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Abwärts › Amok Koma

version lp | 14 titres | 37:32 min

  • Amok
  • 1 Maschinenland [2:57]
  • 2 Karo 1/4 08/15 Hoch 2 [0:34]
  • 3 Monday On My Mind [2:38]
  • 4 Shangai Stinker [2:45]
  • 5 Bel Ami [2:01]
  • 6 Verzählt [2:58]
  • 7 Softly Softly [1:58]
  • Koma
  • 8 Unfall [4:00]
  • 9 Mehr [4:27]
  • 10 Türkenblues [3:52]
  • 11 Neon Kind [3:20]
  • 12 Ich Bin Stumm [2:16]
  • 13 Japan (Live) [2:16]
  • 14 Schlußwort Von Horst Herold, Bundeskriminalamt [3:52]

version cd | 18 titres | 54:48 min

  • Amok
  • 1 Maschinenland [2:57]
  • 2 Karo 1/4 08/15 Hoch 2 [0:34]
  • 3 Monday On My Mind [2:38]
  • 4 Shangai Stinker [2:45]
  • 5 Bel Ami [2:01]
  • 6 Verzählt [2:58]
  • 7 Softly Softly [1:58]
  • Koma
  • 8 Unfall [4:00]
  • 9 Mehr [4:27]
  • 10 Türkenblues [3:52]
  • 11 Neon Kind [3:20]
  • 12 Ich Bin Stumm [2:16]
  • 13 Japan-Live [4:13]
  • Bonus
  • 14 Computerstaat [3:17]
  • 15 Japan [3:10]
  • 16 Moon of Alabama [2:23]
  • 17 Wir Warten [4:20]
  • 18 Nach Haus [1:36]

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré par Herbert Böme aux Hafenklang-Studios, Hambourg, sauf 13, enregistré live. Produit par Abwärts et Klaus Maeck.

line up

Mark Chung (basse), F.m. Einheit (synthétiseur, effets, voix), Frank Z. (guitare, voix), Axel Dill (batterie), Margitta Haberland (violon, voix)

Musiciens additionnels : Gisbert Kellersmann (basse sur Neon Kind), Jocko Ono (basse sur Japan (live))

remarques

Le titre Schlußwort Von Horst Herold, Bundeskriminalamt, présent sur l’édition LP d’origine, est absent de la réédition CD. Y figurent en revanche, en bonus, les cinq titres de l’EP Computerstaat, sorti la même année (Computerstaat, Japan (version studio), Moon of Alabama (reprise de Kurt Weill/Bertold Brecht), Wir Warten et Nach Haus).

