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Kurushimi › Kurushimi

digital | 9 titres | 79:43 min

  • 1 Kamaitachi [4:38]
  • 2 Shinigami [9:24]
  • 3 Kimon [16:55]
  • 4 Dodomeki [0:18]
  • 5 Amanojaku [10:32]
  • 6 In A Grove [13:34]
  • 7 Onmoraki [8:32]
  • 8 Amanozako [9:25]
  • 9 Jorogumo [6:25]

enregistrement

Enregistré en concert le 6 juin 2015 à The Brain par Matt Clarke.

line up

Andrew Mortensen (basse, platines, direction musicale), Lachlan Kerr (direction musicale), Kim Lawson (saxophone ténor, saxophone alto), James Ryan (saxophone baryton, saxophone ténor, flûte), Simon Dawes (guitare), Chris Allison (batterie)

chronique

Comme pour faire les yeux doux au label Tzadik en tâchant de lui plaire à tout prix ("notice me, senpai!"), Kurushimi a tous les arguments bien placés pour parler aux mecs les plus exigeants en matière de metal avant-gardiste, et qui font volontiers du pied au free jazz solidement bâti. Mélange de doom, de grindcore, de rock expérimental, de jazz bruitiste et de prog bien costaud : tout ça donne plein raisons de se réjouir à l'avance sans montrer de signes d'inquiétude. Après tout, on fait confiance aux influences décrites sur leur page officielle : Laswell, Morbid Angel, tout ça. Et en effet, les Australiens rentrent vite dans le lard à la manière de Painkiller, la nippophilie assumée jusqu'au bout des titres avec une pochette ukiyo-e "guro". Un peu de nostalgie, hé, pourquoi pas ? Voilà qui s'annonce sympa, d'autant plus que les impros sont enregistrées en live. Ah oui, mais ça se gâte assez vite. D'abord par l'ajout d'overdubs de platines à la maison, pas très réglo ; et puis dès "Shinigami" se développe une sorte de jazz-fusion atmosphérico-poussif à la ECM qui vire un tantinet trop facilement au nawak, en gros, une cacophonie joyeuse qui s'écoute trop et circule en vase clos. Faire référence à Ornette Coleman n'aide pas vraiment Kurushimi à s'attirer la clémence des adeptes de l'harmolodie ; c'est plutôt s'exposer inutilement à leurs foudres une fois le constat fait, car la finesse de l'improvisation de groupe semble jetée aux oubliettes, cachée derrière du gros son qui tache, des petits motifs répétés ad lib ou un power drumming parfois à la limite de l'acceptable. Les ennuis commencent donc tôt et se poursuivent sur la longueur. Il y a des bons moments, évidemment ("Amanojaku" est plutôt réussi), mais le fait de noyer les digressions dans un tourbillon quasi-perpétuel de jams électriques, c'est comme piocher des idées au hasard en croisant les doigts, à mesure que le morceau se construit. Elle est où, cette fameuse direction musicale à deux têtes ? Le plus souvent, on a le sentiment d’une gratuité (cf. les dix-huit secondes de "Dodomeki"), parfois de farce, en fait, qui titille un peu trop le domaine de l’absurde pour être pris suffisamment au sérieux, ne serait-ce que dans le propre intérêt du groupe. Kurushimi ne fait pas de la mauvaise musique ; c’est simplement une expérimentation à moitié ratée, trop longue, qui n’apporte rien de plus en 2016 aux fans de Naked City qu’un fragment de dub par-ci et une dose mal pesée de free form démonstratif par-là. Du tapage de fier-à-bras.

note       Publiée le vendredi 8 décembre 2017

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DukeOfPrunes › dimanche 10 décembre 2017 - 01:12  message privé !
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Eh oui, nos avis divergent, et comme dirait l'autre, "c'est énorme" ! T'as raison d'insister, tu défends ton point de vue. Quand bien même, au-delà de notre magasin mental à chacun, je trouve que le résultat n'est clairement pas à la hauteur des ambitions affichées. C'est poseur, et ça me déplaît. Un titre ne peut pas sauver tout un album où je me suis ennuyé ou agacé (trois fois écouté, au total, je dégaine pas si vite que ça, je t'assure). Mais si tu veux leur rendre justice, c'est le moment, fonce !

Note donnée au disque :       
saïmone › samedi 9 décembre 2017 - 21:43  message privé !
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Ouais, mais non, metal-jazz brutal 90's c'est pas juste Zorn, j'insiste ! Flying luttenbachers, Sprol, Radian, Last Exit (bah oui !), Original Silence (avec Moore, O'Rourke, Nilssen-Love et le mec de Zu), la liste est longue comme le bras, et aucun (oui, aucun !) ne sonne comme Zorn, qui est quand même hyper typé dans son approche du "jazz core metal machin". Le dub ne ressemble même pas à Painkiller : c'est funky, ici, dansant, alors que Painkiller c'est quand même nettement plus ambiant et malsain, non ? J'ai l'air d'insister, comme ça, mais je trouve que tu dégaines vite (et au gros calibre) pour dézinguer un petit groupe qui sort son épingle du jeu dans un milieu saturé

DukeOfPrunes › samedi 9 décembre 2017 - 18:39  message privé !
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De rien, si ça te parle, c'est tant mieux ! Par contre mec, tous les voyants sont au vert pour évoquer Painkiller. Zorn et Laswell cités en influences directes, artwork japonais en clin d'oeil bien appuyé, et bien sûr musicalement, metal-jazz brutal (avec un peu de dub, tiens tiens) et texture de son 90s bien reconnaissable. Pour moi, c'est d'évidence leur base ; évidemment qu'à partir de là, ils essaient de développer leur univers. Et bizarrement, euh, les choses qu'ils proposent à leur sauce, c'est pas génial. Le cinquième titre sort de lot, oui, d'accord ; mais pourquoi ? Bah étrangement, c'est quand ils arrêtent d'utiliser leur élément de "fusion" et qu'ils jouent de la flûte de bambou que ça rend mieux... Moralité : ça peut servir les disques à deux boules.

Note donnée au disque :       
saïmone › samedi 9 décembre 2017 - 17:45  message privé !
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Ecouté, et j'ai trouvé ça plutôt pas mal ! Et définitivement, faut arrêter d'utiliser l'argument Naked City / Painkiller / Zorn dès qu'un mec fout du saxo sur du noise rock ou du metal, ça c'était bien dans les années 2005 quand personne connaissait trop ni autre chose, et qu'il fallait appâter le client (surtout qu'ici on n'est pas du tout dans ce domaine). Il n'y a ni zapping frénétique, ni hurlements de cris de chats écartelés. On est en revanche bien plus proche de l'univers d'un Mats Gustaffson, dans son versant prog' rock avec The Things (la moitié des titres de cet album là, quand même) ou de ses collabs avec Thurston Moore, Kevin Drumm ou Zu. Oui, y'a bien quinze secondes de blast, c'est maigre ! Franchement le 5e titre là, et son riff de flûte, j'ai perso du mal à résister - et on est à dix milles de chez Tzadik. Une pochette ne fait pas un album, même si je reconnais le prosélytisme. Du coup tu t'y attendais p'têt pas, mais merci pour la découverte ! (je viens de voir que sur le bandcamp ils offrent leurs autres albums, faut tester ça - je viens déjà de griller un sample de Ground Zero sur le deuxième album, deuxième piste. Cliché gutsien, mais merde, ça fait plaisir)

saïmone › vendredi 8 décembre 2017 - 21:57  message privé !
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ça a l'air bateau mais efficace, à voir