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Sleep › The Sciences

cd | 6 titres | 53:00 min

  • 1 The Sciences [03:03]
  • 2 Marijuanaut's Theme [06:39]
  • 3 Sonic Titan [12:26]
  • 4 Antarcticans Thawed [14:23]
  • 5 Giza Butler [10:02]
  • 6 The Botanist [06:27]

enregistrement

Enregistré par Noah Landis au Sharkbite Studios. Mixé par Noah Landis. Masterisé par Bob Weston au Chicago Mastering Service.

line up

Al Cisneros (basse, voix, pipe à eau), Matt Pike (guitare), Jason Roeder (percussions, batterie)

remarques

Sorti en vinyle, cd, fichier numérique téléchargeable.

chronique

Styles
metal
metal extrême
rock
Styles personnels
sorti le 20 avril évidemment

Quoi de mieux pour vivre la vie comme on veut que le SOMMEIL ? C'est simple ! Le sommeil cumule tous les avantages : on recrée nos propres problèmes mais en mieux, on les pare de plumes d'oie, de casques d'astronautes, on remplit le paysage de titans vaporeux, on refait le match, on ne se laisse pas abattre par LEUR réalité, on construit la notre avec l'aide de Santa Ganja qui, comme tout bon stupéfiant, sait mimer l'impression que l'on contrôle quoi que ce soit dans ce boxon intégral que certains appellent le monde, d'autres l'enfer ou le paradis ou mon cul c'est du poulet. Et Sleep me direz-vous ? Oui, eux aussi ils étaient en sommeil depuis un moment. Il y avait bien ces concerts avec le batteur de Neurosis aux baguettes remplaçantes, mais j'ai toujours vu ces prestations comme de simples cachetons pour vieux cannabinomanes ayant un trou dans leur emploi du temps : High on Fire de Matt Pike, ça prend de l'énergie, Cisneros, c'est à se demander s'il n'était pas parti dans un monastère comme leur ex-compère Justin, et Neurosis c'est pas tous les jours les vacances à Ibiza à siroter des caïpirinhas les doigts de pied en éventail devant un parterre de filles en bikini ET vachement bien tatouées ! Non, ce n'est pas comme ça qu'on va faire un album de Sleep. Alors, comment qu'on fait ? Ben ils ne se sont pas cassé le cul, tout simplement ! Et ils ont fait ce qu'ils savent déjà faire. Je vous fais le tour du proprio alors ? Allez, donc un morceau qui ressemble à du OM du temps du premier album, le chant cisnerien bien articulé qui va avec - ("Marijuanaut's Theme"), avec des solos qu'on croirait sortir de Dopesmoker, notamment le deuxième solo, celui qui arrive au moment de l'entrée dans le sommeil paradoxal... Ils enchainent mollement avec un morceau de Sleep qui date du millénaire dernier - "Sonic Titan", auparavant seulement disponible en version live sur le fabuleux Dopesmoker déjà cité... que je trouve ici moins éclatante, encore plus pataude... ce morceau à la fin de L'Album était le petit saut de cabri qui fait se relever du sofa après un bon petit moment passé à somnoler ! Là, je suis empâté, je suis fatigué. Ce Sonic Titan c'est vraiment de la purée avalée avec force, sous la contrainte d'un gros dealer de poudre lunaire, et moi, je refuse. Il faut savoir dire non. S'ensuit quelque chose que je qualifierais d'easy listening sleepien, avec phrasé omien, riff plus du tout Iommien, à la gloire de Butler car sans alcool la fête est plus folle. Ces morceaux passent très bien, c'est juste qu'ils passent trop bien, ils meublent, même s'ils vont bien dans la pièce, ou bien renvoient trop au passé, et m'embêtent un peu... J'entends que de toute façon la musique suffit à être stupéfiante chez Sleep, même si ça ne parle que de sativa, mais en fait non, pas toujours : juste sur Dopesmoker, ici, ça gratouille tranquille, avec des petits moments introspectifs semblant empruntés tranquillement à Colour Haze ou autres rejetons des jams interminables de quand nos tontons avaient la gnaque, l'envie, le talent d'étirer des thèmes toute l'après-midi. Avec gros emprunts à la discographie de Om, enfin surtout "Variations on a Theme", comme si Cisneros n'avait plus qu'une manière de dire les choses, emportant dans son sillage la déglingue de Pike, la puissance de Roeder, et un peu aussi ma patience... Vous avez compris, j'ai moyennement aimé ce "retour" de Sleep. Ces solos recyclés, ces morceaux auxquels il semble manquer des bouts de grandiose. Ces lignes de basse redites. J'attendais peut-être un moment donné un retour de OM, et là il revient un peu comme un Sleep plombé par le poids des âges et des burgers de 3 heures du matin, vous voyez l'équation ? Il faudra attendra la fin de l'album pour se mettre à écouter quelque chose de frais, avec des arpèges et des solos de hard rock, ce qui reste d'épique dans le doom avec "The Botanist", qui rechope cette beauté naïve que j'aimais dans Sleep, cette nudité devant le cosmos, l'après-midi quand tous les amis ont trahi votre confiance, quand tout espoir en quoi que ce soit s'est évaporé devant la stupidité et l'entropie, une dernière bulle de musique avant le néant, la perte de repère totale... Cette tristesse mêlée de béatitude aura duré un instant, et cet instant va, je le garderai au fond de mon foie quand de temps en temps je repasserai le fil de la vie pour voir pourquoi, mais pourquoi je me suis tué à recréer le monde par frustration, sans me dire un instant que je ne faisais que ce que cette même société humaine me disait de faire, comme un perroquet, comme un gamin qui se coud des patches Black Sabbath sur les manches de sa veste en jeans juste pour ressembler à lui-même, ne pouvant voir qu'il est le clone d'un million d'autres consommateurs de substances ou d'ondes plus ou moins utiles pour prendre du gras et s'ennuyer moins fort.

