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Pavlov's Dog › Pampered Menial

cd | 9 titres | 33:42 min

  • 1 Julia
  • 2 Late November
  • 3 Song Dance
  • 4 Fast Gun
  • 5 Natchez Trace
  • 6 Theme From Subway Sue
  • 7 Episode
  • 8 Preludin
  • 9 Of Once And Future Kings

line up

David Surkamp (chant, guitare rythmique), Steve Scorfina (guitare solo), David Hamilton (orgue, piano, synthétiseur), Doug Rayburn (mellotron, flûte), Siegfried Carver (violon, alto, vi-tar), Rick Stockton (basse), Mike Safron (batterie, percussions)

chronique

Pavlov's Dog est un des groupes les plus flamboyants et pathétiques des seventies. Un romantisme capiteux, plein de parures mais jamais noyés sous elles, une faculté rare à être gracieux en frôlant sans cesse le ridicule avec panache, et un talent indéniable pour faire chouiner dans les chaumières, en déployant une suite de scénettes comme autant d'opéras miniatures aux décors scintillants... Pavlov's Dog n'avaient pas peur d'y aller à fond dans ce qu'on appelle communément le kitsch. C'est la passion sincère de leur musique qui, à mon sens, les sauve du coffre sans fond qu'on réserve aux groupes-curiosités-babioles. Pampered Menial mérite bien mieux que de finir ses jours dans un carton de vide-grenier laissé en friche par son propriétaire, avec de la chienlit type Kansas qui pousse un peu partout. Le prog déployé par Pavlov's Dog a la fluidité d'un nectar, malgré sa richesse digne d'une pâtisserie française. Peu ou point ici de cet effet "ça tombe comme un cheveu sur la soupe". Dans un seul élan Pavlov's Dog peuvent évoquer six, dix groupes différents, sans jamais sonner dépareillés. Quant à leur vocaliste, l'inénarrable David Surkamp, il est l'un des chanteurs les plus maniérés et originaux de l'ère post-hippie. "On aime ou on déteste", selon l'adage bien connu. Sa voix immédiatement reconnaissable, aussi androgyne que grandiloquente, les a peut-être privés du succès - encore que, si vous voulez mon avis, Supertramp étaient bien plus laids ! Si vous êtes de ceux qui ne jurent que par la philosophie du "less is more", il faudra tout de même éviter de vous confronter à ces impudiques chevrotements d'amoureux transi, aussi décomplexés que les bêlements à venir d'un John Lydon ou le lyrisme exacerbé d'un Daniel Balavoine. Pourtant, même sans Surkamp, Pavlov's Dog seraient déjà un groupe à part. Leur style très "Poètes disparus", comptant fleurette au crépuscule avant que la danse de Saint-Guy ne les prenne sous la pleine lune, s'exprime aussi grâce à l'armada d'outils tire-larmes en leurs possession : violon, clavier, orgues, mellotron (j'avoue une faiblesse pour le son de cette formidable machine, sans qui bien des albums bénis des seventies perdraient de leur magie). Instruments qui se mêlent tour à tour à des éléments pastoraux, hard rock, médiévaux ou folkloriques les rapprochant tout à la fois de Genesis, Uriah Heep, Gentle Giant ou Jethro Tull... Leur unique tube, "Julia", est une fort jolie chanson, qui sent bien bon comme une éternelle tarte aux pommes maison tout juste sortie du four, mais elle n'éclipse en rien des pièces-montées magnifiques comme "Late November", "Song Dance" ou "Fast Gun". Tous les titres de Pampered Menial rivalisent comme point d'orgue de l'album. "Episode" est d'une mélancolie pure pouvant se mesurer aux passages les plus émouvants d'In The Court of The Crimson King. Les atours de Pavlov's Dog étaient manifestes, leur pop progressive fleurissant en mille moments bucoliques, épanouie, gambadant avec aisance entre le printemps et l'été, virevoltant entre plusieurs mondes qu'elle fait siens à tour de rôle, le temps d'une parade passionnée, digne d'un paon atteint du syndrome de Clérambault.

note       Publiée le jeudi 5 avril 2018

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Bernard › mardi 10 avril 2018 - 15:23  message privé !

Oh purée! J'avais complètement oublié ce groupe! Des vieux souvenirs d'un passé lointain. Faut que je réécoute cet album pour voir comment je le perçois aujourd'hui. Merci pour la piqure de rappel!

Rastignac › vendredi 6 avril 2018 - 09:29  message privé !
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I plussoie. J’ai écouté, le chanteur ! On dirait un petit peu le gars de Rush, en plus androgyne.

Raven › vendredi 6 avril 2018 - 02:48  message privé !
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Où ai-je descendu la pâtisserie française ? L'accusation est gravissime !

Note donnée au disque :       
mangetout › jeudi 5 avril 2018 - 16:51  message privé !

Ouah même la chronique est nostalgico-mélancolique !

J'aime beaucoup cet album, la voix ne me dérange pas du tout, la trouvant très proche d'un mix entre Grace Slick et Paul Kantner (ce qui arrive souvent sur les albums de Jefferson Airplane). De la très bonne pop avec des bouts de l'air du temps d'alors (très progressivo-hippie).

Entièrement d'accord avec toi pour le mellotron (qui tapisse aussi un album comme "Architecture & Morality" d'OMD dans un autre genre).

Par contre je m'insurge contre ce systématisme à descendre la pâtisserie française, étant un grand défenseur de ses dignes représentants, foi de Paris-Brest !