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Valborg › Crown of Sorrow

cd | 8 titres | 35:30 min

  • 1 Wisdom From the Vortex
  • 2 Ancient Horrors
  • 3 Thunderbolt
  • 4 Tristesse
  • 5 Crying Under the Fortress of God
  • 6 Transcending the Sorrows of an Earth Unseen
  • 7 I Am Space
  • 8 Saint Patrick's Day

line up

Christian Kolf (voix, guitares), Jan Buckard (voix, basse), Florian Toyka (batterie)

Musiciens additionnels : Patrick Schröder (batterie sur "Saint Patrick's Day")

chronique

Cas étrange et inquiétant, que celui de l'entité Valborg. Leur logo kubrickien, leur nom teutonique équivalent de Walpurgis, qui sonne à la fois comme une marque de bière et une pastille mentholée, traduisant du coup assez bien l'effet à la fois viril et glacial de leur formule encore incertaine. Sans parler de leurs pochettes toujours très évocatrices (avec au pinacle celle de Glorification of Pain). Guerrière et paranormale, ectoplasmique mais aussi pesante que le morgenstern, l'aura de Valborg se manifeste prestement après les premières minutes qui pourront paraître génériques, avant de glisser dans l'occulte le plus catacombal. Et puis de dissoner, de vicier son metal, avec un feeling maléfique qui n'a rien à envier au grand Satyricon. Crown of Sorrow multiplie les approches, les "plans", comme on dit dans le jargon humain, sans cesse changeants, comme s'il cherchait à capter toutes les nuances du Bifröst. Tout en maillochant allégrement du villageois terrifié et du sanglier récalcitrant. Un metal de soumission sinistre, disloqué, fractionné, mais nappé par une même poisse lucifuge. Quittant son repaire pour rôder dans les forêts alentours, où les ombres se mangent entre elles, sous cette Lune allemande, immonde, qui semble manipuler la canopée. La pourriture dans cette musique est déjà prégnante, ses remugles ont ce goût de runes, de sang de ruines, de damnation au plus profond du trou du cul de la Schwarzwald... Une tendance au metal de baron goule déjà plus qu'évidente sur "Thunderbolt", même si ce style sera en pleine et juteuse floraison sur Romantik... et qu'on peut aussi bien l'imaginer dans le costume de ce barbare aux yeux repus de ténèbres qui gronde dans cette pochette. Crown of Sorrow gronde une musique d'essence gothique, cryptique, voire lovecraftienne, avec un sens carpenterien de la menace latente, dans les synthétiseurs mais pas que (il y a même une variation heavy-metal sur le thème de Halloween, bien moins couillonne que celle de Tom Morello)... et tout autant progressive. Évolutive. Le pouvoir de Valborg, polymorphe digne de son oncle Celtic Frost, réside autant dans la nature plurielle de son metal que dans ses vocaux métamorphes, maniant le grognement aussi aisément que l'incantation la plus sinistre. Caractère mutant parfois incontrôlé : la pièce de résistance "I Am Space" tombe un peu comme un cheval dans la soue, avec sa manière de tube heavy épique... avant d'évoluer sur un prog-rock cosmique à la Zombi... puis plus loin de se vautrer dans une ambiance qui n'est pas sans évoquer le vieux Tiamat. Belliqueux, spiritueux, Crown of Sorrow a comme un appétit de voyages plutôt en accord avec sa couverture viking, et il pille avec allégresse dans plusieurs contrées. Il est l'album dispersé d'un Valborg juvénile mais déjà monstrueux, avide de scansions suprêmes, débordant d'idées de cauchemars, de férocité autant que d'envoûtement... Vorace.

note       Publiée le samedi 12 janvier 2019

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born to gulo › samedi 12 janvier 2019 - 09:10  message privé !

Il est temps en effet de parler un peu d'eux aux Français.

Note donnée au disque :