note       Publiée le mardi 22 mai 2018

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boumbastik › jeudi 24 mai 2018 - 21:38  message privé !

Le côté culte de Dopesmoker m'avait poussé à l'essayer y'a une bonne dizaine d'années et ça ne m'avait pas accroché. Aucun souvenir, à part que ça ne semblait jamais démarrer. The Sciences est bien passé (son plus clair, morceaux plus "faciles", lignes de basse soyeuses), sympa sans être génial. Du coup je retente Dopesmoker. Je vais aimer, c'est quasi certain. Déjà que le live au Hellfest 2013 (sur YT) est excellent.

Note donnée au disque :       
saïmone › jeudi 24 mai 2018 - 17:16  message privé !
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La moitié de l'album, c'est du Sleep de croisière, on va surtout pas s'en plaindre. L'autre moitié j'en ai aucun souvenir, ce qui n'est pas bon signe...

Hallu › mercredi 23 mai 2018 - 15:33  message privé !

Sonic Titan ils l'ont raté clairement. Ça n'a rien à faire là, le riff originel était simple et efficace. Là ils rajoutent des tonnes de fioritures, et ce qu'on aimait et attendait du riff disparaît... C'est frustrant.

Klarinetthor › mercredi 23 mai 2018 - 12:02  message privé !

c'est carrément lisse cet album. Le son est propre et pas adapté à Sleep je trouve. Je n'en retiens vraiment rien pour l'instant

Note donnée au disque :       
Rastignac › mercredi 23 mai 2018 - 11:12  message privé !
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Oui, j'en ai pas trop rajouté sur le côté "la weed c'est bon", mais je trouve ça également bien nanard. Dopesmoker avait atteint un optimum à ce sujet, mais ce disque est un tel chef d'oeuvre à mes oreilles qu'il est bien excusé (et puis il devait être bien mieux travaillé j'imagine).

Et en effet, si vous cherchez sur le web, le disque est encensé, que ce soit dans la presse spécialisée métal, voire très spécialisée stoner (the obelisk, slowend, etc.) comme les autres (pitchfork, etc.), et même les blogs, youtubeurs... en fait, je n'ai pas encore trouvé de critique "moyenne" ou "négative" de ce disque.

Note donnée au disque :