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Danzig › Black Laden Crown

cd | 9 titres | 45:51 min

  • 1 Black Laden Crown
  • 2 Eyes Ripping Fire
  • 3 Devil on Hwy 9
  • 4 Last Ride
  • 5 The Witching Hour
  • 6 But a Nightmare
  • 7 Skulls & Daisies
  • 8 Blackness Falls
  • 9 Pull the Sun

line up

Glenn Danzig (chant, piano, guitare, basse, batterie), Tommy Victor (guitares, basse)

chronique

Pour la masse, Glenn Danzig aura tout juste eu une place de choix dans un jeu vidéo musical et un générique de comédie pour puceaux, ou une furtive apparition sous forme de poster dans un thriller de merde avec Nicolas Cage... dans le meilleur cas, les plus intellos l'auront vu imprimé sur le t-shirt d'un motard dans un Kitano... Mais combien en reconnaissance au vu de l'énergie démente sacrifiée par cet héritier gothique du King ? Ce monde de foutriquets est devenu trop tiède pour un Danzig. Il est né trop tard. Mais le loup hurle encore à la Lune, loin d'entendre les rires de moqueries des jeunes (ces futurs vieux qui s'ignorent) couverts par le concassage de riffs et les dramatiques solos de son bras droit Tommy Victor. Que vaut Black Lada Crown, sous sa si médiocre pochette série Z (et pourtant j'ai rien contre Métal Hurlant ou Xéna La Guerrière) - à laquelle on ne pourra pas reprocher de racoler, au moins, et dont on ne retiendra que le feu... ? C'est un album de vieil homme digne. Touchant, forcément. Poussif et rongé par l'arthrose... Mais beau. C'est de la série B oui, mais pour moi c'est un compliment, et la hiérarchie des lettres n'est pas celle des chiffres. Sous ses airs de tonneau archaïque, Glenn communique directement avec le concept de Volonté de puissance branlé par ce vieil allemand dément dont j'ai oublié le nom. Je pourrais reprendre dans les grandes lignes ce que j'ai dit sur Deth Red Sabaoth. C'est la même musique, ce hard blues goth cru et rompu, cliché mais authentique, avec toute l'électricité juteuse et bienveillante des guitares aussi rustres que fleuries, décomplexée comme dans les plus mélodiques Motörhead, tel un verre fumé de grosses lunettes des années 70 calqué sur une bien trop pâle réalité. Des slows épais et chargés d'amertume (avec comme sommet tragique "Pull the Sun"), des tubes hard rock pour vieux catcheurs dépressifs aux muscles rassis mais à l'appétit de grandeur tenace (je radote, mais c'est Danzig qui aurait dû faire toute la bande-son de The Wrestler... tu n'as pas voulu, maudite réalité, et je t'en veux). Glenn Danzig vieillit comme Gérard Depardieu, en mieux. Même initiales, même façon de se confire dans l'essence brute de son être, même éligibilité au soutif et aux moqueries de tous ces insignifiants petits gugusses aux bras maigres qui veulent leurs poser des questions, amusés par la bête de foire... Glenn est un désuet de gabarit herculéen, qui pèse, sur l'ambiance et sur tous les nains du monde moderne, bouffeur de vie, amoureux inconsolable des choses d'antan... Moche mais beau, comme la grenouille qui a battu le bœuf. Comme une caricature d'une caricature. Un vieux bébé triste, tout boudiné dans ce son cheesy qui semble parfois capté dans une boîte de conserve ("Devil on highway 9")... Mais beau. Oui c'est moche de vieillir, mais il y a quelque chose de glorieux dans ce combat que nous donne à voir Glenn, toujours à la lisière du pathétique mais se battant sans cesse pour garder le torse bombé et le menton haut, même si on se sent parfois à la limite du voyeurisme malsain à la Striptease, comme devant un reportage sur un vieux chanteur ringard qui veut pas lâcher l'affaire qui fait marrer les gens autour mais pas nous, parce qu'on est de tous ces gens qui l'aiment et parce qu'il sait rien faire d'autre. Je re-radote, mais Glenn c'est comme Mickey Rourke dans ce film, il crèvera sur le ring. On sent qu'il est plus que jamais fatigué, que sa voix est quasiment détruite comme s'il ne pouvait plus enregistrer que des "Thirteen" presque dévitalisés... Mais la vie est là et elle s'obstine. La bête est en rut et elle veut toujours sa part du gâteau. Glenn y va à fond et se fait mal, pour nous... Alors qui sommes nous pour oser lui mettre des notes ? On est que de la merde, voilà ce que j'en dis. Guère mieux que ceux qui se focalisent sur des histoires de mix raté ou de chant moins puissant qu'avant, et n'ont donc rien compris au blues. Avec Glenn peu importe l'emballage, soie ou syntétique, cuir ou similicuir : tout passe par la mélodie, même rudimentaire ou déjà cent fois rebattue, et l'énergie masochiste qu'il dépense à nous beugler sa très grosse émotion. Danzig, c'est du sacrifice. Un truc de bonhomme qui accepte sa destinée. Tout est dans le blues, cette musique de survivant, cette musique qui a survécu grâce à des disques comme celui-là... Pour tous ceux qui sont sensibles à l'expression "aller au charbon".

note       Publiée le samedi 27 octobre 2018

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Langouste-mayonnaise › samedi 27 octobre 2018 - 17:28  message privé !

Ok, il va me faire ma journée, celui-ci. Pas motivé pour écrire sur Special Wishes ? Parce qu'il se pose un peu là dans le genre gros bébé hirsute qui nous braille tout son amour.

born to gulo › samedi 27 octobre 2018 - 15:26  message privé !  born to gulo est en ligne !

OUAIS.

Note donnée au disque :