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Angelo Badalamenti and David Lynch › Twin Peaks Music: Season Two Music and More

cd | 22 titres | 75:01 min

  • 1 Love Theme Intro [2:21]
  • 2 Shelly [2:17]
  • 3 New Shoes [3:48]
  • 4 High School Swing [1:51]
  • 5 Hayward Boogie [2:16]
  • 6 Blue Frank [5:10]
  • 7 Audrey's Prayer [2:10]
  • 8 I'm Hurt Bad [2:30]
  • 9 Cop Beat [1:56]
  • 10 Harold's Theme [1:42]
  • 11 Barbershop [1:25]
  • 12 Night Bells [2:47]
  • 13 Just You [3:36]
  • 14 Drug Deal Blues [3:08]
  • 15 Audrey [2:26]
  • 16 Josie and Truman [4:32]
  • 17 Hook Rug Dance [2:24]
  • 18 Packad's Vibration [2:39]
  • 19 Half Heart [5:31]
  • 20 Laura's Dark Boogie [5:01]
  • 21 Dark Mood Woods / The Red Room [9:01]
  • 22 Love Theme Farewell [2:34]

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré à Excalibur Sound sauf "Blue Frank" (6) enregistré à Capitol Recording et "Abstract Mood" (12), "Just You" (13) et "Drug Deal Blues" (14) enregistré à Group IV Recording. Produit par Angelo Badalamenti & David Lynch.

line up

Angelo Badalamenti (claviers, synthétiseurs, piano, production), Vinnie Bell (guitare électrique), Ron Carter (contrebasse), Eddie Daniels (clarinette), Kinny Landrum (claviers, synthétiseurs), David Lynch (production, design sonore), Al Regni (clarinette), Grady Tate (batterie), Buster Williams (contrebasse), Eddie Dixon (guitare électrique), Dean Hurley (assemblage numérique)

Musiciens additionnels : Alicia Witt (piano 5), Don Falzone (basse 6), Steven Hodges (batterie 6), David Jaurequi (guitare 6), Andy Armer (claviers 6), James Marshall (chant 13), Lara Flynn Boyle (choeurs 13), Sheryl Lee (choeurs 13)

chronique

Styles
jazz
blues
rock
dark ambient
indus
musique de film
Styles personnels
unpretty fifties

