Tout en passant presqu'une heure à te rouler dessus comme un album de Hate Forest, ces petits malins, ils ralentissent, ils pachyderment... ils s'arrêtent, tout d'un coup... et puis ils repartent!! (ah, vraiment, quelle bande de petits malins). Le vocaliste, dans Sinmara, il a du gras, il a du sombre, il a du caverneux. Et puis le son, dans Sinmara, il est comme tu l'aimes, pas trop propre, histoire de bien t'engloutir, pas trop inaudible non plus, pour que tu perçoives bien la densité, que les leads se distinguent, comme il faut, juste au dessus, mais pas trop. Sinmara, au début, c'est du black metal, puissant, occulte et violent. Et puis, plus tu l'écoutes, plus c'est du black metal, puissant, occulte et violent. Et finalement, ça me donne bien envie de le dire : ce truc, les gars, c'est bien.

note       Publiée le vendredi 15 mars 2019

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Sheer-khan › samedi 16 mars 2019 - 18:16  message privé !
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@Yog : oui, comme je l'ai dit, je pense la "scène" islandaise assez consanguine et donc limitée dans ses variantes. Et à partir du moment où "Flesh cathedral" (assez DsO pour le coup, oui) a vraisemblablement pris la place de leur étalon à eux, on peut soupçonner une DsO-sation, mais je la trouve assez diluée quand même (Par contre pour la scène orthodoxe des années 2000, oui, complètement). Je réagissais plutôt, c'est vrai, à cette vague actuelle de référence à DsO que je vois partout et qui m'agace un brin. Quant à se baser sur des similitudes d'artwork, ça me paraît dans le black metal un chemin bien hasardeux. ( y a 4 artwork en tout et pour tout dans le black... allez, 5)

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born to gulo › samedi 16 mars 2019 - 18:04  message privé !

J'ai pas dit que c'était pas assez profond pour moi (puisque ça me passe au-dessus), note bien...

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Sheer-khan › samedi 16 mars 2019 - 18:01  message privé !
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Gulo : la vraie question c'est : est-ce ça te passe au dessus, ou est-ce que ça serait pas plutôt toi qui passe en dessous? (je taquine évidemment... les goûts et les couleurs, toussa... le black metal, toussa...)

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yog sothoth › samedi 16 mars 2019 - 17:59  message privé !
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Tout le black metal, à priori non, par contre la scène islandaise, ca parait évident, quand tu les écoutes, quand tu regardes les artworks (genre pour le présent : serpent + crane dans un style "gravure", on aurait pas déjà vu ça ?), que ça découle assez largement de la scène "orthodoxe" des années 2000 - DSO en tête. (alors que tu n'as pas ça chez les québécois ou dans la scène de l'est, si on parle des choses qui marchent en ce moment). Et je ne dis pas ça en mode groupie de DSO, ça m'emmerde un peu, ce groupe.

born to gulo › samedi 16 mars 2019 - 17:56  message privé !

M'gouya, je crois que ça me passe encore plus au-dessus que la plupart des trucs islandais, tiens. DsO, je trouve que c'est quand même passé dans la langue courante en effet, comme des expressions telles que "chelou" ou "c'est une tuerie".

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