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Yob › Our Raw Heart

cd | 7 titres | 73:19 min

  • 1 Ablaze [10:13]
  • 2 The Screen [09:50]
  • 3 In Reverie [09:44]
  • 4 Lungs Reach [05:39]
  • 5 Beauty in Falling Leaves [16:27]
  • 6 Original Face [07:03]
  • 7 Our Raw Heart [14:23]

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré par Billy Barnett au Gung-Ho Studio. Masterisé par Heba Kadry au Timeless Mastering. Produit et mixé par Billy Barnett et Yob.

line up

Aaron Rieseberg (basse), Travis Foster (batterie), Mike Scheidt (guitare, voix)

remarques

Sorti en cd, vinyle, cassette, fichiers numériques. Illustration par Orion Landau.

chronique

J'étais resté bloqué au milieu du chemin, à me demander s'il était normal que je ne ressente plus trop d'intérêt à la musique de Yob. C'était le temps du dernier album. Là, je remets le couvert parce que je suis aimanté par leur musique comme un baudet bouffe ses carottes ! En revoyant une interprétation acoustique de Marrow, extrait de "Clearing the Path to Ascend" je suis vite redescendu de la colline et j'ai repris le temps de bien regarder l'auteur, sa montagne et sa musique. Ce gars est véritablement un monstre de mélodie métallique, guitariste physique et précis, inventif, inspiré, dextre et bluffant. Ce qu'il joue est surtout, et tout simplement : beau. Ensuite, selon les saisons, c'est plutôt répétitif, massif, hoquetant ou épique. Mais avant tout c'est beau, beau, beau ! Au nom de la lumière, de la ténèbre ! Que Mike Scheidt revienne sur cette planète nous pondre un nouveau Yob ! PLOUP. Et là, je vous le dis : j'ai bien fait de redescendre, de prendre une pause, de souffler et de retracer du regard et des oreilles ce paysage fantastique que nous tisse ce groupe. Dès les premières minutes de "Our Raw Heart" j'ai été reconquis comme un chevalier bougon qui ne veut plus se casser les morgenstern pour si peu : chansons ô belles chansons, qui aussi, avec peu de saturation savent me refaire des clins d'oeil aguicheurs. "Tu entends ces couplets ? Ben imagine le jouer ça tranquillement au milieu de trois dolmens avec une gratte sèche : pas manchot ! ". Une voix qui ne vieillit pas, se pince un peu moins, une fluidité entre guitare, basse et batterie qui semble naturelle et présume encore de très bons concerts à venir. Premières dix minutes belles et belles. Je relis la promo de Relapse : ils veulent souligner que notre Mike a été très malade, je ne le savais pas, mais je pense qu'on peut dire que malade, convalescent ou non il sait toujours nous tartiner la gueule de myriades de riffs qui tuent et de mélodies qui déchirent le coeur des métalleux en quête de sens... c'est ce qui va confirmer le rampant The Screen, comme un break Formulas Fatal qui se balance d'un pied to the Flesh sur l'autre pendant encore dix "petites" minutes... première fois je crois que j'écoute un morceau aussi monolithique et tout gris chez Yob, et pourtant ils ont déjà mis les mégatonnes de puissance là où il faut pour m'ébahir, et parfois aussi m'ennuyer, cf. ces morceaux trop longs dans le précédent opus... Là je comprends un peu mieux la gravité du moment, peut-être, enfin il suffit de s'imprégner de glauque et une chanson marteau pilon devient un dégueuloir qui fout des crampes au bide... angoisse qui va continuer sur In Reverie ; là je commence à voir un peu mieux l'itinéraire : une dernière petite étincelle de joie avant la descente dans les affres des douleurs internes, même si le thorax s'élargit, je sens encore un paquet de boue autour des chevilles pour parler avec le peu d'images qui me restent en tête... Le mitan de l'album est déjà une épreuve en soi tellement cette musique est une sorte de grande plainte humaine qui semble vouloir se transcender par la puissance du métal qui brise les nuques... la fin justifie-t-elle tous ces moyens ? La catharsis est mastoc pour Scheidt, mais est-on prêt, nous humbles auditeurs, à encaisser une demi-heure de plus de hachis de conscience présenté certes de manière harmonieuse dans l'assiette, mais... "faut finir ! Sinon pas de dessert" ? Lungs Reach