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Barış Manço › Estağfurullah... Ne Haddimize!

cd | 8 titres | 39:13 min

  • 1 Halil İbrahim Sofrası [5:16]
  • 2 Geçti Dost Kervanı [adaptation de Pir Sultan Abdal] [4:18]
  • 3 Kazma [3:37]
  • 4 Balsultan [6:16]
  • 5 Aman Yavaş Aheste [5:00]
  • 6 Kol Düğmeleri [4:18]
  • 7 Eski Bir Fincan [4:18]
  • 8 Selahaddin Eyyübinin Yeğeni Aslan Yürekli Rişarın Kızkardeşine Karşı [6:09]

extraits vidéo

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line up

Barış Manço (piano, orgue et autres instruments jouets, Prophet 5, Minimoog, Omni2, Clavinet)Ahmet Güvenç (basse, piccolo basse, choeurs), Bahadır Akkuzu (guitare, choeurs), Caner Bora (batterie), Celal Güven (glockenspiel, percussions, choeurs), Serdar Ertürk (flute)

remarques

L'album est crédité à Barış Manço & Kurtalan Ekspres.

chronique

Styles
rock
pop
progressif
funk
folk
world music
Styles personnels
soft-rock anatolien

Dernier album de Barış Manço co-crédité avec le Kurtalan Ekspres, même si dans les faits le groupe protéiforme continuera de l’accompagner jusqu’au bout, il sonne la fin d’une période historique, avant bientôt les albums pour enfants et les émissions télés. La Turquie est plongée dans un régime autoritaire depuis le coup d’état de 1980, Manço parle de paix entre les hommes (un rôle prédestiné, son prénom signifiant justement « Paix »), souhaite représenter son pays à l’Eurovision. Sauf que devant une polémique relative à son « emprunt » à une mélodie folk traditionnelle grecque, il retire son « Kazma » de la compétition. Avec sa rythmique space-funk gentillette et son refrain tout à fait mémorable au sens variété-trad, c’était pourtant une parfaite composition pour ce contexte à la fois universaliste et tiédasse, avec ses parfums pop-folkloriques un peu kitsch. Malgré tout, le Kurtalan Ekspres fait oeuvre d’orchestre de luxe pour revisiter un vieux morceau de Manço, jadis enregistré avec ses Mistigris dans les années soixante, période yéyé bruxelloise, "Kol Düğmeleri », genre de slow tristounet pour emballer de la stambouliote dans les tavernes, avec un son d’accordéon bien synthétique dont se dégage un incontestable charme désuet. Malgré le morceau turkish-funk désormais contractuel, efficace trop se crever « Aman Yavaş Aheste », avec juste ce qu’il faut de claviers chouinants par petites touches et une rythmique super chic, c’est sur une ligne de soft-rock chiadé mais un peu morose que se déroule l’album. Reprenant la thématique des Mille et Une Nuit déjà abordée dans l’album précédent en version prog-symphomoche, « Balsultan » se fait ici élégance flottante et mélancolique, avec des guitares ondoyantes et des claviers orientaux sans ostentation, partant en instru qui groove space-discoïde dans l’éther. C’est que le soft-rock peut-être un genre noble, tout est dans les détails de la production et les lignes claires des mélodies : « Eski Bir Fincan » fait figure de modèle du genre, brillant lors des ponts instrumentaux avec ces claviers lustrés et ces solo de guitares fleurant bon le jazz-rock joué sur une scène de bal pour la scène de drague. Bien que les grandes heures de l’anadolu pop soient loin derrière, Manço reste farouchement enraciné dans la musique turque qu’il n’a de cesse de mettre à sa sauce, peut-être de façon beaucoup plus pop et synthétique qu’au temps de « Dağlar Dağlar », mais il lui reste une science toute particulière qui s’entend toujours dans chaque tentative de faire des morceaux aux tons étrangement familiers. C’est pour évoquer l’histoire de Saladin qu’il conclu l’album avec un instrumental à la fois progressif et traditionnel, mixture de mélodies intemporelles ré-interprétées par des claviers futuristes qui ferait parfait office de bande-originale pour un jeu de RTS avec glorieuses conquêtes moyen-orientales. Mais en terme d’atmosphère mystique, rien ne dépasse l’adaptation du poète alévi Pir Sultan Abdal « Geçti Dost Kervanı », à la fois solennelle et retenue, aux claviers lunaires. Dans la plus droite lignée du mouvement de modernisation de la tradition musicale et poétique turque que fut l’anadolu pop dans les années soixante et soixante-dix, un dernier très grand morceau de Barış Manço, filant comme une queue de comète. L’arabesque puis la turkish pop auront fini par remplacer le mouvement musical le plus riche et inventif du pays. Le rock se trouvera de nouveaux héros grand-public l’année suivante avec la sortie du premier album de MFÖ (Mazhar Fuat Özkan), soit justement, d’anciens collaborateurs de Barış Manço, future superstar télévisuelle et icône nationale.

note       Publiée le samedi 4 novembre 2017

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