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Noël Akchoté › Soundpage(s)

  • 1994 - DeuxZ, zz84115 (1 cd)

cd | 27 titres | 60:32 min

  • 1 Mornin' [0:21]
  • 2 SD [Texte de Serge Daney] [1:08]
  • 3 Creepy Nursery [4:10]
  • 4 CNN [1:52]
  • 5 Rebop [7:02]
  • 6 Blunt [2:08]
  • 7 Japon [0:14]
  • 8 Godard [0:17]
  • 9 JLG [Texte de Jean-Luc Godard] [2:25]
  • 10 Tournez [1:16]
  • 11 Weirdest Taboo [8:24]
  • 12 Search For [1:57]
  • 13 Motel Rond [5:47]
  • 14 Commercial [0:25]
  • 15 Advertising [0:33]
  • 16 Dnevnik 1 [1:11]
  • 17 CBCB [1:13]
  • 18 Depardon [0:26]
  • 19 New-York [1:00]
  • 20 Marcheurs [5:54]
  • 21 CIA [0:13]
  • 22 KC 1 [1:14]
  • 23 Dnevnik 2 [1:51]
  • 24 Splash! [3:59]
  • 25 Pialat [1:10]
  • 26 Beograd [3:06]
  • 27 Home [1:15]

enregistrement

Enregistré par Dominique Samarcq et Jean-Louis Pégorier à Sysmo Records Studio entre décembre 1993 et mai 1994.

line up

Noël Akchoté (guitares, bandes, bruits), Julien Lourau (saxophones), Daniel Casimir (trombone), Thierry Madiot (trombone) Jean-Louis Pégorier (machines), Steve Argüelles (batterie, percussions), François Merville (batterie), Dom Farkas (voix)

chronique

Fort d'un premier split-album bien underground, Noël Akchoté s'efforce dès l'entame de sa carrière (monstrueuse) à faire montre de la qualité purement cinétique de son jeu. Ainsi propose-t-il, en 1994, un programme musical hertzien présenté par Dom Farkas, comme écho aux ondes radio d'une tribu de maraudeurs nocturnes, émises depuis la grosse pomme – suite de variables jazz en import US, criant haro sur les canaux, et pages sonores d'un magazine TV d’une génération de zappeurs. Manipulation de bandes, bruits en capsule, guitare branchée sur l'esprit de Derek Bailey et de Jean-Luc Godard : un bien curieux mélange de genres. Avec sa clique de huit acolytes, Akchoté "allume" le poste, il en fait un petit brasier de neige télévisuelle, résidus de photons-fossiles, pour faire "reboper" le jazz par intermittence – puisqu’on recense à peine six morceaux (effectifs) sur les vingt-sept pistes à la mémoire de Serge Daney, critique cinéma et théoricien décédé deux ans plus tôt. Si l’on y croise Raymond Depardon et Maurice Pialat entre deux transmissions de newsflashes internationaux, les compositions arrivent à la manière de films diffusés sur le petit écran, soit, presque par hasard ; du moins, quand on n'a pas glissé sa vidéocassette dans le lecteur de son combi, via la sortie AV. Quoi de plus naturel ? Il y a les publicités, et les infos dont on voudrait bien se passer. Car en bout de chaîne, derrière un jazz-rock bancal et primesautier à la Lester Bowie (donc, jamais les fesses calées sereinement dans le canapé), c'est le théâtre morbide de la guerre d'ex-Yougoslavie qui vient gâcher le plaisir cinéphilique et sonore – ou plutôt, qui vient le parasiter. "La télévision est tout ce qu'il y a de réaliste" : intégré dans la réflexion, le conflit ne vise pourtant pas à être conceptualisé, comme sous la baguette de Birgé et Léonet la même année. Noël Akchoté ne s'en empare que partiellement ; en citation, contextuellement. Les saxophones, trombones, batteries, percussions et machines font à la place défiler les heures, et sonnent tout le long de cette grand-messe continue sur des riffs à la Sonny Sharrock, toujours bien sentis. Et cela donne le sentiment étrange d'une musique d'ameublement qui, contradictoirement, n'aurait rien perdu en caractère de révolte. Ah… Ce qu’on est bien chez soi !

note       Publiée le mercredi 22 novembre 2017

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Potters field › jeudi 23 novembre 2017 - 10:38  message privé !

J'avais découvert grâce au split suivant, avec Shunatao. très bien aussi !