servira un peu de respiration, j'imagine que ce n'est pas un hasard (le titre, le fait qu'il soit au milieu de cette histoire, que tout se calme d'un coup...) ; on peut bien mettre tout ce qu'on veut dans cette musique, j'entraperçois quand même une certaine forme de lutte, quand les franges du désir de vie se déposent au fond de l'aquarium, et que s'efface petit à petit ce dernier râle comprimé par l'extinction des forces. Même si le début de cet album se veut massif, il ne vole pas aussi haut dans l'extase mystique que sur certains moments de bravoure antérieurs : ici on tire les dernières cartouches et cette musique semble dire que la vie peut nous laisser pantois, quand elle arrive à s'emberlificoter, à se nouer, à se vider les poumons, quand il ne reste plus rien a inspirer, que le dernier kilomètre est parcouru, quand il n'y a plus rien à donner ni vendre. Cela ne va pas arranger le désarroi habituel qui voudrait qu'à tout prix on s'attache à un peu de stabilité, un peu de joie, de calme mais Mike Scheidt semble encore vouloir nous partager certaines connaissances, trucs et astuces qu'il a pu glaner sur la route, cf. encore une fois ces paroles qui font référence directement à des traditions qui mettent vachement d'importance sur ce moment où l'on va sortir notre dernière connerie et... ZIP ! T'ES MORT. En fait, tout ce fracas n'aura peut-être existé que pour l'avènement de The Beauty of Falling Leaves et Our Raw Heart liés par ce pont, ce dernier hoquet mouvementé de Original Face et ses solos de guitare. Je pourrais m'arrêter là. Mais je me sens bavard, désolé. Donc ben allez : c'est le slow d'une demi-heure qui tue quand vous avez hurlé pendant une demi-heure. C'est la ballade qui tue. C'est une demi-patte qui gigote tandis que l'autre se tord de douleur, c'est un oeil qui se ferme et l'autre qui se fronce, une narine qui palpite et un peu de soleil qui passe à travers les rideaux. Enfin, c'est bien tout ce que vous voulez encore, mais en tant que représentant de l'espèce humaine, je peux affirmer que cette fin d'album me troue le fion. Voilà. Et pourtant j'ai tendance à devenir de plus en plus blasé. Donc, allez, je me lance : j'ai comme l'impression que se dessine dans ce dernier Yob un très grand et bel album, très nuancé, d'apparence simple mais tout PLEIN. Et moi, ma conclusion ? Alors oui je deviens extrêmement bon public envers les musiques que j'ai l'habitude d'écouter, ce qui confirmerait que je tourne en rond, que ce soit dans le doom ou le death, et un peu comme le doom ou le death peut-être que je me pose beaucoup de questions vaines ? Hein ? Bon. Mais peut-être, après avoir lu ou non ce texte trop long, peut-être écouterez-vous cet album, et peut-être, on ne sait jamais, peut-être serez-vous aussi touchés par cette sensation de dignité, d'honneur et de classe qui émane de ce groupe et de sa boussole, le décidément Gigantesque Mike Scheidt.

note       Publiée le lundi 18 juin 2018

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Coltranophile › vendredi 20 juillet 2018 - 13:58  message privé !

Pas assez fin connaisseur du sieur Townsend pour pouvoir me prononcer sur le sujet. Pour moi, y'a clairement un coté "Neuro"-tique, période entre "The Eye..." et "Given....", le coté guerrier enlevant l'armure et qui se retrouve plus fébrile qu'un gosse. Ca larmoie tout de même beaucoup. Mais ça a son charme.

saïmone › mercredi 18 juillet 2018 - 13:30  message privé !
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Les riffs c'est abusé quand même non ? C'est du Accelerated Evolution, mais désaccelerated

Coltranophile › mercredi 18 juillet 2018 - 11:00  message privé !

Ca chouine impérialement bien sur "Ablaze". Dans le genre rockeur au grand coeur, Julien Clerc n'a qu'à bien se tenir.

saïmone › mardi 17 juillet 2018 - 21:47  message privé !
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Sympa ce virage Devin Doomsend

torquemada › samedi 30 juin 2018 - 13:25  message privé !

Reçu hier, aucune déception. Pourquoi je m'y suis pas interessé plus tôt ?

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