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Ulan Bator › Ego:Echo

cd | 9 titres | 64:22 min

  • 1 Hémisphère [8:42]
  • 2 Santa Lucia [6:14]
  • 3 Étoile Astre [4:32]
  • 4 Let Go Ego! [16:10]
  • 5 Hiver [3:57]
  • 6 Selva [1:40]
  • 7 La Joueuse de Tambour [6:34]
  • 8 Sœur Violence [6:25]
  • 9 Echo [10:06]

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré et mixé par Boule et Federico Bortolozzo au studio Sonica Factory, Calenzano (Italie), sauf Selva, enregistré à l’hôtel Selva (joué sur le piano du lieu). Masterisé par Chris Griffin et Michael Gira. Produit par Michael Gira.

line up

Amaury Cambuzat (guitare, voix, orgue hammond, harmonium, piano, archet, wurlitzer, boucle de mellotron), Olivier Manchion (basse, électronique, piano, chœurs, e-symphonia), Matteao Dainese (batterie, percussions)

Musiciens additionnels : Michael Gira (chœurs sur 7, voix mantra sur 8), Jean-hervé Péron (trompette et cor sur 8)

remarques

Illustration (recto de la pochette) : « Place Réservée », par Ricardo Mosner. Design : Ulan Bator (édition DSA).
L’édition italienne signalée plus haut est une co-production Sonica/Virgin.

chronique

« C’est complètement... MENTAL ! », dirait le chum de ma frangine. De fait : la musique d’Ulan Bator – avec ce nom-paysage, déjà, un peu familier mais vraiment étranger – tient du trip cérébral. Fort et subtil – travaillé. Pas de « l’intellect pur », pour autant ! Elle aurait même plutôt cette qualité tactile – sensuelle mais détachée. Détaillée, arrangée, pensée – mais indéniablement DIRECTE. Sans filtre dans les mots comme dans les plages, le feuillage, le tuilage des sons. Poésie délibérément exemptée de polissage – savoir qu’on fait des métaphores ; les tailler le plus images possibles ; s’amuser à croire à ces images ; y croire ; s’amuser ; … ; jouer. Les mots – aussi – sont musicaux. Naïvement si vous voulez, dans ces constructions souvent giratoires ou (et) scandées en dents de scie, en pompe (comme dans source et bras de fontaine publique, pas comme dans en-grande-pompe) – dont ils sont part, lignes, accents rythmiques. La guitare – toujours pointue, souvent ondulée, parfois étonnamment rêche, sans habits – tellement qu’elle peut faire sursauter (Mère Électricité !) quand elle riffe sa première brisure, sur Santa Lucia. (Y’a pas de mais…). L’orgue ou le piano ou un autre clavier qui cycle. Un certain raffinement, une certaine souplesse qui viennent peut-être d’un certain jazz. L’intuition de ne pas pourvoir à l’attendu, que sous le calme rien ne soit vraiment posé. Les séquelles sans doute de parages et ramages RIO (Rock In Opposition), d’un certain kraut qui – on l’oublie trop souvent – ne se cantonnerait pas, dans son grand corps divers, aux répétions « motorik ». (Voir chez Faust – Jean-Hervé Perron, dudit groupe, membre fondateur, joue d’ailleurs des vents sur Sœur Violence ; et Amaury Cambuzat joue parfois sur scène et sur disque avec Faust même). De l’insistance, pourtant, il y en a. Couplets-strophes remis en occurrences sans fin (sauf à la fin). Phonèmes nodaux qui s’articulent au reste – touches, cordes, éléments percutés. Face au ciel étoilé/Décidé, décidé… Rien n’est vraiment tranquille mais on s’élève au-dessus des peurs – un peu à côté. L’hallucination, la vision, lèvent et s’explorent. Lentement, sans que le sens dicte, nous soit dicté – à eux non-plus, sûrement. La chose qui flotte s’instille lentement. Quand ça s’enfle – Let’s Go ! : Ego ! – on est sucé dans la masse, avalé par la matière ; mais la conscience toujours à fleur, debout, alerte. Y croire avec amour, goût du risque embrassé, du chemin esquissé – aimer ça. (La Joueuse de Tambour). Jeux des échos et des espaces – tout personnels et donnés sans explications… sans rétention, aussi. Michael Gira produit le disque (et le sort sur son label, Young God, pour les États). Rien, cependant, ici, qui ressortirait de la violence terminale des premiers Swans. À peine – si on y tient – quelques semblances avec les plages plus alenties (mais certainement pas apaisées !) de Children of God ou d’autres albums, d’après. Une autre torsion, une autre question. Fin toucher psychotrope – ou retrouvant le fil de ceux-là, à tête claire, sortie de l’excacation. Y’aurait-il une folie – oh : pas si douce ! – qui permettrait d’enjamber Barrett (Syd – feu, paix au cramé touché au front qu’il s’était inventé, ouvert) ? « Mental »… Oui. Mais avec des parfums, des chaleurs et des froids. Avec cette matérialité qui frôle et qui porte. Avec les mains, la tête, « le cœur » – avec tout le corps, aucune organe ou territoire décrété Commandeur.

note       Publiée le dimanche 16 septembre 2018

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vincenzo › samedi 22 septembre 2018 - 10:57  message privé !

L'album antérieur : "Végétale" est très bon et je conseille aussi le EP 2°

Note donnée au disque :       
mrinquisitor › mercredi 19 septembre 2018 - 10:26  message privé !

Voilà un disque que je n'ai pas écouté depuis des lustres, et qui m'a pourtant accompagné pendant une période difficile. J'aimais beaucoup Végétale et le 2 également. Je ne me suis jamais penché sur la suite de leur discographie par contre, après avoir détesté leur album Nouvel air, découvert sur scène de surcroît. C'était d'autant plus chiant que L'Enfance Rouge avait assuré la première partie et que ce groupe tue sur scène! Tu sais si Ulan Bator a fait d'autres trucs chouettes Dioneo?

Note donnée au disque :