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Manfred Mann's Earth Band › The Roaring Silence

cd | 7 titres | 39:50 min

  • 1 Blinded By The Light [reprise de Bruce Springsteen]
  • 2 Singing The Dolphin Through
  • 3 Waiter, There's A Yawn In My Ear
  • 4 The Road To Babylon
  • 5 This Side Of Paradise
  • 6 Starbird
  • 7 Questions

line up

Manfred Mann (chant, claviers, guitare), Chris Hamlet Thompson (chant, guitare), Dave Flett (guitare), Colin Pattenden (basse), Chris Slade (batterie, percussions, voix)

Musiciens additionnels : Marilyn Bennett, Janet Bunting, Jacqueline Nicholls, Graham Jenkins, Peter Cudmore, Stan Bailey, Gillian Ainscow, Philip Keywood, Chris Sennett, Laurence Holden, Jeremy Painton-Jones, Hilary Farmborough (chœurs)

chronique

Nombreuses sont les pochettes de prog à m'avoir fasciné, et celle-ci pas des moindres... "Docteur, j'ai un cri dans l'oreille !" - "Avez-vous récemment mangé des monster Munch ?"... Hautement symbolique, elle fût l'une des toutes premières de mon parcours musical, posée sur mon chemin par ma mère bien des années après son achat adolescent. Même si la réécoute de The Roaring Silence me fait l'effet d'ouvrir une armoire remplie de vieilles fripes assaillant mes narines d'effluves de naphtaline, m'y replonger n'est pas si désagréable. Un LP que j'aimais observer gamin, extirpé avec fébrilité de la modeste collection parentale où j'aimais à fouiner, obnubilé que j'étais par sa couverture (autant qu'effrayé par celle du Victims of Circumstance de Barclay James Harvest, brrr !), prémonitoire à bien des égards (faim insatiable de musique, hallucinations insomniaques... acouphène...) Et puis la texture du blase de Manfred Mann's Earth Band, que je croyais gravé dans du savon... Ce disque, vous l'aurez compris, c'est un peu une madeleine. Oh, non pas qu'il s'agisse là d'un chef-d'œuvre émotionnel dont la réécoute adulte me bouleversifie au point de me submerger la caroncule, n'exagérons rien. Elle est rance depuis un bail, la madeleine. Mais j'y suis un peu attaché quand même, puisqu'elle est l'un des tout tout premiers disques que je me souvienne avoir donné à manger à mes oreilles. Alors, je n'écoutais pas les disques, je ne faisais que les entendre... Et j'entendais bien déjà l'un des moments forts de ce gloubi-boulga sirupeux, c'est à dire l'intro fantastique de "The Road to Babylon" : l'incontestable pièce maîtresse de l'album, avec son crescendo aux airs de fiat lux diabolique, axé sur un chœur de nonnes sur lequel vient se calquer une sonorité de guitare aussi gracile que scélérate, fendant la stéréo avec une sournoiserie digne du Roi Pourpre. D'ailleurs ça aurait dû être l'introduction de l'album, et pas seulement de la Face B. Parce que "Blinded By The Light" justifierait presque à elle seule de classer The Roaring Silence dans la catégorie "croûte" du rock progressif devenu rock FM. Cette reprise de Bruce Springsteen qui les a fait massivement connaître chez nous (la raison j'imagine pour laquelle mes parents avaient acheté le disque) leur vaudra les foudres du Boss, non sans raison : elle est plutôt affreuse. Je serais tenté d'en dire de même au sujet "Singing The Dolphin Through", plus-gnan-gnan-tu-meurs, mais elle fait montre de plus d'élégance, malgré son absolue désuétude. Manfred était déjà passé par tant de mutations, de styles, qu'il commençait à devenir un entrepreneur du mélo et de la soupe comme tant d'autres. C'est ça, d'avoir des bouches à nourrir ! Mais il n'avait pas oublié d'être passionné. Même si le Earth Band, son incarnation la plus grand public, rejoignait déjà la caste des groupes progressifs de stades et était à coup sûr fort éloignée du Chapter III, l'imagination colorée pas totalement tarie : j'en veux pour preuve la caméléone "Waiter, there is a yawn in my hear" avec ses airs de suite fluide Goblin-Tangerine-Floyd... du vu et revu en 1976, certes... mais c'était aussi ça, cette décennie de chanvre à jamais perdue, la chaleur de l'amour sans plastique et du solo qui ne va nulle part. Dommage qu'après "The Road To Babylon", l'album retombe un peu comme un soufflé, jusqu'au sympathique "Questions", avec sa naïveté zestée d'une mélodie de guitare crimsonienne. Je serais un Coffe du progressif un peu contrariant, je vous dirais bien "bon sang mais ce son de claviers est plus ringard que le son qui existait dix ans avant, gnagnagna, de toute façon le prog dans la seconde moitié des années 70 non mais quelle idée mais allons donc mais forcément qu'c'est d'la mèèèèèèèèrde". Le boulot a été fait en amont par Progmonster, et ma note restera d'ailleurs juste, eu égard à cet édifice cohérent qu'il a aggloméré pour le genre, et qu'il ne s'agit nullement de saborder (d'autant plus que je ne connais pas la discographie du MMEB), ma chronique ayant d'abord pour but de nuancer un peu toute assertion qui voudrait que Manfred Mann soit artistiquement mort à cette époque, et juste bon au junk-prog pour masses ignares. Je ne vous dirai que ceci : émotion vintage... patine vintage... et... petit goût de nougat. C'est pas beaucoup, mais voilà. Spéciale dédicace à ma Maman et à mes oreilles, sans lesquelles je ne serais pas là.

note       Publiée le vendredi 11 janvier 2019

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