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Beau catcheur › Beau catcheur

cd | 20 titres | 42:34 min

  • 1 Anarchy in the UK [reprise des Sex Pistols] [3:10]
  • 2 One More Time [reprise de Daft Punk] [5:21]
  • 3 Asimbonanga [reprise de Johnny Clegg] [0:18]
  • 4 Dur dur d'être bébé [reprise de Jordy] [2:35]
  • 5 Les grands boulevards/Moi, j'aime le Music Hall [reprise de Yves Montand/Charles Trenet] [0:26]
  • 6 DJ [reprise de Diam's/Rouget de l'Isle] [1:25]
  • 7 Parole, parole [reprise de Dalida & Alain Delon] [2:36]
  • 8 Comme un garçon [reprise de Sylvie Vartan] [2:10]
  • 9 Tea For Two [reprise de Louise Groody & Jack Barker] [0:22]
  • 10 Pamela Popo [reprise de Serge Gainsbourg] [2:34]
  • 11 My Heart Belongs to Daddy [reprise de Cole Porter] [3:06]
  • 12 Comme d'habitude [reprise de Claude François] [2:16]
  • 13 Haschish Faction [reprise de Sullivan] [2:23]
  • 14 Don't Worry Be Happy [reprise de Bobby McFerrin] [1:02]
  • 15 Il tape sur des bambous [reprise de Philipe Lavil] [2:39]
  • 16 Tequila [reprise de The Champs] [2:30]
  • 17 Les copains d'abord [reprise de George Brassens via Peter Blaikner] [0:57]
  • 18 We Can Dance [reprise de McDaniels/Legrand] [1:37]
  • 19 Quand la musique est bonne [reprise de Jean-Jacques Goldman] [2:05]
  • 20 Le Freak [reprise de Chic] [2:22]

extraits vidéo

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line up

Sarah Murcia (contrebasse, chant), Fred Poulet (chant)

Musiciens additionnels : Rodolphe Burger (chant 4)

