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Godflesh › Post Self

cd | 10 titres | 46:38 min

  • 1 Post Self
  • 2 Parasite
  • 3 No Body
  • 4 Mirror of Finite Light
  • 5 Be God
  • 6 The Cyclic End
  • 7 Pre Self
  • 8 Mortality Sorrow
  • 9 In Your Shadow
  • 10 The Infinite End

line up

Justin K. Broadrick (tout sauf la basse), G.c. Green (la basse)

chronique

Styles
indus

Post Self s'impose au premier contact et plus encore après comme un classique-né, nu, et dru. L'un des Godflesh les plus vifs, les plus cinglants... et en même temps l'un des plus beaux. Sa musique écrase, autant qu'elle fait rêver. Post Self a ce quelque chose de pur et de naïf, à l'image des intitulés choisis pour les morceaux ; à l'image de Justin Broadrick. Le single épo attaque direct, comme une morsure, maximaliste et totalitaire, à grandes laminations virulentes ponctuées par des feulements distordus de panthère du Chaos qui instillent en moi l'envie soudaine d'écraser un crâne à mains nues. Godflesh domine plus loin sur "Mortality Sorrow", ou LE tube loboto-absolu, mu par un groove de pacificateur suprême en combinaison immortelle mission commando, sa basse primordiale qui fore les méninges, et son riff supra-alien ultra-scintillant tellement inhumain qu'on ne sait plus trop si c'est un riff en fait, ou tout autre chose... Zen, et Féroce... Raaah ! Ce Son ! Ce son hallucinatoire, soudé aux enceintes... Ce son à la datation carbone impossible... Ce son basique et beau comme les mots "Relief" ou "Volume". Godflesh is Back !!! Et son Post Self se réécoute, se réécoute, se réécoute... Jusqu'à ce qu'on le sente comme dans notre organisme, presque présent... qu'on ne sache plus s'il y était déjà, depuis des années, stocké dans nos nerfs et nos vaisseaux sanguins, rampant entre nos cellules tel un prion scélérat. C'est aussi bandant que du bon Cronenberg, ouais. Tous les projets de Justin Broadrick, qu'ils soient antichambres ou ramifications, semblent ici se rejoindre dans le cœur du réacteur, machine-Vie, où le limpide absolu rejoint le flou incertain. On entend sans surprise sur Post Self les ombres (oui, quand on écoute du bon Godflesh on peut entendre une ombre - balèze, non ?) des différents projets de J.B., autant que celle de son influence la plus manifeste... Mais ce n'est pas autre chose que du pur Godflesh. Post Self, qu'il soit épitomé ou réincarnation, est d'une efficacité et d'une fraîcheur rien de moins que redoutables. Pour ce qui était vendu comme du pur fan-service, j'appelle ça une branlée. Broadrick n'a pas usé que du rétroviseur et de la lunette de visée (même s'il a verrouillé sa cible) : il a évolué, et il a créé, riche de ses expériences multiples (on dirait que j'écris un C.V. putain) une nouvelle forme abstraite, magnétique. Et mortelle. Nous réservant pour la fin rien de moins que le ciel de cette pochette transformé en son. Une pure beauté. Post Self n'a rien à voir avec le précédent album avec son intitulé trop long, qui est nul, c'est pour ça que je l'ai jamais écouté. Alors qu'en découvrant cette photographie monolithique, super-sereine et super-austère... j'avais envie de savoir... je savais peut-être déjà. Je voulais entrer en contact avec la statue, et je n'ai pas été déçu par son message aveuglant... Post Self m'obsède, encore et toujours. M'apparaissant comme un totem industriel total de plus à mettre au crédit de sir Justin K. Broadrick. Shoegaze ? Il y en a aussi, de cette matière-là (rappelant à qui l'aurait oublié que "Chair de Dieu" = Jésus ?) Même si, comme vous pouvez vous en douter, cela n'a pas grand chose à voir avec le shoegaze usuel des pimprenelles qui se demi-doigtent, ces moments plus "apaisés" vous emmenant un peu plus loin que dans le monde de gros nounours, qui a de toute façon été carbonisé depuis longtemps par les rayons atomiques au point d'être réduit à l'état de cendres s'effritant dans le coin d'un bunker traversé par les vents glacés, tandis que le marchand de sable plane en dealer de mort sur son nuage radioactif, répandant la chaux vive sur une marmaille à jamais silencieuse... Ouais, cousin. Broadrick est revenu. Et il est le maître absolu - et serein - de ce pur son du débris tellurique contrôlé entre air et glace, laser et chair, métal et cristal, et il est Le Rêveur de ces futurs possibles, aussi tragiques que des océans. Pourvoyeur de souvenirs brouillés comme la neige des vieux téléviseurs. Déclencheur de visions mêlant carnages et méditations sous un ciel bleu cobalt.

note       Publiée le mercredi 4 avril 2018

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Note moyenne :        12 votes

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Kagoul › jeudi 19 avril 2018 - 09:44  message privé !

Fabuleux ce dernier Godflesh ! j'en reviens pas :-) ça fait du bien.

sol740 › mardi 17 avril 2018 - 14:01  message privé !

Adoré les premières écoutes. Maintenant je ne l'écoute plus. Dispensable donc.

Demonaz Vikernes › vendredi 13 avril 2018 - 14:34  message privé !

Jamais été un grand fan du groupe, mais les prestations que j'avais pu voir autour de 2014 étaient assez désastreuses.

Bernard › vendredi 13 avril 2018 - 12:51  message privé !

Ah bon???

Note donnée au disque :       
saïmone › vendredi 13 avril 2018 - 11:43  message privé !
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Pas vraiment écouté l'album, mais vu le concert d'hier soir, je risque pas de m'y intéresser