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Gary Lucas › The Edge of Heaven (Gary Lucas Plays Mid-Century Chinese Pop)

cd | 14 titres | 43:54 min

  • 1 Old Dreams [3:31]
  • 2 Please Allow Me to Look at You Again [3:18]
  • 3 The Mad World [2:19]
  • 4 If I’m Without You [2:42]
  • 5 Night In Shangai [2:36]
  • 6 Where Is My Home [2:47]
  • 7 Songstress On the Edge of Heaven [3:20]
  • 8 I Wait for Your Return [2:52]
  • 9 Pretense [2:01]
  • 10 The Moon In the Street [3:06]
  • 11 The Wall [3:01]
  • 12 Please Allow Me to Look at You Again (Instrumental Version) [3:41]
  • Bonus Tracks (édition Knitting Factory 2010)
  • 13 A Pair of Flowers [1:20]
  • 14 Songstress On the Edge of Heaven (live at the Quebec City Summer Festival) [3:50]

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré en 2000 aux Sound Dimension Studios, NYC ; Knitting Factory, NYC ; Tim Powell Studios, NYC ; par Jason Candler, Sacha von Gertzen, Tim Powell et Gary Lucas.Produit par Gary Lucas. Mastering par Lionel Nicod, Translab.

line up

Ernie Brooks (basse sur 4, 9, 11, 12), Gisburg (voix sur 4, 9, 11), Jonathan Kane (batterie sur 4, 9, 11, 12), Gary Lucas (guitares acoustique et électrique, lap steel, électronique), Celest Chong (voix sur 2, 6, 8), Min Xao-Fen (voix et pipa sur 15)

remarques

L'édition originale (2001) est une coproduction Label Bleu/Indigo.

chronique

Drôle de cas, ce Lucas. Guitariste du Magic Band (du Captain Beefheart) dans les années 80 (Ice Cream for Crows, Doc at the Radar Station…). Compagnon de studio (et de scène) de Jeff Bucley, responsable d’une grande partie des arrangements de guitares sur l’album Grace (et la compilation post-mortem Songs to No One – démos, prises live, répétitions). Leader du groupe Gods and Monsters. Avant ça – après, pendant – voyageur, curieux artisan, navigateur de destinées… Le type, dans les notes, raconte un choc et ses prémices : une « relation torride » avec une jeune Chinoise (via Singapour et la Sorbonne) qu’il avait suivie à Taipei (Taiwan) ; avant ça, une aventure initiatique avec une Italienne de vingt, vingt-cinq de plus que lui, à New York ; la découverte – de Taiwan à Hong Kong, en passant par la République (?) de deux chanteuses immensément populaires dans ces parages dans les années 30, 40 : Bai Kwong et Chow Hsuan. Lucas les joue. En solo – pièces d’un folk ouvert et personnel – ou avec d’autres voix mandarines, cantonaises, avec batterie et basse parfois. Du pentatonique, certainement. Des accordages inhabituels, n’en doutons pas. Un phrasé peut-être bien parti de John Fahey et d’autres « primitivistes américains » – vélocité rude mais fluide, accents d’un blues aux cordes sonnant limpides et timbrées à la fois. Expressivité, mélodies tournées. Sur les plages chantées : un certain goût des ambiances contrastées – mais toujours enveloppées de fumées, vapeurs, rosées qui nimbent, grisent. Cabaret robes moulantes imprimées aux cols qui escaladent les cous graciles. Falaises exposées et lumineuses des amours extasiées – malheureuses ou seulement… Extasiées. Hôtels à l’œil sourd-muet. Fumeries ? Un halo rêveur mais des lignes nettes, en tout cas. Quelque chose de gracieux posé sur le sol – à hauteur d’estrade devant le public mais pas plus. Un accès de jazz-country canailleux à la Nancy S. (avec un Lee Hazlewood qui aurait troqué les tiags contre une paire plus liseré rouge-dorée) sur I Wait for Your Return (et elle me plaît bien, cette Gisburg au timbre grave – parfait contrepoids à ceux plus « cristal » de Celest Chong et Min Xao-Feng). Ces bords du paradis – c’est lui qui le dit – ont bien une légèreté de parages célestes aménagés sur terre oui. Un souffle de vies terrestres qui les traverse, aussi – poids de désirs effleurés ou plantés qui s’ébrouent et s’éparpillent dans la bouffée (avant de retombé le silence fait ?). De la chanson pour tout le monde – d’une ère et de lieux. Prise là par des amants-amantes du non-pareil. Subtiles, bleutées, fraîchement attisées. Courte suspension avant de retourner aux cargos – ou sauter à la nage depuis une rive ou l’autre de toutes sortes d’océans et de mers intérieures.

note       Publiée le vendredi 14 septembre 2018

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