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Le Cose Bianche › Tutti quanti sognano porno (compiuti i dieci anni)

cd | 13 titres

  • 1 Calvario
  • 2 Tutti quanti sognano porno
  • 3 L'ultimo cinema porno di Roma
  • 4 Al servzio delle pulsioni di morte
  • 5 Sul perpetuarsi del concetto di libido
  • 6 Destrudo
  • 7 Vibo e coito per te
  • 8 Politaflesh
  • 9 Sincope di castrazione
  • 10 Identificazione di una donna
  • 11 Dimenticare il Gianicolo
  • 12 Non cercare di riunire ciò che il dolore ha separato
  • 13 Porno Si. Nudo No

extraits vidéo

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line up

Giovanni Mori (voix, basse, électronique, effets)

Musiciens additionnels : Eraldo Bernocchi (guitare additionnelle), Egle Sommaci (guitare additionnelle), Francesco Perizzolo (synthé), Andrea Chiaravalli (voix), Maurizio Bianchi (bruit de piano), OtRoM (bruits), Passed (percussions)

chronique

Eros/Thanatos…Version hard…’Ils rêvent tous de porno’, c’est dit. Le romantisme est-il mort ? C’est plus complexe, où s’arrêtent les limites des territoires ? ‘Le porno, oui, le nu, non’…C’est comme ça, la société devra bien se poser la question, surtout à l’ère Facebook où l’on censure plus promptement des oeuvres d’art centenaires que des torrents de conneries et des pages haineuses au nom de la liberté d’expression. Giovanni Mori parle, questionne, assène ses mots. Il pourrait les hurler sur fond de larsens. Il n’en fait rien, il ravale sa colère, même si elle suinte de son timbre glacial et plutôt que de se contenter de produire un power electronics bateau, il opte pour des bases electro, rock, qu’il passe au crible indus. Un beat, quelques accords de guitare inquiétants, qui se mâtinent de quelques grincements, des sonorités obscures, un zeste de saturation mais jamais d’abus. Luce Sia s’est révélé spécialiste dans l’art de dénicher des artistes sans compromis mais qui se refusent à se placer du côté extrême de l’art (musicalement, parce que philosophiquement...), préférant l’ambiguïté ou la nage entre deux eaux. Cet album ne déroge pas à cette tradition. Il pourrait avoir été enregistré dans une cave face à une caméra qui tourne tandis qu’un type en cagoule délivre son message à la société, un message d’avertissement et de condamnation à la fois (sauf qu’il est ici accompagné de la crème de l’indus italien, regardez la liste des collaborateurs). Voilà qui rend le disque un peu linéaire, c’est son défaut, surtout que ceux qui n’y entendent rien dans la Langue de Dante passeront à côté d’une partie de sa portée; c’est également ce qui lui confère sa cohérence et une atmosphère, bien spéciale; ni haineuse, ni froide, ni saturée, ni aisément accessible, quelque chose entre-deux, de très organique et de désincarné à la fois…Quelques samples bien choisis auraient sans doute apporté un plus mais l’artiste a opté pour d’autres techniques. A écouter dans le noir à la seule lueur d’un néon blafard histoire s’en savourer toute la saveur toxique et étouffante.

note       Publiée le jeudi 1 mars 2018

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