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Svartidauði › Revelations of the red sword

cd | 6 titres | 47:30 min

  • 1 Sol Ascending [07:06]
  • 2 Burning wolrds of excrement [05:26]
  • 3 The howling cynocephali [07:44]
  • 4 Wolves of a red sun [05:35]
  • 5 Reveries of conflagration [09:49]
  • 6 Aureum lux [11:49]

enregistrement

Enregistré et produit au Studio Emissary par Stephen Lockhart

line up

Sturla Viðar (chant, basse), Þórir (guitares), Magnús (batterie)

chronique

Svartidaudi s'ouvre un peu. Le son d'abord, moins opaque, plus acéré, avec une batterie nettement moins artisanale (le son, hein, on parle du son), et des vocaux plus puissants, mais aussi et donc moins rampants... moins vicieux. La musique ensuite, moins dissonante (elle ne l'était pas outragement d'ailleurs, mais là, encore un peu moins), plus ouvertement mélodique, ( sans doute l'effet Þórir Garðarsson seul aux guitares, car c'est vrai qu'il y a comme une légère Sinmarisation du propos, ici), moins hypnotique dans ses structures... bref, Svartidaudi, groupe phare de la scène black metal islandaise, semble perdre, un peu, de sa personnalité. Plus efficace peut-être, plus maîtrisé que “Flesh cathedral”, ce deuxième album ne possède pas la réjouissante singularité de son prédécesseur. Mais, qu'on se rassure, cela ne nuit pas à son terrible pouvoir de dévastation, ni à son excellence. Moins singulier, peut-être, mais toujours aussi impressionnant. On est bien dans la noirceur épaisse, dans la violence hallucinée, dans la fureur brutale. Encore, et même, plus que jamais. Parce que ce mélodisme, précisément, s'il participe à donner de l'éclat à une musique jusqu'ici plutôt tournée vers le souterrain, est aussi diablement nauséeux, incidieux, et surtout formidablement évocateur. Parce qu'il ne prend pas seulement l'allure d'une lead qui se détacherait au loin du magma comme un simple ornement, mais aussi de véritables riffs, ciselés et tournoyant, qui forment l'exosquelette d'une créature lourde, et foutrement solide. Parce-que Sturla Vidar, s'il n'est plus cette présence inhumaine et soufflante qui rôdait en surface en quête de survivants à dépecer, à gagner en profondeur et en coffre ce qu'il a perdu en poussière. Il en devient, réellement, intimidant. Et parce-que si le son n'est plus aussi claustrophobique, il est, du coup, plus ample, riche d'innombrables recoins osbcurs, dangereux, glauques et insondables. “Revelations of the red swords” déroule un black metal encore plus ouvragé dans ses structures, avec ses montagnes de fureur totalement débridée, ses plaines lancinantes, ses gouffres de ténèbres, épaisses comme du goudron tiède, avec son batteur qui, décidément, ne se contente pas de l'évidence ( même s'il nous faut attendre “Reveries...” pour retrouver pleinement ses débauches de contre-temps). Les accords sont tous plus noirs, maléfiques et terribles les uns que les autres, et même s'il n'est plus vraiment possible, en 2018, d'innover en terme d'harmonies infernales, de superpositions terrifiantes ou d'accouplements sordides, Svartidaudi a l'extrême exigence de ne choisir que ceux qui marchent encore. On est loin du black metal qui punkise et qui fun, loin du true qui grésille , loin de l'atmo aigrelet qui frotte vaguement les joues comme une brise un peu fraîche, loin d'une violence carrée et toute professionnelle qui par voie de conséquence, ne bouscule pas grand chose. Avec “Revelations...”, Svartidaudi arrive encore à mettre à genoux, à ourdir du cauchemar, à déranger les aguerris. Avec Sinmara, il montre que l'Islande a récupéré et enrichi la formule suédoise du fou furieux occulte, ce black tellement sombre et haineux qu'il peut sans rien lâcher s'enluminer de leads et de mélodies scintillantes... car il est des lieux où la lumière est une malédiction... où elle éclaire le pire.

note       Publiée le vendredi 15 mars 2019

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Twilight › vendredi 15 mars 2019 - 23:05  message privé !
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Encore une tuerie...On dirait l'océan en furie mais version marécage, encore que cet aspect soit moins prononcé que sur 'Flesh Cathedral'

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Sheer-khan › vendredi 15 mars 2019 - 19:38  message privé !
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Gnosis fait partie de mes grosses amours récentes... fait partie des petites bizzareries que j'évoque dans la chro de Sinmara, même si un peu plus orthodoxe que d'autres, incluses dans la dite évocation.

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born to gulo › vendredi 15 mars 2019 - 19:27  message privé !

(Et autrement, dans le sous-genre "alchimique", mais pas "islandais", au cas où tu n'as pas croisé les deux derniers Inferno (tchèque)... Gros client également.)

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born to gulo › vendredi 15 mars 2019 - 18:27  message privé !

Tu me donnerais presque envie de retenter une n-ième fois Flesh Cathedral, qui m'a ennuyé toutes les précédentes. En tous cas celui-ci est alchimique à l'égal d'un Futile Fires of Man.

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