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Jean-Louis Murat › Lilith

cd lilith 1 | 11 titres | 52:59 min

  • 1 Les jours du jaguar [3:45]
  • 2 A la morte fontaine [3:21]
  • 3 Le mou du chat [7:05]
  • 4 Tant la vie demande à mourir [5:19]
  • 5 Le cri du papillon [2:55]
  • 6 Zibeline Tang [4:35]
  • 7 Lilith [4:25]
  • 8 C'est l'âme qu'on nous arrache [4:21]
  • 9 De la coupe aux lèvres [3:22]
  • 10 On ne peut rien en dire [7:01]
  • 11 Le révolver nommé désir [2:55]

cd lilith 2 | 11 titres | 45:26 min

  • 1 Se mettre aux anges [6:09]
  • 2 Qui est cette fille ? [3:38]
  • 3 Emotion [3:26]
  • 4 Le contentement de la Lady [6:14]
  • 5 Le voleur de rhubarbe [3:25]
  • 6 Le désarmement intérieur [4:25]
  • 7 Elle pleure [4:05]
  • 8 Le salaud [2:14]
  • 9 La nature du genre [3:58]
  • 10 Gel et rosée [4:27]
  • 11 L'absence de vraie vie [3:41]

extraits vidéo

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enregistrement

Produit par JL Murat

line up

Jean-louis Murat (chant, guitares, bouzouki, harmonica, Fender Rhodes, piano, Minimoog)Fred Jimenez (basse, batterie, Fender Rhodes), Stéphane Reynaud (batterie, percussions)

Musiciens additionnels : Stéphane Belmondo (bugle), Denis Clavaizolle (orgue), Dickon Hinchliffe (arrangements cordes, choeurs), Stéphane Prin (tambourin), David Boulter (orgue), Camille (choeurs, chant), China (choeurs), Jule (choeurs), Armelle Pioline (chant), Andy Waterworth (contrebasse), Andrew Nice (violoncelle), Helen Thomas (violoncelle), Sarah Wilson (violoncelle), Ann Child (alto), Charles Cross (alto), Rob Spriggs (alto), Sophie Sirota (alto), Brian Wright (1er violon), Calina De La Mare (1er violon), Catherine Browning (1er violon), Natalia Bonner (1er violon), Sarah Button (1er violon), Wendy De St. Paer (1er violon), Ruth Gottlied (2eme violon), Chris Koh (2eme violon), Anna Giddey (2eme violon), Clare Raybould (2eme violon), Kate O'Connor (2eme violon)