chronique

Styles
post punk

Encore un curieux espace-temps, ça : l’Allemagne à la charnière des décennies – soixante-dix et quatre-vingt. L’époque, la génération post-punk. Globalement : des jeunes gens et jeune femme, des ados ou tout juste plus, tous pas mal dans la merde. Dans l’ennui, au moins. Et puis piégés dans les remous d’une violence à l’œuvre – ordinairement – d’une dureté ; le terrorisme rouge-et-noir, les séquelles toujours pas sèches de la guerre mondiale dernière en date ; celle encore en cour, l’autre, dite « froide ». Le pays où on pouvait encore la toucher du doigt, de la paume – le mur, quoi… Bon, faisant ça on risquait une rafale, d’accord. Berlin… Déjà quelques gloires grises, légendes glauques qui traînaient dans le coin, bientôt de plus jeunes vampires – « meet Iggy Pop and David Bowie », chantaient Kraftwerk. Düsseldorf, ceux-là. Déjà moins glam, la cité. Alors Hambourg… Abwärts étaient là. Comme d’autres dans le pays : la tête et le corps chargés et tiraillés. Prompt à se moquer méchamment des vieux hippies du kraut, des hommes-machines en costard sus cités, aussi. Comme tout le monde, de même : obligés de reconnaître que tous ceux-là avaient inventé un truc, à part, local – pas à la traîne de cette Londres, de ces New York ou Los Angeles ou San Francisco dont sans ça, peut-être, ils seraient restés provinces, culturellement colonisés, pondant des copies. Bon… Et puis comme disait Jürgen Teipel – auteur d’un Dilapide Ta Jeunesse où s’amalgament en continuum des fragments de propos sur ces scènes-là, de celles et ceux qui en étaient : « sans amour », tout ça. Entre eux, il faut entendre. Chacun plutôt désireux de cingler, de rentrer dans le tas. Avec recul et passion, la tête chaude et le cœur glacé. Façon de parler… Avec intelligence, disons, et une absence calculée de sentimentalisme – toute une ingénierie pour se sortir de là. Alors ce disque – passée sa saisissante pochette – commence comme du Neu! à cran. Le tempo raidi, l’aspect machinique comme raillé, comme une façon de dire « eux c’était rien, bouffez-vous ça ». Avec une disqueuse en guise d’instrument soliste. Ça vous rappelle Neubauten ? Ah bien… Deux de ceux qui jouent là en seront, en étaient aussi – Mark Chun et FM Einheit. Rien de psychédélique, là-dedans – des cachetons excitants à la place des psychotropes. Une sécheresse de son typique. Un ton désabusé, un détachement rageur, encore une fois. Quelque chose dans la hargne – et sur la forme, dans quelques lignes de basses, dans les guitares cisaillées, dans les voix perchées, aussi – du Pere Ubu de David Thomas, voire Rockets from the Tomb. Mais dans une air tout autre, encore – loin de l’Amérique honnie, qu’ils voudraient ignorer, qu’ils méprisent. Dans une Europe cassée, échouée, dans une atmosphère de constante sécession. Parfois des fragments d’une sorte de cabaret Weimar, décadent – moqué, usé comme un simple moyen, comme le reste. Dans la reprise de l’Alabama Song, évidemment (bonus au vrai tiré d’un EP contemporain de l’album) – radicalement plus grinçante que celle, célèbre, des Doors. (La brume ici ne romantise rien : elle imprègne et corrode, corrompt, file des élancements, rhumatismes). Sur un Bel Ami des plus étranges, aussi… Les synthés bruitent et gloussent – hoquets de mélodies qui sont peut-être pourtant les seules traces d’ornements, habillent les assemblages, aussi méchants et drôles et pertinents que le reste. « Uh soflty softly (eh eh eeeh) »… Non, non, rien n’est doux. Rien ne s’enfle, pourtant, de cette colère. Tout file, tout coupe. Le grotesque aplatit et tranche – tout ensemble – les perspectives, lignes, volumes. Tout exotisme est pareillement saisi, dessaisi – Japan (la chanson, pas le groupe) et son alignement délibéré de clichés (Japan Japan/Kamikaze…) ; le Türkenblues et ses fragments détruits tout de suite, ses fausses flûtes du Bosphore (Kebab-Träume in der Mauerstadt… Ah non, c’en étaient d’autres, ça). Voilà : ville froide, impression que tout est loin, qu’on en est loin ; en même temps : la décision fichée, dans ses têtes et ses corps : que tout se passe ici, au moment même ; l’excitation du crash sans cesse annoncé, imminent – chute d’enfants par les fenêtres et tireurs en uniformes embusqués ; la platitude, une fois de plus, du même (crash, disais-je), sans fin continué, paralysie de tous les élans – si ceux-ci n’étaient mors-aux-dents. C’est un autre point de départ : inamical, inhospitalier, embrasé pourtant comme sont ceux-là. Rêche, aride au contact. Et plein, pourtant, accompli, campé dans son instant et demeurant solide, reçu ailleurs, d’autres années passées.

note       Publiée le vendredi 16 novembre 2018

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Dioneo › lundi 19 novembre 2018 - 17:48  message privé !
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Ouep, ce bouquin est une sacrée mine... Même s'il faut se fader la forme - pour ceux qui ne l'ont pas lu : c'est une suite/un montage de fragments d'interviews et "témoignages" de membres des groupes, artistes (etc.) des scènes post-punk, punk... allemands de l'époque, sans autres commentaires. Ça rend le truc bien dense et foisonnant - mais pour cette même raison parfois difficile à suivre (les connexions entre les groupes, ceux qui partent ou sont éjectés d'un truc pour aussitôt en monter un autre...). Et y'a matière à trier, clairement, dans ce qu'on peut y trouver. Mais ouais, ça en vaut parfois le coup (comme avec Abwärts pour ma part, donc, oué).

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Lau › lundi 19 novembre 2018 - 17:28  message privé !

Bonne découverte ! Ça me donne envie de me replonger dans ce bouquin.

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Dioneo › vendredi 16 novembre 2018 - 21:13  message privé !
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(Oh Pinaise, le tag, mouhaha...).

(Il semble ceci-dit que ça signifie "vers le bas" ou "en aval", Abwärts... Donc la blague va... Dans le bon sens ? Eh eh...).

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Dioneo › vendredi 16 novembre 2018 - 19:27  message privé !
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Ouep (et merci, hein... elle attendait depuis un moment celle-là) : très typique d'une scène ou en même temps les groupes s'efforçaient de pas sonner les uns comme les autres - en plus de vouloir assez férocement se démarquer du post punk anglais et des ricains... J'avais découvert ça en lisant Dilapide ta jeunesse, donc... Et y'en aura sans doute d'autre que j'ai percutés comme ça, au fil des chros à venir !

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Twilight › vendredi 16 novembre 2018 - 19:18  message privé !
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oooooh, bravo Dioneo ! Content de le voir ici celui-ci. Tellement typique de cette vision germanique du punk/après-punk que j'aime encore...

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