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GFOTY › GFOTYBUCKS

  • 2017 - PC Music, PC019 (1 téléchargement internet)

téléchargement | 19 titres | 38:05 min

  • 1 My Song [1:07]
  • 2 Believe [2:58]
  • 3 Don't Wanna / Let's Do It (Bucks Mix) [2:05]
  • 4 Tongue [2:41]
  • 5 Unbreak My Heart [reprise de Toni Braxton] [0:45]
  • 6 Red Silver Blue [1:06]
  • 7 Poison [2:46]
  • 8 Huge [3:01]
  • 9 Mysterious GFOTY [adaptation de Peter Andre] [1:23]
  • 10 Christmas Day [2:58]
  • 11 Lemsip (Bucks Mix) [1:29]
  • 12 All the Small Things [reprise de Blink-182] [1:26]
  • 13 Lover [1:42]
  • 14 Drown Her [2:21]
  • 15 It's All Coming Back to Me Now [reprise de Céline Dion] [1:25]
  • 16 USA [2:24]
  • 17 Kiss [2:28]
  • 18 Nobody Does It Better [0:35]
  • 19 Friday Night [3:25]

extraits vidéo

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line up

Polly-Louisa Salmon

remarques

Le logo Starbucks a été censuré sur les plates-formes officielles. LOL.

chronique

Styles
electro
pop
ovni inclassable
Styles personnels
bubblegum-bass à consommer immédiatement

Prière de consommer. De la musique, ou autre chose. Mais achetez mon produit, merci. La musique, comme autre chose, c’est un marqueur social. Une série de likes sur Facebook et hop, t’as ta liste toute faite sur Tinder pour comparer les centres d’intérêts avec d’autres consommateurs. Pour pécho, consommer de la chatte, ou autre chose. Le sexe est un produit comme un autre. Si tu n’as pas eu X partenaires avant 35 ans, tu as raté ta vie. Vite, vite vite, consommez maintenant et partagez vos instants de vie avec vos amis. Ils sont répertoriés, listés, classés. Tout est produit, tout est marqué au sceau de la consommation. GFOTY est un logo. Achetez sa musique maintenant qu’elle est à vendre. Paradoxal, à peu près tout le contenu de ce milk-shake était déjà disponible en libre accès aux open-bars de la musique en streaming, au courant de musique ininterrompue pour vous accompagner à tout moment, dans vos soirées, vos déplacements, à la salle de sport, aux chiottes, et dans les magasins aussi bien sûr. De la musique gratuite pour faire acheter plus d’autres trucs. GFOTY avait partagé beaucoup de sa musique déjà dans ses mix téléchargeables sur vos portables, vos tablettes, vos smartphones. Pourquoi pas recycler tout ça sous un nouvel achalandage au design excitant ? Recycler, puis remixer un peu pour qu’on ait l’impression de ne pas qu’acheter de vieux trucs déjà entendus pour rien, déjà consommés, digérés, partagés. Y fourrer un nouveau morceau qu’on sort en single au passage, c’est vraiment attractif ça, ça donne du cachet à l’achat. Et l’air de rien, l’achat à Polly, on y revient avec plaisir. Parce qu’assemblés de telle manière, non-chronologique, arrachés à leur mix ou EP respectifs, tous ces morceaux trouvent une nouvelle unité, une unité qui expose à nulle autre pareil pourquoi GFOTY est l’ingrédient le plus dingue de la production musicale contemporaine. C’est ce que disent les plus au fait des critiques. Reportez-vous aux chroniques correspondantes. Vous y retrouverez toutes les raisons pour lesquelles il n’y a pas mieux que GFOTY aujourd’hui. Les ingrédients secrets de ce nouveau produit ? Des remix de l’hystérique « Don't Wanna / Let's Do It » et « Lemsip », exacerbés chacun dans leur style singulier, l’hystérie bipolaire du premier shooté aux cachets fluorescents, le second explosé au plafond dans des textures psychédéliques et secoué comme une manette de Wii devant une vidéo VIP de Pornhub. Pour le reste, tout y est de la bubblegum bass la plus flinguée, inquiétante, dérangée, kawaii jusqu’au dégout, adorable et con-con comme un filtre Snapchat qui donne des têtes de chiennes aux adolescentes. Il y a les reprises impossibles de Toni Braxton et de Blink-182, entre autres, il y a les litanies aux voix qui se déforment jusqu’aux limites du tolérable, il y a l’inénarrable chanson de Noël à clochettes. Les mini-morceaux en quelques dizaines de secondes stroboscopiques, injonctions poussant le culte de l’individualité dans les recoins les plus narcissiques des comptes Instagram emplis de milliards de duckface et de motivational quotes, toutes identiques. Il y a « Tongue », nouvel artifice électro-pop en hymne au roulage de pelle, avec de la bave bien chaude, juste assez catchy pour être attaqué par des beats rigides et bulbeux, histoire de ne rien laisser couler dans la gorge avec trop de facilité. C’est vrai qu’il est bien goûtu ce mélange, avec cette attaque franche et directe tirée d’une compilation pas encore rattachée au mouvement bubblegum-bass, quand Polly y allait de son phrasé hip-pop-posh. Souvenir d’une époque puis traversée en roue libre de ses diverses saveurs, sur l’achat à Polly, en grand huit jusqu’à laisser un gout de revenez-y, ré-entendre à nouveau le fameux « Get to the club at 2 AM ! » de son premier single, avant-même la creation du label PC Music. Ca ressemblait encore presque à de l’électro-pop. Mais déjà hyperactive, kaléidoscopique. Et surtout, obscène : « Je vais baiser plein de mecs. Dans les toilettes, sucer de la bite. Merci d’être venu, c’était rapide, plus qu’avec les autres mecs. » Polly qui donnait déjà dans la consommation. J’y vais, tu viens, je pars. Des paroles plus crues qu’un sushi au thon, par une schtroumphette-nymphette aux sarcasmes évidents. Arriver au club à 2 heures, partir du club à 2 heures. Faille temporelle ? Image du vide ? C’est bon d’y revenir en tout cas, cette saveur là ne s’oublie pas. Pour le prix, c’est largement amorti. Payant ? Offert ? C’est la même chose. Consommez mon produit, déjà; ensuite on verra.