chronique

Styles
chanson
rock
folk
pop
Styles personnels
jean-louis guitar

L'animal Murat est débridé. J'entends plus qu'la guitare ! Murat rugit comme un jaguar. Ecriture crypto-automatique. Déflagration d'électricité dans la jungle, cette vie. Comme ouverture, ça flingue. Sur scène, le jaguar sera redoutable. A ce niveau, ce vieux Moujik ressemble à une ébauche. Cette fois, l'ambition du brenoï, qui a trouvé son cheval fou à lui avec la paire Reynaud/Jimenez, est ahurissante. Triple vinyle, bien avant que ça ne revienne dans le vent. Sur galette argentée, deux faces qui tranchent un peu. Murat s'est enfin trouvé guitariste, après des années de tâtonnements. Il veut alors tout faire, tout jouer, sur un mode de ritournelles où les cordes grattent et grincent en hommage à la première des femmes, la Lilith, figure terrifiante et dominatrice des textes sacrés. Du rock à fuzz au folk hypnotique en se baladant sur des sentiers plus familiers en ces contrées d'une chanson française qu'il a toujours dit ne pas aimer, par les contre-allées de la pop sur lesquelles il signe d'un trait un "cri du papillon" pour faire chanter les filles en concert, Murat en artisan peuple son jardin montagnard de tous les totems possibles et imaginables. Avec un goût pour la mélodie et les paroles qui se bouclent, de l'apparente rusticité qui fait bien vite tournerie. Des flèches lancées droit devant, jusqu'à épuiser les accords, que la rythmique implacable de son duo basse/batterie prenne possession de l'espace, se propage toute seule, Murat n'a qu'à tricoter par dessus. Mais le jaguar ne s'excite pas tout le temps, ruptures de ton et baisses de tension avec le piano bastringue ténu de "Tant la vie demande à mourir", le chaloupement twangy de "Zibeline Tang", le surgissement des cordes sur le dépouillé "De la coupe au lèvre". Reste que c'est la guitare électrique qui affleure le plus régulièrement, sous les saccades verbales répétitives, obsessionnelles, de "On ne peut rien en dire", en duo avec Armelle Pioline de Holden, dans la nuée surtout de riffs glougloutants du titre éponyme, cérémonie tribale, gospel païen halluciné à la figure de la grande dévoreuse. Jamais entendu pareille chose chez Murat. Deuxième phase. Oh, mais là ça dégouline de cyprine. L'érotisme prodigieux, suave et cru ("salive que nos mots", qui dit mieux ?) de "Se mettre aux anges", quel formulation fabuleuse pour l'acte de chair, drapé dans les cordes cinématiques de Dickon Hinchliffe des Tindertsicks, refusé par Chamfort, le con. Histoire de con justement, même si, comme le disait Brassens, quel pauvre mot pour un tel trésor, celui par lequel la Lady procède à son contentement, cette fois en folk acoustique à l'intimité rugueuse. Elegie pour fille triste, pop caressante, voilà des aunes bien féminines pour reprendre le chemin de la montagne, là où Murat croise à la fois son vieux complice Clavaizolle et un voleur de rhubarbe, pour une délicieuse ballade pastorale, légère, coquine. Lui succède l'évidente mélodie sifflée du "Désarmement intérieur", retour en douceur de la rythmique rock, métaphore guerrière par laquelle rampe à nouveau la noirceur. Voyez les connections de titres entre "Elle pleure", "Le salaud" et "La nature du genre", dont l'effet fonctionne d'autant plus en contigu. Au traitement intimiste de la première, avec ses mots rigolos (qui a dit salsifi ?) pour mettre un voile sur les envies de suicide succède la conjugaison caviardée et la rythmique qui reprend du poil de la bête de la deuxième. Histoire de remettre un coup de pédale sur la machine qui ne cessera ensuite d'accélérer jusqu'au deux derniers morceaux de l'opus magnum, balancés avec la classe rock que Murat chasse depuis ses débuts. "Gel et rosée" dédié au leader des Dogs, Dominique Laboubée, alors tout juste décédé, sans doute un des rares groupes de rock français respecté par le brenoï. Alors que la première partie se concluait en mode mineur par "Un revolver nommé désir" désabusé, "l'enfilade c'est bien joli mais…", susurré avec sensualité, "L'absence de vraie vie" vient achever, sans calibre mais par un constat déchirant, en point d'exclamation final et sur une rythmique frénétique la succession des vingt-trois morceaux parmi lesquels il n'y a pas grand chose à remiser. Celui qui chantait "Je n'ai plus que toi, animal" a bien fini par devenir ce prédateur félin, rugissant et ronronnant, avec lequel nul ne peut se mesurer.

note       Publiée le mercredi 5 septembre 2018

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Raven › mardi 11 septembre 2018 - 14:26  message privé !
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Pire : on est au moins deux.

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(N°6) › lundi 10 septembre 2018 - 23:45  message privé !
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Pour ça je crois qu'il y en aurait au moins un qui serait foutu de le sortir de l'ombre (mais je parlerai pas pour les collègues)…

Murat/Ferré, ça a donné un album sublime aussi avec les poèmes de Baudelaire et c'était quand même un exercice dont la plupart ne se serait pas relevé (on sait la catastrophe des chanteurs/rockeurs français quand ils se prennent pour des poètes maudits).

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SEN › lundi 10 septembre 2018 - 23:34  message privé !

Y'a quand même peu d'artistes comme Murat, c'est le mec le plus proche de Ferré que je connaisse... J'aime peu les chanteurs français, mais je m'étonne un peu quand même qu'un mec comme Lavilliers n'ait jamais trouvé d'échos parmi les chroniqueurs de Guts...

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(N°6) › lundi 10 septembre 2018 - 22:44  message privé !
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Les voies des chroniqueurs sont impénétrables. Pour moi aussi un de ses meilleurs albums, qui en plus gagne à être écouté par bloc, voire en intégralité d'un seul coup (ce qui est rarement le cas dans les double/triple albums en général).

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SEN › lundi 10 septembre 2018 - 22:11  message privé !

Mais pourquoi t'as pris autant de temps pour le chroniquer celui là ??? Clairement un des meilleurs après Mustango !

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