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Brotha Lynch Hung › Season of da Siccness: The Resurrection

cd | 18 titres | 57:06 min

  • 1 Cusche Break
  • 2 Sicc Made
  • 3 Dead Man
  • 4 Rest In Piss
  • 5 Get Da Baby
  • 6 Return Of Da Baby
  • 7 Locc 2 Da Brain
  • 8 Q-Ball
  • 9 Liquor Sicc
  • 10 40 Break
  • 11 Datz Real Gangsta
  • 12 Deep Down
  • 13 Dead Man Walkin
  • 14 781 Redrum
  • 15 Season Of Da Sicc
  • 16 Welcome 2 Your Own Death
  • 17 Real Loccs
  • 18 Inhale With Da Devil

line up

Brotha Lynch Hung (MC, production)

Musiciens additionnels : Sicx, Zigg Zagg, Zo, Mr. Doctor, Hyst, Mr. Doctor & Ron Foster (MC's)

chronique

Styles
hip-hop
Styles personnels
horrorcore g-funk

Régressif, laid, crapuleux : Brotha Lynch Hung est un authentique déchet. Objectivement, hormis les qualités techniques de son flow rôdé pendant une décennie de battles sauvages, tout est miteux dans Season of da Siccness, son album culte et réputé fondateur de l'horrorcore. Le MC de Sacramento a tout bricolé lui-même, paraît-il, avec les synthétiseurs du bord. On t'croit Brotha. Les beats ultra-cheesy sont générés par le logiciel le moins cher de Windows 95, dans un sous-sol insalubre. Son style de prod n'est qu'un g-funk fauché, Dre/Snoop du SDF, juste agrémenté de bruits chelous façon musique de Vendredi 13 et de vocaux déformés à la chopped'n'screwed. Season of da Siccness, culte ? Oui, mais aussi plat, et monotone, donc chiant !... Jusqu'à ce qu'une nuit, on décide de se l'écouter au casque, comme ça pour voir. Et qu'alors, sans trop s'y attendre, on se prenne dans la gueule la vision du déchet. Une vision de misère et de déchéance, avec laquelle il fait fièrement corps en accentuant tout l'aspect glauque de son existence. Selon l'anecdote, Kevin James Mann aura enchaîné les deuils (cousin, homies) après l'incarcération de son ancien acolyte X-Raided pour homicide (y a d'ailleurs un beau paquet d'ordures dans son entourage, le faisant au final passer pour le plus sympa ou pas loin). Brotha va alors superposer à ce réel déjà moche et aux turpitudes habituelles du gangsta-rap ses visions persistantes de cannibalisme (je passe les viols et autres joyeusetés), autant pour se tailler une réputation de "ouf malade mental" chez ses adversaires, que pour un public de puceaux en mal de sensations fortes (un peu les mêmes qui fantasment sur Cannibal Corpse ou Macabre, mais versant racaille). "Brotha Lynch Hung, mais siii rappelle-toi Bobby-Claude, le rappeur qui file des morceaux de chair humaine à bouffer à ces gosses dans un d'ses titres !" Bah... dans le fond ça mange pas de pain... Et puis de toute façon, ça cause autant sinon plus de flingues, quasiment tout du long. Du pur gangsta-funk à ce niveau. C'est bien pour les apprentis thugs qui veulent potasser les marques d'automatiques, mais ceux qui s'en foutent pourront quand même se raccrocher à l'énergie cinétique du MC, le flow de Brotha Lynch Hungh étant du genre élastique, véloce et ultra-sinueux. Un rap accumulateur de verses craspecs, fusionnant avec sa merde existentielle au point de la caricaturer. Enfin quoiqu'il en soit au niveau du son, ça siffle à tout va, dans les aigus nauséeux... Puis, de façon rampante, Season of da Siccness impose son ambiance. Morne, lancinante, comme imbibée du PCP que le Brotha fumait probablement non-stop pendant l'enregistrement. Et non dénuée de mélodie (avec ces vocalises gospel plaintives...), mais toujours viciée par une approche quasi-surnaturelle de l'environnement, et une malveillance paranoïaque. Elle balance tranquillou des visions de capuches baissées, de regards dans tous les coins de rue, d'ennemis embusqués. Le piège Season of da Siccness a été tendu dès "Sicc Made" et il se referme : lentement mais sûrement, le Cannibalistic nous a calfeutré dans sa vibe morbide, ondulant avec aisance sur son groove de caniveau, et méritant presque le "Lynch" dans son pseudo sur les moments les plus louches. Oh, il y a du déchet dans ce déchet, pour sûr, pas mal de morceaux plus mellow et plus classiquement g-funk viennent un peu alléger tout ça voire y foutre un peu trop de lumière, certes, même si c'est toujours pour que le malaise reprenne de plus belle. Les tubes bien cérébro-adhérents s'amoncellent ("Return Of Da Baby", "Locc 2 Da Brain", "Liquor Sicc", "Deep Down"...) en nous enfonçant de plus en plus le moral dans l'impasse, jusqu'à ce "Welcome 2 Your Own Death" sinistre et ankylosant, qui aurait été la fin idéale. Ces prods ne sont pas merdiques en fait, elles sont comme du slime : elles engluent. Et sont des fois tellement criblées de bruissements divers en stéréo, crrrk-crrrk tccchk-tccchk clic-clic, qu'on finit par ne plus trop savoir s'il s'agit des cliquetis des guns ou de sons insectes, type grillons et cancrelats... Ouais... Finalement, c'est un peu ça, Season of da Siccness : le gangsta-rap du point de vue des blattes, des cloportes, des rats, bref d'un peu toutes les bestioles qui rampent sur cette dégoûtante planète.

note       Publiée le vendredi 18 janvier 2019

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