note       Publiée le samedi 27 octobre 2018

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Klarinetthor › vendredi 2 novembre 2018 - 12:51  message privé !

Incroyable comment ça peut être aussi mignon et hardcore juste après. Doucement horripilant et fantastiquement catchy. Le son pête, aussi, globalement. L'eurodance se prend un mur dans la gueule et se retrouve japonisée. ça s'écoute très bien, pour une compil que je pensais disparate. La pochette est parfaite aussi.

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(N°6) › samedi 27 octobre 2018 - 22:44  message privé !
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C'est de loin elle que je préfère (ça se voit ?), de l'autre côté du spectre par rapport à Hannah Diamond (l'extrémité pop "mainstream" poussée à son paroxysme de factice), la plus barrée, la plus drôle aussi (y a quand même un sens de l'humour très anglais là-dedans). En terme d'expérimentation, y a aussi dans leur bande Lil Data qui fait du live coding. Je saurais même pas comment parler d'un truc pareil... le free-jazz appliqué à l'électro ? ...la musique concrète des nerds ?

Note donnée au disque :       
M-Atom › samedi 27 octobre 2018 - 22:01  message privé !

pas insensible aux sucreries expérimentales de la pc music...en fait je suis surtout intrigué par le fond de tout ca. le fric et la consommation a outrance assumés et revendiqués par une génération qui fait définitivement passer ma génération x pour des vieux cons dépassés par les événements ! sur la forme la rencontre du mainstream le plus putassier et de l'expérimental accouche de quelques ovnis qui décoiffent bien ! girlfriend of the year semble quand même être le projet de la clique qui pousse les curseurs le plus loin (?)

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