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Danzig › Circle of Snakes

  • 2004 - Evilive, EVL 82496-2 (1 cd)

cd | 11 titres | 42:13 min

  • 1 Wotans Procession
  • 2 SkinCarver
  • 3 Circle Of Snakes
  • 4 1000 Devils Reign
  • 5 Skull Forest
  • 6 HellMask
  • 7 When We Were Dead
  • 8 Night, BeSodom
  • 9 My Darkness
  • 10 NetherBound
  • 11 Black Angel, White Angel

line up

Glenn Danzig (chant, guitare, claviers), Tommy Victor (guitare), Jerry Montano (basse)

chronique

Même si la réputation chiottale de Blackacidevil reste - à juste titre ? - indétrônable, Circle Of Snakes, pour la majorité des gens qui ne l'ont pas oublié et qui sont minorité, passe comme l'un des albums les plus ternes et les plus chiants de Danzig. C'est à demi-vrai. Circle of Snakes est terne, oui... mais il n'est pas chiant, et je vais tenter d'expliquer pourquoi. Ce skeud, c'est d'la houille. C'est un album d'artisan fatigué, mais qui réserve ses gnons et ses larmes. Un Danzig terne oui, dans son bleu de travail alt-metal prolo, un Danzig bleu-gris, qui sonne figé, comme si il avait regardé un peu trop longtemps sa propre pochette... un Danzig pire que statue, aussi anonyme que le gravier. D'la daube aux boulons, servie à la louche et sans chichis. Notoirement commun du riff, qu'il pose souvent comme du caca sec, cet album oublié n'est objectivement qu'une triste succession de plans tels qu'on pouvait en trouver dans bien des promos metal du début des années 2000... Ouais, si j'étais vraiment objectif je dirais qu'il y a pas photo, que Circles ne donne à entendre qu'un Glenn trop fatigué au micro, que ça fait des fois vraiment pitié ("Hellmask"), que le backing band dont il s'est adjoint les sévices nous déroule péniblement un groove-metal sans moyens, voire un crari nu-metal, guère aidé par une batterie de cuisine. J'dirais aussi que le talentueux et fiable Tommy Victor vient alors tout juste de se joindre à ce radeau de la Méduse qu'est devenu l'unité Danzig, et qu'il faut alors bosser, pour bouffer. Que cet alliage béton-groove-Danzig est encore incertain, la communication du monde gothblues de Glenn avec ce délicieux feeling prongien sonnant rudimentaire. Je pourrais même définitivement asseoir ma réputation en affirmant qu'entre ces deux-là ne se joue pas encore un véritable pring-prong. Mais pas de ça entre nous. Et Circle of Snakes vaut un peu mieux mieux que ça... Brouillon et bourrin, il l'est, et Glenn s'auto-pompe à coup sûr sur plus d'un titre, quand on a un solide répertoire pourquoi se priver après tout... se répéter, refaire, encore, toujours, en push-ups ou en tractions, au tracteur ou au bulldozer, à la pelle ou au marteau, comme Lemmy, comme AC/DC, comme Canniballyday, pour mieux toucher à l'essence du rock, ou plus profond encore, celle du blues... Circle of Snakes démarre donc comme le plus banal des skeuds metalcore, avec le riff dissonant le plus générique du monde. Mais l'émotion n'est pas morte, on va vite le piger. L'Émotion, mes petits poussins en sucre, est tout ce qui importe avec un album de Danzig. On est pas des foutus robots qui notent la technique et l'inventivité des disques, que je sache, on est pas des fans de Dream Theater et de free jazz, on est des êtres humains ! On a un cœur qui bat ! On se bat ! Et à ce sujet, "When We Were Dead" est rien de moins qu'un des plus beaux morceaux de Glenn, elle qui pourtant se présente comme une relative catastrophe, avant de muer en slow goth, glissant dans un velours à la Type O / Paradise Lost facile mais irrésistible, tandis que "Netherbound", tout autant que le final, prouvent elles aussi que ce Danzig soit-disant éludable contient son lot d'émotion, ce genre de blues parlant à l'ado des années 90 qui a raté le coche, qui voulait sortir avec la plus belle, mais n'a eu que la moins moche. Quand j'écoute des chansons comme ça, mon cœur met K.O. mon cerveau, et même si ça restera toujours un combat serré entre ces deux machins, tête-bêche, ça sera toujours plus beau quand c'est le premier qui gagne. De cet album à la fois musculeux et résigné, mat et phat, à travers même ses morceaux intermédiaires rustres et rampants à la "My Darkness", se dégage un goût d'hiver sec à bouffer du suif, et cette combativité d'artisan à son compte, endetté jusqu'au cou et au bout du rouleau, sur le point de déposer le bilan, mais qui porte ses burnes, non résigné, et charge le camion au petit matin... Oui, nous sommes bel et bien en présence de l'album BTP de Danzig, même si ce n'est pas celui qui a le plus cimenté notre relation.

note       Publiée le vendredi 4 janvier 2019

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born to gulo › vendredi 4 janvier 2019 - 07:19  message privé !

Ouais mon gars.

Note donnée au disque :