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Immortal › Northern chaos gods

cd • 8 titres • 42:14 min

  • 1Northern chaos gods04:25
  • 2Into battle ride03:50
  • 3Gates to Blashyrkh04:38
  • 4Grim and dark05:27
  • 5Called to ice05:06
  • 6Where mountains rise05:51
  • 7Blacker of worlds03:43
  • 8Mighty ravendark09:14

enregistrement

Enregistré aux Konclave Studios et à l'Abyss Studio entre janvier 2017 et janvier 2018

line up

Demonaz (chant, guitares), Horgh (batterie)

Musiciens additionnels : Peter Tägtgren (basse)

remarques

chronique

Immortal, c'est quand même une histoire un peu rocambolesque. C'est à l'origine un duo, devenu beau-frères, qui a amené le black metal dans des sphères de brutalités inouïes. Il s'agit du premier grand groupe de black metal en terme de ventes d'albums au milieu des années 90. A un moment, c'était vraiment le plus grand groupe de black metal de la planète. Et puis, c'est parti progressivement en cacahuètes. Demonaz, guitariste et parolier, s'est blessé au bras et a dû laisser son acolyte Abbath continuer pendant une quinzaine d'années en restant dans l'ombre, toujours au sein du groupe à écrire les paroles mais jamais dans la lumière. Et puis voilà qu'en 2015, les deux musiciens se brouillent, Abbath décide d'arrêter l'aventure Immortal définitivement (après un premier hiatus au milieu des années 2000). Demonaz n'entend pas arrêter le groupe et décide de reprendre les rennes de la formation ! Après un rapide épisode judiciaire qui donne droit à Demonaz de continuer le groupe, voici qu'un nouvel album, 9 ans après le précédent effort discographique du groupe ("All shall fall"), débarque avec toujours fidèle au poste le batteur Horgh indéboulonnable depuis plus de 20 ans. Avec les années, Immortal avait un peu perdu de sa superbe. Jusqu'en 2002, le groupe a enchaîné les succès avec des albums solides, alliant brutalité issu des années 90 et un côté plus heavy pour un résultat personnel et franchement réussi. Avec "All shall fall", même s'il possédait de solides titres, on sentait le groupe un peu trop en pilotage automatique avec des morceaux calibrés sans véritable génie, dans un style plus mainstream et qui correspondait à l'évolution qu'Abbath cherchait dans ses différents projets (I, puis plus tard en solo). Bref, petit à petit Immortal a commencé à perdre son statut de pilier du black metal norvégien pour devenir récemment, juste avant le départ d'Abbath, une caricature de lui-même grossière avec des concerts pitoyables. Avec le passage du groupe sous le contrôle de Demonaz, il était annoncé un retour aux sources, aux années 90, à l'ambiance de "Pure holocaust" et de "Battles in the north". Pour le coup, même diminué, Demonaz n'étant pas entièrement remis de son infection au bras (même 20 ans plus tard), il reprend la guitare, le chant et la composition des morceaux. La cuvée 2018 allait donc forcément être différente des précédents travaux du groupe. Et effectivement, quand a déboulé le morceau-titre de l'album, Demonaz n'avait pas menti. On assiste bien à un retour à l'artillerie lourde de "Battles in the north" et "Blizzard beasts". La question était de savoir si le reste de l'album allait confirmer ce point. L'album est effectivement dans sa globalité plus brutal que les précédents albums, l'ambiance générale est bien plus agressive. Le chant de Demonaz est clairement plus démoniaque et méchant que celui d'Abbath. La production est aussi plus crue, plus dans les aiguës que dans le gros son avec rythmique de plomb, même si la batterie d'Horgh est bien mise en avant, la basse, tenue par le special guest de circonstance, Peter Tägtgren (aussi producteur), est elle mise un peu en retrait et c'est pas plus mal ! Au niveau des compos, et c'est là que le bas blesse, on se retrouve avec un album reprenant trop de plans du passé, et pas seulement de ce que le groupe avait réalisé avec Demonaz dans le groupe. Ce n'est pas un retour complet aux morceaux assassins et agressifs des années 90, il y a beaucoup de mid-tempos dans la veine de "Damned in black" ou "Sons of northern darkness". En fait, voilà, on sent que Demonaz voulait revenir dans Immortal en clamant haut et fort "Je suis de retour et vous attendez pas à de la guimauve comme ce que fait mon ancien acolyte en solo ! Vous voulez du mighty-ravendark-blizzard-gods-winter-holocaustwinds-black metal qui déboîte, vous en aurez !!" Et donc voilà, l'album débarque avec du gros son qui agresse les oreilles comme à l'époque. Mais niveau compos, le rythme est quand même bien plus modéré avec nombre de mid-tempos se voulant majestueux mais qui sont finalement trop proches de ce qu'Immortal pouvait faire avec "Blashyrkh", "Mountains of might", tout "At the heart of winter" et la majorité de ce qui suivra. Et puis franchement, rien que nommer des morceaux "Mighty ravendark" (musicalement tout aussi prévisible que son nom), "Gates to Blashyrkh" ou "Where mountains ride", il n'y a rien de plus cliché ! Alors voilà, le résultat est loin d'être pourri ou même mauvais, il y a le style Immortal et un vrai sens mélodique mais il manque une réelle identité à l'album. Il reste trop proche du passé mais pas forcément de celui auquel on aurait pu penser paradoxalement. Grosso modo, en faisant un raccourci un peu rapide, on est en face d'un album qui retourne aux sources de l'agressivité des années 90 avec des compos se rapprochant plus de ce que le groupe a pondu entre 1999 et 2009. Après, faut pas non plus bouder son plaisir, il y a quand même de bonnes choses, l'ensemble est homogène et ce retour à une musique plus brute de décoffrage est quand même appréciable et c'est tellement mieux que ce qu'on aurait eu avec Abbath (parce que son truc solo ultra-calibré et impersonnel, c'est quand même bien pourri !). Donc voilà, ce "Northern chaos gods" est typique de l'album entre deux chaises avec d'un côté ce respect du passé agressif et sans compromis, ce son et ces ambiances typiques du groupe, et de l'autre ce sentiment de redite, sans prise de risque, sans nouveauté avec trop de clichés issus du passé. En fait, je pense qu'en faisant plus de titres dans la veine du premier titre, bien directs et brutaux et en mettant de côté les références trop évidentes au passé, ce retour aurait été beaucoup plus réussi et apprécié. On se retrouve au final avec un album pas mauvais du tout mais qui n'est pas aussi réussi que ce qu'il aurait pu/dû !

note       Publiée le dimanche 21 octobre 2018

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Note moyenne        5 votes

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heirophant › vendredi 16 octobre 2020 - 16:16  message privé !

Le black javelisé est devenu tendance, tu peux pas test gros.

Demonaz Vikernes › vendredi 16 octobre 2020 - 14:45  message privé !

L'engouement plus ou moins général pour cet album me laisse sceptique. Demonaz n'est pas un grand vocaliste, et la musique présentée ici reste assez générique.

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taliesin › mardi 23 octobre 2018 - 14:59  message privé !

@Yog : eh oui ;-)

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yog sothoth › mardi 23 octobre 2018 - 11:42  message privé !
avatar

oh, tu le mets sous All Shall Fall ??? (ce disque dont on oublie si facilement l'existence ?)

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taliesin › mardi 23 octobre 2018 - 07:57  message privé !

La boucle est bouclée, c'est celui que j'aime le moins, avec le tout premier... Mais bon, que je dis "le moins", ça vaut tout de même 4 boules hein ;-)

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