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Hayvanlar Alemi › Guarana Superpower

cd | 14 titres | 61:13 min

  • 1 Bahar Patlatan [4:36]
  • 2 MEGA Lambada [traditionnel bolivien] [3:00]
  • 3 Welcome to Sunny Australia [4:28]
  • 4 Stamina [3:14]
  • 5 Hayalgücü Spor Kulübü [3:49]
  • 6 Mavi Sepet [traditionnel cambodgien] [2:38]
  • 7 Guarana Superpower [6:35]
  • 8 Karpuzkafa 777 [2:40]
  • 9 Snakesurfing [1:37]
  • 10 Neptune Sunset Casino [4:13]
  • 11 Akışkan Misafirler İki [2:46]
  • 12 Ineffable Dresscode [3:13]
  • 13 Güve Diskosu [traditionnel (?) russe] [4:24]
  • 14 Yılanlar Zamanı [14:00]

extraits vidéo

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enregistrement

Morceaux enregistrés à Raven Studios, Ankara, entre 2007 et 2009.

line up

Özüm İtez (guitare, stylophone 4, mandoline électrique 6, basse), Işık Sarıhan (batterie, mandoline électrique 12, percussions), Hazar Mutgan (basse 3, 13), Gökçe Başar (guitare 5, 11, 13)

remarques

L'album est sous-titré : Selected Works from 2007-2009

chronique

Styles
rock
psychédélique
garage
musique improvisée
world music
Styles personnels
super-surf-psyché d'orient

Premier indice : cette compilation du groupe d’Ankara Hayvanlar Alemi regroupant des titres d’albums, d’EP et des inédits enregistrés entre 2007 et 2009, est éditée par Sublime Frequencies, le label fondé par Alan Bishop. Deuxième indice : on y trouve notamment une interprétation particulièrement bien secouée d’un air bolivien qui avait connu un succès mondial dans une version brésilienne à base de mouvements de hanches en forme de cul de bouteille de boisson gazeuse à l’orange. Troisième indice, il n’y a que deux loustics psychédéliques sur la pochette alors que le groupe est bel et bien un quatuor. Alors quoi ? Alors oui, Hayvanlar Alemi, après un premier album aussi intéressant qu’hasardeux, s’est re-concentré sur une approche qui en font un peu de lointains descendants des Sun City Girls : le même goût pour les musiques d’ailleurs, d’un peu partout sauf de là où on s’emmerde à jouer toujours les sempiternels accords sur des rythmiques binaires, la même teneur en riffs arrachés aux griffes de l’inspiration du moment, un minimalisme dans la formule qui est d’autant plus accentuée ici alors que la plupart des morceaux sont joués uniquement par le duo du guitariste Özüm İtez et du batteur Işık Sarıhan, les deux autres membres n’apparaissant qu’en toute petite intermittence. Ce qui n’empêche pas l’intensité, au contraire, la guitare farouchement orientale, parfois jusqu’à l’extrême (Orient, j’entends bien) et les rythmiques riches en rebondissements et tons multipliés de percussions tricotent sur des thèmes envoutants des morceaux qui tirent vers l’improvisation. Un son chaud, ensoleillé (un des EP dont sont tirés certains morceaux ne s’intitule pas « Hayvanlar Alemi en vacance » pour rien), parfois brûlant (autre titre de recueil : « 666 », avec artwork cramé), qui plonge dans les racines d’un surf-rock plutôt glissé sur les lames du Pacifique Sud. Influence notable, le rock psyché cambodgien, dont se repaissent ces jeunes turcs avec une reprise affolante d’un traditionnel sur « Mavi Sepet », où se disputent une mandoline électrique et des tintinnabulements de cloches pour effet perte-de-controle immédiat, où quand ça ondule ça ondule sévèrement. Pas question d’oublier des accords plus anatoliens, « Karpuzkafa » rappelle les grandes heures du Swinging ‘Stanbul des sixties, avec un son qui pousse bien le vumètre dans les zones les plus dangereuses du mercure, faire bien revenir les nuggets du garage-rock turc aux épices post-punk. C’est qu’il y a aussi des parfums modernes qui se diffusent, la bande-sonore du « Neptune Sunset Casino » évoquerait une approche presque new-wave d’un rock extrême-oriental, à la fois mélodique et rugueux. Avec toujours cet aspect improvisé, presque cacophonique sur les bords, qui ressort d’autant plus quand le groupe, plutôt le duo, s’y lance à corps perdu à la façon de jazzmen. Sur le morceau éponyme par exemple ou les quatorze minutes finale de « Yılanlar Zamanı », où après développement d’un thème, surf-western dramatique pour ce dernier, chacun lâche la bride à son instrument, déconstruisant mélodie et rythmique dans un dialogue insensé plein de borborygmes et éructations qui cette fois évoquent vraiment les grandes heures des frères Bishop et de Charles Gocher, vocaux en moins. Car Hayvanlar Alemi reste un groupe strictement instrumental, les créateurs d’un surf-rock tordu et psychédélique inspiré un peu moins par la Californie que par les quatre coins du monde, jusqu’à la grande Russie (ils avaient d’ailleurs rendu hommage à l’écrivain Stanislas Lem sur leur premier album) où ils picorent une autre mélodie anonyme, en bons ethnologues défoncés, pour leur « Güve Diskosu » aux échos quasiment dub, une des rares occurences où le quator se retrouve au complet, un tour de force qui vrille le cervelet. Voilà donc une occasion en or pour l’Occident de découvrir une des formations les plus singulières de l’underground turc de ces dernières décennies, quitte à s’y brûler un peu la langue. C’est que l’acide, ça picote.

note       Publiée le mercredi 28 mars 2018

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