Les objets chroniqués

Vous êtes ici › Les groupes / artistesFFuneral Mist › Hekatomb

Funeral Mist › Hekatomb

cd | 8 titres | 43:03 min

  • 1 In nomine domini [04:31]
  • 2 Naught but death [04:42]
  • 3 Shedding skin [04:48]
  • 4 Cockatrice [07:27]
  • 5 Metamorphosis [07:35]
  • 6 Within the without [03:12]
  • 7 Hosanna [04:30]
  • 8 Pallor mortis [06:16]

enregistrement

Enregistré en 2017 au Endarker Studio

line up

Arioch (chant, guitares, basse)

Musiciens additionnels : Lars Broddesson (batterie)

chronique

Funeral Mist, voilà l'un des groupes les plus énigmatiques et fabuleux qu'il soit. Rien ne filtre, aucune info, aucun concert, extrêmement peu d'interviews, des albums très espacés, et pourtant, à intervalle plus ou moins régulier, son leader Arioch (qu'on retrouve sous le nom de Mortuus chez Marduk) sort de son silence avec un album, condensé à chaque fois d'un travail de plusieurs années. A chaque nouvelle sortie, le travail de promotion est réduit à sa plus simple expression, une petite annonce quelques jours avant la sortie effective du disque nous permet d'être au courant de l'arrivée de l'album. Pour le reste, rien ! Il faudra se contenter de ça ! Il faut être clair, Arioch prend son temps pour réaliser ses albums, le premier album, "Salvation" ("Devilry" n'étant qu'une mise en bouche) est sorti en 2003 mais était enregistré depuis 2 ans, son successeur "Maranatha" date de 2009 et cet "Hekatomb" déboule 9 ans plus tard en 2018. Pourtant le travail créatif entre chacun de ces albums est continu, les titres sont créés, arrangés, polis, testés sur la longueur. C'est la première fois que je m'attaque à un album de Funeral Mist pour une chronique mais je partage entièrement l'enthousiasme de Stéphane sur les deux précédents disques, que je considère comme des chefs d'oeuvre absolus de black metal. Donc forcément, quand il s'agit d'accueillir un nouvel album du groupe, l'attente et l'excitation sont grandes. Voilà, ce disque de trois quarts d'heure représente un travail de 9 ans. Le risque forcément dans ce genre de situation, c'est de réussir à faire sa place à côté des chefs d'oeuvre du passé du groupe, ce qu'avait déjà réussi haut la main son prédécesseur "Maranatha". Ce qui frappe ici, c'est la fluidité du disque. Là où Funeral Mist nous avait habitué à incorporer nombre d'interludes, arrangements, réinterprétations de thèmes, intégration d'extraits de films ou de bandes originales de films, ici, l'album est plus direct. Même si ces ajouts sont toujours présents ici, ils sont encore plus intégrés dans les morceaux. On reconnait très rapidement l'identité Funeral Mist, le style de riff d'Arioch. Beaucoup ont pensé que cet "Hekatomb" était influencé par Marduk, par exemple un titre comme "Naught but death" faisant penser à "The blond beast", alors qu'en fait, c'est surtout Marduk qui a inclus des éléments de Funeral Mist. En fait, ce qui donne tout l'intérêt à Funeral Mist et ce qui fait sa réussite, c'est qu'ici, Arioch peut prendre tout son temps pour composer, arranger, modifier, fignoler et ce, jusqu'au moindre détail. On sent ce souci permanent chez Funeral Mist, de tout temps, avec toujours en tête cette dévotion totale au Malin, corps et âme, les premières paroles de l'album étant quand même "In the name of the Lord, I come against you". Déjà, rien que sur le premier titre, tout est dit. L'album débute par une intro annonçant l'arrivée de cette bête sauvage, dévorant tout sur son passage, puis cette basse vrombissante qu'on retrouvera plusieurs fois durant le morceau me rappelant étrangement le titre "The writ" de Black Sabbath", puis cette déferlante de brutalité, cette folie furieuse jouant sur les contrastes, avec cette rage extraordinaire mise dans son chant, ultra-guttural, comme jamais chez lui, proche du death metal, enchaîné