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Crime And The City Solution › Shine

cd | 9 titres | 49:41 min

  • 1 All Must Be Love [5:18]
  • 2 Fray So Slow [4:53]
  • 3 Angel [6:01]
  • 4 On Every Train (Grain Will Bear Grain) [5:23]
  • 5 Hunter [4:48]
  • 6 Steal To The Sea [10:17]
  • 7 Home Is Far From Here [3:19]
  • Bonus
  • 8 On Every Train (Grain Will Bear Grain) [4:07]
  • 9 All Must Be Love (Early Version) [5:26]

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré au Hansa Tondstudio, Berlin, dans la deuxième moitié de l’année 1987, par Tony Cohen.

chronique

Gros bout de nuit bien dense – et puis en même temps, émergence, percée. Shine est peut-être bien, oui, un titre - un disque ? – paradoxal, antiphrase. Le noir y est épais – la solitude marquée, fatale, fataliste, de celui qui raconte. Le groupe y est pourtant admirable de jeu d’ensemble – pas du tout la collection de pièces rapportées que pourrait laisser croire la lecture des crédits. Groupe cosmopolite – et foutrement, profondément australien, de cette scène… L’Allemagne, autour et dans les rangs – le disque est enregistré à Berlin, Alexander Hacke (d’Einsturzende Neubauten) et Chrislo Haas (de Liaisons Dangeruses, D.A.F., un temps, Der Plan…) au côté des exilés. Des membres communs qui passent et repartent, reviennent, d’avec les Bad Seeds en plein trip blues asséché, en même temps bastringue d’horreur (ici Mick Harvey). Toujours ce cousinage proche, pas net, avec lesdites Graines – cette consanguinité ? Voire… Certes, la voix de Bonney est toujours aussi proche, par passages, de celle de Cave ; certes, chez les uns et les autres, l’ombre enveloppe les esprits, les sens, au point qu’on en perd celui de l’heure, de la jonction des hémisphères – nord-sud, Berlin est-ouest, midi ou bien minuit mais aube ou crépuscule, plutôt. Sauf qu’on l’a dit – passé Angel, allez – ici : c’est la NUIT qui envahit. Inexorable. Ambiance propice à… Tout. Aux introspections. Aux crimes en cachette. Aux retrouvailles secrètes… Aux feux bleus de la ville – à l’extinction des signaux, ne restent plus que les cris, ceux qui les craignent et se retranchent, ceux qui les cherchent et s’y rallient, s’en délectent ou rétorquent. Aussi : où les Bad Seeds – je n’insiste plus, ensuite – à cette époque (cette même année 1988 sort Tender Prey) semblent chercher, avant de passer à autre, à chose dénuder toujours plus leur blues, en même temps qu'à l’épaissir, Crime… affinent, étoffent l’écriture autant qu’ils affilent les traits. Au vrai, Shine est subtile. Puissant dans sa hantise parce qu’ancrée, elle sait s’épandre comme un gaz, une vapeur, une fumée. Un certain folk s’instille – bien davantage, autrement, que sur Room of Lights. Dans le violon de Bronwyn Adams, beaucoup – qui tisse ses tourneries comme à la recherche de leurs terroirs à eux, Aussies, à un autre sud profond (celui du nord des Amériques – country des bayous via les fermes aux tréfonds du bush). Dans les arrangements, beaucoup, les claviers – des climats en vérité très finement campés, dessinés, invoqués ; touches, images sonores parfois fugacement hallucinées, comme des reflets qui passent et détourent un instant des figures ; motif repris d’une plage sur l’autre à peine le temps d’une mesure, qui suffisent à faire de quelques index écoulés une suite, un cycle qu’on n’avait pas soupçonné ; progressions « post-rock » qu’on n'attendait pas forcément dans ces parages – et de toute manière on rappellera que le terme, alors, n’existait à priori pas encore ; sans compter que « post rock », depuis le temps, ça veut dire souvent « ennui », alors que la musique de Crime & the City Solution, alors, gardait toujours quelque chose d’obscurément… Excitant. Voilà : album noir et vivifiant, décharge nerveuse mais calme apparent, étiré, surface bruissante. Impression sourde mais stimulations exactes et innombrables – terminaisons investies, synapses qui font glisser des frissons dans les chairs. Le tunnel et la lumière… Image facile ? Métaphore usée, grossière ? Voyez le contraste de la photo, de la pochette – ce n’est pas l’âge de la chose, des mots, les indications au bas du verso, qui comptent. C’est qu’en effet ça attrape le, les sens – et que si ça fait du pâle, du blafard, c’en est qui indéniablement respire encore et ne ferme toujours pas l’œil.

note       Publiée le mardi 9 octobre 2018

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Dioneo › mardi 9 octobre 2018 - 20:14  message privé !
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Eh eh... Ça va se continuer. (Le suivant est pour moi assez "inévitable" et... Probable aussi que je vous cause de l'American Twilight de 2013 évoqué dans la ci-dessus chro, que j'avais vu débouler avec pas mal de surprise à l'époque... Pour le doublé-mixte The Adversary/Live on verra... Si ça attend, si ça me prend, si ça se fait...). Bon creusage en tout cas, ça le mérite amplement, ce groupe !

Note donnée au disque :       
Twilight › mardi 9 octobre 2018 - 20:10  message privé !
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Excellente idée de continuer la disco de ce groupe. En fait, je la connais mal, ce sera l'occasion de creuser. ^^