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Anadol › Uzun Havalar

  • 2018 • Kinship 1 Téléchargement Web

téléchargement internet • 7 titres • 43:10 min

  • 1Görünmez Hava8:42
  • 278 Yılının En Uzun Dakikası4:36
  • 3Ay Çürüdü8:56
  • 4Bir Garip Kan İçme Töreni2:54
  • 5Ya Evde Korksan10:28
  • 6Casio Havası4:45
  • 7Adieu2:49

enregistrement

Composé, joué, enregistré, produit et mixé par Anadol à Tempelhof Studios 2015.

line up

Anadol (composition, production)

Musiciens additionnels : Alican Tezer (guitar 2, voix 4), Suphi Sökücü (voix 1, saxophone 3, 7), Emir Özer (synthétiseurs additionnels 1), Aşkın Kırım (trompette 1, 5), Alper Maral (voix 2), Fehmican Gözüm (saxophone 3, 5), Serkan Emre Çiftçi (trompette 3, 7), Lale Kardeş (voix 3), Gülce Özen Gürkan (voix 4, 5), Ekin Sanaç (harmonium 5), Metin Göksel (voix 5), Şafak Acar (voix 5, 7), Dilek Acay (violon 5)

remarques

https://kin-ship.bandcamp.com/album/uzun-havalar

chronique

Styles
musique électronique
musique improvisée
folk
Styles personnels
hypnagogic tavern music

Espace-temps indécis. Quelque part entre les années quatre-vingt et le futur antérieur dans lequel nous évoluons pour ainsi dire à chaque fois qu’on se prend à rêver encore un peu. Localisation incertaine. Décorations un peu cheap de taverne orientale, avec une scène pour les artistes et un Casio avec leds clignotantes installés sur le côté. Des cassettes en vente : emportez la musique avec vous ! De longs airs irréguliers, comme le veut la tradition des uzun havalar, cette forme de musique folk turque qui laisse sa place aux improvisations. Même avec des boites à rythmes et des synthés, l’improbable peut toujours advenir. C’est bien d’Istanbul ça, quelque chose qui flotte dans l’air qui pourrait advenir. Avec Anadol, rien de prévisible n’arrive. Peut-être sa façon de redistribuer les cartes autour d’elle. A un batteur (Alican Tezer, du groupe psyché-surf Ayyuka), elle refile une guitare. A des compositeurs contemporains (Alper Maral, Gülce Özen Gürkan), elle demande de dire tel des acteurs. En utilisant la langue française qui plus est, histoire de brouiller encore plus les pistes. D’ailleurs ailleurs ça grogne, ça hurle, ça gémit et le monde d’Artaud fait comme coucou. L’étrange familiarité qui nous échappe un peu, à nous autres occidentaux, c’est celle de ces petits airs à danser inspirés de la musique folk turque que Anadol, aka Gözen Atila, basée à Berlin depuis quelques années, fait fleurir de ses synthés pas chers, dans lesquels on se plait à retrouver des sonorités analogiques-baroques. De la musique pour films noirs un peu pathétiques. Plutôt d’une série télé, tout en qualité VHS, avec des détectives moustachus et des femmes fatales à choucroute. Et ces porn-sax qui font des plans salaces, de la taverne au boudoir, il n’y a qu’un pas de porte bordée de velour à franchir, la voix feutrée de Lale Kardeş (batteuse du groupe garage The Ringo Jets) prisonnière des filtres synthétiques de Anadol, découpée en série d’accords érotiques sur « Ay Çürüdü », aux claviers chouinants comme du P-Funk sous tranxène. L’aspect gazeux, quasi-cosmique, de ces « longs airs » est évident dès le tout premier, qui se laisse dériver en multipliant mélodies et détours hallucinogènes pendant de longues minutes d’extase, oh comme il est bon d’être tel une méduse dans un océan de rakı. Car elle flotte bien en surface, la mélancolie de ces douces mélopées bricolées, elles nous renvoient à des endroits rêvés où peut-être rien n’est vraiment advenu, où il a fait bon attendre quelque temps, histoire d’humer un peu une autre tristesse, d’autres fantasmes restés en l’état. Faut pas chercher de règle, ça finit toujours un peu en queue de poisson, de façon absurde, alors la musique d’Anadol s’en fait la parfaite illustration, soufflant un vent d’harmonium (joué par Ekin Sanaç du duo post-punk Kim Ki O) un peu inquiétant avant de retrouver son rythme incertain, ses mélodies aériennes et flutées qui virevoltent dans l’air, au gré des respirations. Et comme il se doit, ça se termine par un bel Adieu. C’est beau, c’est triste, ça n’est pas trop sérieux. De la musique comme la vie, quoi.

note       Publiée le vendredi 21 décembre 2018

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Note moyenne        4 votes

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SEN › dimanche 15 décembre 2019 - 14:37  message privé !

Pétard ! Je m'attendais pas trouver cette album ici ! Y'a d'autres trucs intéressants sur ce label, allez jeter une oreille sur ce qu'ils font !

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(N°6) › samedi 14 décembre 2019 - 16:25  message privé !
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Merci ! Toujours content de partager ce genre de petit trésor caché.

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Scissor Man › samedi 14 décembre 2019 - 15:46  message privé !

Mazette ! Que du bonheur, je vois aucun retour, il faut pas passer à côté les gars, et cette pochette, classe totale ! Nice chro numéro 6, une sucrerie qui infuse progressivement au fil des écoutes et fait son petit effet dans la tête. Ça tourne souvent en ce moment !

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(N°6) › vendredi 21 décembre 2018 - 23:41  message privé !
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En plus, elle fait des clips bien délirants avec des images de cérémonies officielles, c'est drôle comme tout (cherchez l'absurde). https://vimeo.com/279319028

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