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Valborg › Romantik

cd | 6 titres

  • 1 Vampyr
  • 2 Blitz Aus Sodom
  • 3 Comtesse
  • 4 Sulphur Vitriol Angel
  • 5 Kryptische Arroganz
  • 6 The Haunted Womb

enregistrement

Stonehenge Studios, juillet-octobre 2014.

line up

Christian Kolf (voix, guitares), Jan Buckard (voix, basse), Florian Toyka (batterie)

remarques

La seconde pochette est celle de l'édition vinyle.

chronique

Styles
gothique
doom metal
dark metal
Styles personnels
liqueur de ténèbres

Mmmmmh, alors comme ça vous voulez de la musique de goule ? De la vraie musique de goule ? De la musique envoûtante comme un douillet cauchemar aux canapés sans fond et aux corridors sans fin ? Incantatoire et plus encore ? Prenez ce candélabre, et suivez-moi... Venez... Descendons dans la cavité... Au cœur des Abysses terrestres.. Nous y voilà... Entendez-vous ces bougies pleurer ? Voyez-vous ces cristaux qui saignent ? Sentez-vous les yeux des succubes agglutinées en grappes tout autour ? Soyez les bienvenus dans l'Antre Valborg. Eux qui furent black, death, doom, que sais-je encore, se présentent ici en gothiques de la tendance la plus ample et austére. Oui, "austére" avec un "É" : parce que ce mot est semble-t-il accidenté de naissance, et je ne vois guère pourquoi on devrait s'entêter à l'écrire avec cet accent qui sonne aigu et n'a de grave que le nom. AUSTÉÉÉRE... Kapische ? En réalité, je phrase comme la goule à la silhouette flasque que vous pouvez admirer au centre de ces catacombes, et dont les manières rappellent le Dracula X.O., blanchi, joué par Gary Oldman... Elle est sûrement bien plus vieille que l'accent sur les "e", grave ou aigu... elle est plus vieille que le grave, plus vieille que les tombes. Elle est Le Rauque. Elle susurre. Elle suppure... Et au compte-goutte de sa lentissime purulence, comme ficelé à ses longues phalanges, le temps se disperse... se dilate... Le Passé ? Le Présent ? N'existent plus... Le temps est mort. Vous êtes assis depuis déjà quelques heures... Dans un fauteuil, un grand fauteuil, très large, et très profond... Vous caressez ses très gros accoudoirs... Vous avez dans la main un calice rempli de vin rouge... La réalité est malaxée par cette basse... doom-doom/dôôm-dôôm... Les guitares sont couvertes de verrues de synthétiseurs phosphorescents, de plus en plus aveuglants... Leur lueur est semblable à celle de ces poiscailles des abysses aveugles qui ont une espèce de loupiote qui pendouille devant la trogne pour attirer leurs proies (l'artwork est on ne peut plus idoine...) Cette musique d'inspiration romantique, à la lettre, est bien sûre lente, très lente, tout autant que voluptueuse. Elle s'étire et s'étale dans des alcôves aux murs imperceptibles, où guettent des nuées d'ectoplasmes... Humide, putride, champignonnière, j'en passe et des plus moussues... Déploiement sur-lent d'un goth-doom succulent de vieux baron vampire allemand, par moments semblable à un slow d'Umbra & Imago en chopped & screwed, et plus enveloppant qu'une grande cape de mélasse... Grimaçante, la goule Valborg vous convie à sa molle sarabande. Tombe devant vous la fibule, et, tout en se dandinant et déclamant des formules du fond des âges, vous dévoile ses vieilles mamelles immondes, pendantes comme ces chiroptères suspendus aux poutres qui vous scrutent de mille oreilles... Elle ondule... Elle suinte. Sa peau fripée est toute encrassée des matières diverses qui lui ont servi pour concocter ses potions et maléfices... Sortilège de Walpurgis... Vous ne pouvez lutter contre le besoin de RESTER en ces lieux, sous son emprise... et sentez même, au bout d'un certain temps d'adaptation aux ombres, une irrépressible envie de vous laisser complètement aller... Voire, copuler avec l'immondice... Valborg a vous a envoûté. Il est trop tard. Vous tombez, sans bouger. Vos bras ne veulent plus répondre, comme lorsqu'ils sont privés de sang frais durant une posture de repos inadéquate. Votre verre de pinard a triplé de volume, et contient un liquide vivant, noir-luisant, qui cherche à s'agripper à votre peau... Vous êtes prisonnier d'un avachissement absolu, dans ces filaments de mélodies jouées à deux demi-doigts et rendues immenses par une réverbération suprême. Elles vous enfoncent de plus en plus en vous-même... Vous ne pouvez plus lutter dans le gouffre, captif de l'aristocrate et batracienne séduction d'outre-monstre clapoteux... Intime avec le Néant. Vous vous rendez compte que vous ne pouvez plus du tout vous lever de ce fauteuil... Que vous êtes non pas englués, mais recouverts de poussière... Qu'il n'y a plus rien de ce monde autour de vous... Qu'il n'y a que l'Antre. L'Antre, et rien d'autre.

note       Publiée le dimanche 6 janvier 2019

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Procrastin › mardi 15 janvier 2019 - 08:09  message privé !

C'est très cinématographique, et le fauteuil susmentionné est fichtrement confortable. (merci pour la découverte)

born to gulo › jeudi 10 janvier 2019 - 22:22  message privé !

Dis toi que c'est leur moins bon.

Note donnée au disque :       
SEN › jeudi 10 janvier 2019 - 20:44  message privé !

Perso je connais que "Endstrand" et il me botte bien ce skeud !

Langouste-mayonnaise › lundi 7 janvier 2019 - 11:47  message privé !

Alléchant, merci du rappel ! Ça fait un moment qu'il traîne dans ma liste de trucs à écouter celui-là. Maintenant que je me suis mis à Triptykon ça devrait le faire.

born to gulo › lundi 7 janvier 2019 - 07:53  message privé !

Hahaha ! Leur sommet, sans comtesste. Ils s'en sont d'ailleurs pas remis, hélas.

Note donnée au disque :