à ces cris démoniaques et ultra-vindicatifs plus habituels chez lui alliés à ces parties plus douces de cette basse vrombissante dont je parlais plus haut, puis ce pont en mid-tempos avec ces riffs thrashisant. Tout ça simplement sur le premier morceau, et sans aucune impression de fourre-tout, et qui s'enchaîne avec le "Naught but death" dont je parlais en début de chronique. Voilà, déjà, le ton est donné. Arioch ne s'est pas assagi et il garde cette volonté de perfection totale. Rien n'est laissé au hasard et la suite ne fera que le confirmer. L'album joue toujours autant avec ce contraste entre parties lente et une immense brutalité dans les parties de blasts avec des brûlots incandescents ("Shedding skin", "Within the without", le fabuleux et intense "Hosanna"), et ce jusque dans les arrangements. Le travail à la batterie est encore plus précis que par le passé. On sent bien que chaque note a été pesé pour donner le meilleur rendu final. A ce sujet, quel plaisir aussi de retrouver derrière les fûts Lars Broddesson, ancien batteur de Marduk, qui avait dû quitter le groupe à cause de problèmes de dos. Il semblerait à l'écoute de ce disque qu'il va mieux ! Le duo "Cockatrice"-"Metamorphosis", dont l'enchaînement est particulièrement ingénieux, est un moment exceptionnel du disque, avec un premier thème au son de cette guitare totalement folle rappelant Triumphator puis amenant petit à petit en fond sonore de légères touches de claviers directement inspirées par les derniers travaux de Burzum, se fondant progressivement vers un break complet entièrement aux claviers avant de repartir de plus belle sur le thème principal du morceau puis de ralentir le rythme pour arriver, avec "Metamorphosis", sur un mid-tempo impérial marquant le retour des chants grégoriens qui ont fait le succès de précédents titres de Funeral Mist. Et comment ne pas parler de ce "Pallor mortis" final et cette idée de faire chanter un couplet par un enfant de la même manière qu'Arioch ? Là, pour le coup, je suis impressionné par la performance du gamin, avec toujours ce souci de garder l'intensité à son plus haut niveau ! Même si l'album est a priori plus commun que les précédents, il n'en est rien, tout étant dans les détails. "Hekatomb" est une nouvelle bombe extrêmement travaillée et réfléchie de Funeral Mist. Ce qui fait la réussite du groupe, au-delà de cette recherche de la perfection, c'est cette authenticité de chaque instant. Arioch ne joue pas, il se met littéralement en scène et se livre entièrement. Cet "Hekatomb" est un nouveau chef d'oeuvre total et ajoute une nouvelle pierre à l'édifice des suédois. Et s'il faut encore patienter une petite dizaine d'années pour avoir un successeur du même niveau, je signe tout de suite !

note       Publiée le dimanche 9 septembre 2018

partagez 'Hekatomb' sur les rseaux sociaux

ajoutez des tags sur : "Hekatomb"

Vous devez être membre pour ajouter un tag sur "Hekatomb".

ajoutez une note sur : "Hekatomb"

Note moyenne :        8 votes

Vous devez être membre pour ajouter une note sur "Hekatomb".

ajoutez un commentaire sur : "Hekatomb"

Vous devez être membre pour ajouter un commentaire sur "Hekatomb".

torquemada › lundi 10 septembre 2018 - 22:04  message privé !

Je comprends mieux !

Nicko › lundi 10 septembre 2018 - 22:00  message privé !
avatar

ha ha ! Excellent !

Note donnée au disque :       
microbe666 › lundi 10 septembre 2018 - 17:38  message privé !

voilà ce qu'ils lui ont fait ... "el principe del paz !!!" (à 50sec) https://www.youtube.com/watch?v=KC0...

torquemada › dimanche 9 septembre 2018 - 22:53  message privé !

Qu'est ce qu'il a pu faire à ce pauvre gosse ?

born to gulo › dimanche 9 septembre 2018 - 22:16  message privé !

Cahier des charges respecté avec une rigueur admirable. La Suède.

Note donnée au disque :