Rien ne va plus à Twin Peaks. L’OVNI télévisuel de Frost et Lynch est acculé à la normalisation par ABC, les forçant à révéler l’identité du meurtrier de Laura Palmer. La saison 2 de la série qui a fait de son format une véritable oeuvre artistique sera mal aimée, y compris de son créateur qui la laisse tomber en cours de route avant de revenir pour un magnifique sabordage final. Du coup, tellement des musiques qui auront fait partie intégrante de cette bulle d’américana forestière resteront dans les cartons. Il faudra attendre que Lynch, probablement motivé par la création de son propre label pour éditer la bande-originale de Inland Empire, fouille ses archives et donne à entendre, un peu pêle-mêle, tous ces thèmes accolés à ces lieux et personnages aussi étranges que familiers, charmants que flippants. A l’image de cette deuxième saison, le résultat part un peu dans tous les sens et c’est en picorant que l’on retrouve la substantifique moelle de la série. Car à entendre certains morceaux, il est impossible de les re-situer dans leur espace-temps, à croire que le « and More » du titre indique une tendance au « y a un peu plus, je laisse ? » certe généreuse mais qui au final affaibli l’impact des compositions qui elles, se sont insinuées sournoisement dans les cerveaux des spectateurs. Sans parler de celles qu’il aurait fallu oublier, à savoir l’inénarrable « Just You » interprétée avec une voix de fausset ridicule par James Marshall, le motard beau gosse romantique à la James Dean, mais dont la niaiserie fifties liquoreuse précède dans l’épisode en question une des séquences les plus terrifiantes de la série (Bob faisant irruption dans le salon et se dirigeant tout droit vers Sheryl Lee et le spectateur). Effet de contraste garanti, sens de l’humour torve de Lynch. Ici, la ballade aux choeurs nunuches est précédé par la fameuse piste ambient au vibraphone qui flotte dans la Red Room, aussi merveilleuse qu’inquiétante « Night Bells », country-doom réduite à la portion congrue de notes s’écroulant dans l’écho d’un vide spectral. Le thème rêveur et un rien mélancolique de la belle Shelly, la gentille bombasse du Double R diner qui tombe toujours amoureuse des mauvais garçons, naturellement enchainé au très jazz-noir « New Shoes », seuls mots prononcés, la bave aux lèvres, dans une scène de comique horrifique par l’infâme Léo réduit à l’état de plante en pot; la ténébreuse atmosphère de « Blue Frank », dégoulinant de sexualité perverse, dérapage d’archets dissonants sur la contrebasse, riffs industrieux lâchés comme de la scierie des Packards, brouillage de signaux électriques, menant tout droit à la séquence de prière éthérée de Audrey prisonnière dans le redoutable bordel du One Eye Jack, tout en lamentation de synthés pathétiques; le lounge soyeux mais venimeux qui effleure la peau de Josie, femme fatale orientale pour lequel le Sheriff Truman n’en finit pas de tomber, amoureux et de haut, comme il se doit. Autant d’atmosphères qui imprègnent les labyrinthiques évènements dans lequel se débat ce bon vieux Coop. Mais en parallèle, des sous-intrigues tricotées par des scénaristes à la rescousse, des digressions malheureuses et fadasses, voire grotesques (ah, le coup de moto et de pelvis de ce bon James dans les bras d’une nouvelle égérie mortelle, plus flagrant hors-sujet de la saison 2), et autant de thèmes fifties gentillement niais qui rappelle que si Twin Peaks a toujours fonctionné aussi comme une sorte de parodie de sitcom, il était rattrapé dans ses plus mauvais moments (dont Lynch, alors démissionnaire, n’était plus responsable) par une sorte d’ABification. Ce « High School Swing » littéral ou ce « Drug Deal Blues » gentillet auraient tout aussi bien pu être calés sur une séance de repèt des *garçons*, ceux d’Hélène, ou sortir du juke-box de la cafèt de Premiers Baisers. Badalamenti n’hésitant pas à glisser sur le fil du rasoir, il risque alors de verser dangereusement du côté Gérard Salesses de l’idiome fifties du mythe américain. Heureusement, de sa boite à musique ne sortent pas que des illustrations de surface : la cauchemardesque « I’m Hurt Bad » tirée de ses Symphonies Industrielles fait deux irruptions dans la série (le jeu étant de les identifier), comme quoi le Double R a une playlist moins pastel que la tenue de ses serveuses. Le troublant Harold qui a, en français dans le texte, « une âme solitaire » et sa petite ritournelle incertaine aux claviers glaçés, le dark-jazz en suspens attribué au dramatique personnage d’Audrey, peste amoureuse prise dans une situation impossible ou encore une ré-interprétation crispante du thème de Laura Palmer, « Laura’s Dark Boogie », tout ceci rappelle au bon souvenir du spectateur effaré qu’il y avait encore dans cette saisons des moments de sidération aussi bien filmiques que musicaux. Et que dire de la plongée en apnée dans la Black Lodge, ou est-ce seulement la Red Room, au tout dernier épisode, après une traversée nocturne dans ces bois hantés par des présences mauvaises, pour laquelle Badalamenti concocte un de ses bijoux de doom-jazz/dark ambient qui fait sa marque de fabrique, dont une écoute au casque dans les ténèbres est fortement déconseillée à moins que vous n’ayez pas peur de croiser votre doppelgänger maléfique, ni des hurlements d’une Sheryl Lee aux yeux dévitalisés, qu’on redoute à tout moment tellement est évocatrice cette « musique pour salle d’attente du cauchemar ». Une des séquences les plus hallucinantes, fondamentalement terrifiante que Lynch ait jamais réalisé, avec une économie de moyens, y compris musicaux, à couper le souffle. Le mot est juste, Badalamenti y est comme une présence physique sous forme de brise tiède qui augure de choses terribles, qui sont de fait déjà advenues ou ne cesseront de recommencer. C’est alors le temps pour son « Love Theme », dans une version fantomatique, qui emerge finalement de formes vaporeuses, filant un de ces frissons irrépressibles. Comme dit le Géant au moment clef de la série, ce moment inoubliable et traumatisant, celui que Lynch n’aurait pas voulu filmer, « It is happening again ».

note       Publiée le mardi 27 février 2018

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Consultant en informatique › mercredi 28 février 2018 - 14:51  message privé !
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BO autrement plus chouette que celle de la saison 1, malheureusement autrement plus introuvable à un prix décent aussi.

dariev stands › mercredi 28 février 2018 - 13:50  message privé !
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ah ouais mais ça c'est un spoiler de la vraie vie, pas de la fiction

bubble › mercredi 28 février 2018 - 13:45  message privé !

haha trop vraie pour la planète des singes (1968) ! ;-)) honteuse cette pochette de l’édition bluray ! j'ai l'édition avec une magnifique statue de la liberté en semi enterré ... zéro effet de surprise sur mes gosses..

Rastignac › mercredi 28 février 2018 - 13:28  message privé !
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+ la planète des singes ; sinon, vrai que cette deuxième saison est plan plan, l'histoire de la cougar qui bouffe le petit James Dean, pouah ; et c'est là que ça part le plus en sucette Lynch avec ce dernier épisode. Ce qui fait que...l'un dans l'autre... c'est kif kif.

"nou shouz"

dariev stands › mercredi 28 février 2018 - 13:13  message privé !
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Par contre, Twin Peaks et FF7, les deux trucs les plus spoilés du monde, hein