chronique

Styles
chanson
jazz
Styles personnels
chansons libres

Qu’est ce qu’on aime, au fond, dans une chanson ? Est-ce la mélodie ? Ou bien les paroles ? Et si ce n’était qu’une question de rythmique, de pulsation, de beat quoi ? Est-ce qu’on aimerait pas surtout un refrain, au point que les couplets sont juste bons pour l’oubli ? C’est quoi qui accroche, un gimmick vocal peut-être ou bien un feeling et on a le droit de s’en tamponner de ce que l’histoire raconte ? Et puis les chansons, est-ce qu’on a le droit de les chanter en se trompant ? « J’connais pas bien les paroles ». C’est si grave que ça ? Chanter une chanson populaire dans une autre langue, ou sur une mélodie différente que tout le monde connait, ça lui enlève quelque chose ou ça révèle des trucs ? Chanter des conneries abyssales avec un sérieux de doctorant de philosophie en soutenance de thèse, en se déjouant de l’ironie, est-ce que ça ne rend pas toute chose, même grattée au fond du fond du panier tombé au fond du puit, un peu aimable ? Et puis il faut quoi pour chanter une chanson ? Une voix. C’est à peu près tout. Oh et puis allez, un instrument qui fait aussi bien le rythme que la mélodie, que les harmonies, pour peu qu’on sache s’y prendre un peu. Sous le sobriquet de Beau catcheur, voici que Sarah Murcia, contrebassiste de jazz émérite vu auprès d’Higelin comme d’Elysian Fields, et Fred Poulet, chanteur dandy dont la nonchalance n’a égal que son humour pince-sans-rire (on n’écrit pas « Walking Indurain » impunément) le démontrent sans trop se démonter eux-même. Car voici un album de chansons cool. Attention, pas seulement un album de chansons cools, y a de quoi frémir à l’évocation de vieilles scies de JJ Goldman (beaucoup moins classe que Burnel) ou Sylvie Vartan (yéyée importée des pays de l’Est et remontée comme une pile). Avec quelques cordes bien tendues, un archet avec du crin, un corps de bois et quelques mains munies de doigts à l’agilité déconcertante, voici que Sarah fait toute la musique. Même les Daft Punk, elle peut les faire, tous les deux, à elle toute seule. Il n’y a d’ailleurs qu’elle qui m’aura fait supporter d’entendre « One More Time » encore une fois, tellement j’en avais soupé de cette disco-filtrée soupeuse. A la contrebasse, c’est la classe. Sur une seule et même rythmique Fred Poulet superpose tranquille Trenet et Montand, sprecht-gesang le tube de Bobby McFerrin à moins de deux de tension et mouline Brassens dans la langue de Goethe. Les paroles de Tea for Two sont trop pour Sarah, qui ajoute un three parce que ça l’arrange et que c’est charmant. Plus compliqué : caler le DJ de Diam’s (mais si, vous la connaissez, c’est en l'écoutant en boucle que votre petite soeur avait appris les mots « kiffer » et « vibe ») sur la Marseillaise. Si si, c’est possible. Ca marche. Ca dénote. Encore trop acceptable pour vos goûts malgré tout très sûrs, vous qui vous pincez déjà un peu le nez devant le mot « pop » ? Voilà le summum de l’improbable qui pourtant fonctionne comme une ritournelle : Rodolphe Burger qui dit du Jordy (oui, celui là, le morveux exploité du Top 50) comme il dirait du William Blake ou du Samuel Beckett. Avec le boulot rythmique impeccable de Sarah qui se permet même quelques glissando d’archet sinistres, voici la reprise à l’amplitude par rapport à l'originale la plus élevée de la galaxie. Sarah aussi sait chanter, et pas bien qu’en duo pour du jazz vocal bilingue ou de l’hommage gainsbourgien qui, sans surprise, se prête merveilleusement à ce traitement. Non, Sarah chante aussi bien toute seule, et pas que des classiques, Sex Pistols en intro tranquille. La voilà pop-blasée-classieuse sur le « Haschish Faction » d’un one-shot oublié des sixties, un certain Sullivan, ex-compagnon des futurs Charlots. Quant à Monsieur Poulet, son détachement l’autorise à ralentir la chronologie de « Comme d’habitude » de l'électrique Claude François jusqu’au point ultime du non-évènementiel : le pathos des paroles originales prennent une nouvelle direction spacio-temporelle, comme dans Retour vers le Futur, dans laquelle il ne se passe rien. Sinon que la fille, elle a oublié son portable. Du coup, ben il lui donne. Fred peut et va aller plus loin. Avec le support de la batterie hyper-ténue de Sarah, la bonne scie latino « Tequila » passe en état quasi-silencieux. Du minimal-jazz-doom. Oui, il en faut vraiment peu pour faire une chanson. « Asimbonanga » du zoulou blanc préféré des années de lutte anti-apartheid se voit concentré à son cri primal. Et le tube caribéen de Philipe Lavil n’a pas besoin de plus que sa phrase liminale, « Il tape sur des bambous », sur laquelle Poulet se livre à une variation sur un thème absurde comme du Edouard Baer (le «aussi dingue que ça puisse paraitre c’est numéro un » et le « impec » font alors de Fred Poulet mon héros). Ni parodie, encore moins moquerie et pas plus bidule conceptuel, le duo Beau catcheur, Sarah et Fred, font de la chanson avec des bouts de chansons, deux voix, une contrebasse et un peu de silence. C’est suffisant et c’est bien comme ça.

note       Publiée le lundi 10 septembre 2018

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A.Z.O.T › vendredi 14 septembre 2018 - 00:48  message privé !

En effet beaucoup de plaisir immédiat xe disque, un côté gainsbourg en plus ironique mais moins salace pas déplaisant

Note donnée au disque :