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Altın Gün › On

cd | 10 titres | 39:12 min

  • 1 Tatlı Dile Güler Yüze [reprise de Neşet Ertaş] [2:45]
  • 2 Kırşehır'in Gülleri [3:25]
  • 3 Goca Dünya [reprise de Orhan Gencebay] [4:00]
  • 4 Halkalı Şeker [3:42]
  • 5 Caney [4:42]
  • 6 Şad Olup Gülmedim [reprise de Neşet Ertaş] [4:02]
  • 7 Cemalım [reprise de Ürgüplü Refik Başaran via Erkin Koray] [4:03]
  • 8 Çiçekler Ekiliyor [reprise de Neşet Ertaş] [3:26]
  • 9 Kaymakamım Kızları [2:52]
  • 10 Şeker Oğlan [6:15]

extraits vidéo

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enregistrement

Mixé par Jacco Gardner. Masterisé par Amsterdam Mastering.

line up

Merve Daşdemir (chant), Erdinç Ecevit Yıldız (saz, claviers, chant), Ben Rider (guitare), Nic Mauskoviç (batterie), Jasper Verhulst (basse), Gino Groeneveld (percussions)

remarques

https://lesdisquesbongojoe.bandcamp.com/album/on

chronique

Styles
folk
rock
psychédélique
world music
Styles personnels
anadolu pop revival

Ces petites voix qui vous reviennent comme des fantômes. Ces mots écrits sur des façades de magasins dans une langue qui contracte l’espace et vous projette ailleurs. Le temps qui se réduit et c’est retour au bercail, par le truchement d’un sentiment enfoui qui affleure à nouveau. Comme ces gens qui habitent ces maisons à l’architecture qui ne leur appartient pas, on est déporté par une mélancolie profonde. Pas l’hüzün, car vous n’êtes pas du pays. Impossible appropriation culturelle sentimentale, encore moins effleurement d’un cafard vaguement exotique. Cette sensation bien physique, c’est la cicatrice atroce et doucereuse de la familiarité. Ces voix je les ai déjà entendues ailleurs, ces mélodies me sont moins que jamais étrangères… Il me semble bien reconnaitre ici un morceau de Orhan Gencebay repris par Erkin Koray. Ce chant doux sur fond de saz électrique m’évoque les chansons de Feridun Hürel, cette rythmique effrénée et envoutante est bien celle qui accompagnait mes déambulations dans les rues de Rasimpaşa. Seulement quelque chose s’est décalé. Le temps, l’espace. La diaspora turque fait qu’on peut se trouver une petite Istanbul un peu partout en Europe. De-ci de-là, une nouvelle génération se replonge dans l’anadolu pop, celle de leur enfance, de leurs familles. A Neukölln ou à Amsterdam, un revival du folk-psyché d’un certain âge d’or reprend des multi-couleurs. C’est avec des compagnons de Jacco Gardner que se fonde Altın Gün, le Jour Doré, un nom qui évoque sans y penser sans doute le fameux Altın Microfon où se sont pressés tous les fondateurs d’une scène dans laquelle la formation viens piocher aujourd’hui son inspiration. Refaire de l’anadolu pop aujourd’hui, pourquoi pas ? Moi je les connais les références, on ne me la fera pas. Pour toujours barré du chemin de la langue, quand bien même les traductions approximatives, ce sont ses oscillations, ses vibrations, ses ondulations qui résonnent encore d’autant plus que l’excellence des sources et du traitement me saute aux oreilles. La familiarité a son versant agréable, doux, excitant même, celui de s’y retrouver soi-même. Quel culot d’ailleurs d’oser reprendre avec un brio indiscutable l’immense « Cemalım » immortalisé par Erkin Koray, je revois encore ma partenaire de danse ce soir-là ne pas en revenir. C’est avec la voix de la chanteuse Merve Daşdemir que Altın Gün prend le contrepied, touche plus sensuelle renforcée par l’utilisation de claviers süper-psychés en lieu et place des guitares de Koray. Tempo plus nerveux aussi, comme il en est le cas sur la plupart des morceaux, dont plusieurs classiques du répertoire de Neşet Ertaş passés au filtre d’un folk psychédélique dansant, aux limites parfois d’une rythmique funk, cette guitare qui cingle comme il se doit, ou de l’approche plus pop percussive des 3 Hür-El. Toute ce qui faisait le sel de l’anadolu pop des sixties et seventies en somme. Avec un pur morceau folk en apesanteur où Erdinç Ecevit Yıldız, l’autre authentique voix turque du groupe, s’attaque au "Şad Olup Gülmedim" de Neşet Ertaş, toujours, de la plus belle façon qui soit, tout en douceur et subtilité. Le temps de souffler avant de reprendre les chants à danser, comme ce « Şeker Oğlan », traditionnel de la région d’Ankara transformé en génial space-funk hypnotique qui trahit l’influence bienveillante du grand Barış Manço, avec ce long solo de clavier cosmique sur ligne de basse discoïde et claquements du bout des doigts. Les voilà, ces petites voix, ces petits airs, ces petits mots qui resurgissent sans crier gare, où qu’on soit. Doux et amers. A d’autres d’en faire bons usages désormais…

note       Publiée le jeudi 24 mai 2018

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(N°6) › samedi 26 mai 2018 - 21:10  message privé !
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Vintage, oui dans le son très inspiré de l'âge d'or mais pas que, et surtout y a une vivacité dans cette musique, par les sources mêmes (globalement la chanson folk populaire turque, anonyme ou non) qui fait que ça dépasse largement le cadre de la rétromania.

Note donnée au disque :       
Rastignac › samedi 26 mai 2018 - 18:19  message privé !
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Ok, je me le suis envoyé. C'est stupéfiant. Et très vintage. J'ai l'impression de m'être transformé en pattes d'ef de velours bordeaux... ps : ça me rappelle les mixes de Thievery Corporation dans le genre madeleine de prout.

Rastignac › vendredi 25 mai 2018 - 00:55  message privé !
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Je n'ai pour l'instant vu qu'une affiche de concert sur le gougueul, mais vu qu'il y a une photo de Cüneyt Arkin dessus qui fait son high kick légendaire je vais écouter cet album !

Quant aux correspondances entre mémoire et ritournelles, je vis ça tellement souvent que je veux confirmer ce que semble dire la chronique à ce propos, au moins dans l'introduction. Un air qui passe, et paf ! Nous voilà pas rendus. Y a tout qui rapplique. "Bons ou mauvais, on en garde un souvenir impérissable".

Klarinetthor › vendredi 25 mai 2018 - 00:37  message privé !

ah merde, les 6 boules jaunes c'est pour juger du physique? guts vient de rentrer dans les années 2010 d'une seule bourrasque.

Note donnée au disque :       
glaire › jeudi 24 mai 2018 - 17:28  message privé !

Le gratteux est hideux et aussi inutile en live que sur disque ! Erdinç Ecevit est fabuleux et le bassiste ultra funky. Goca Dünya ! Beau groupe hommage à ce pays et à sa musique extraordinaire.