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Barış Manço › Sözüm Meclisten Dışarı

cd | 9 titres | 44:41 min

  • 1 Alla Beni Pulla Beni [4:05]
  • 2 Arkadaşım Eşşek [2:45]
  • 3 Sözüm Meclisten Dışarı [3:41]
  • 4 Şehrazat [adaptation de Nikolaï Rimski-Korsakov] [6:48]
  • 5 Gülpembe [4:46]
  • 6 Ademoğlu Kızgın Fırın Havva Kızı Mercimek [4:22]
  • 7 Ali Yazar Veli Bozar [3:46]
  • 8 2025 (Üçüncü ve Son Yolculuk) [7:40]
  • 9 Dönence [6:48]

extraits vidéo

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enregistrement

Produit par Doruk Onatkuk, Uğur Başar et Celal Güven

line up

Barış Manço (Fender Rhodes, minimoog, Arp Omni 2 Polyphonic, Roland SH 3A, guitare acoustique et 12 cordes)Ahmet Güvenç (basse, piccolo basse, choeurs), Celal Güven (glockenspiel, percussions, choeurs), Caner Bora (batterie), Bahadır Akkuzu (guitare, choeurs), Serdar Ertürk (flute, saxophone ténor), Serdar Akatlar (hautbois soprano), Nejat Tekdal (Moog Sonix Six, sequencer EMS), Hakan Törün (choeurs, percussions), Rafet Kazıl (basson), Kemal Yeşal (violon), Ali Kızılçay (violoncelle), Deniz Tüney (chant 1, 6)

remarques

L'album est crédité à Barış Manço & Kurtalan Ekspres.

chronique

Styles
pop
rock
progressif
funk
musique électronique
world music
Styles personnels
funk-prog funkoïde et variétoche

C’est quand même dur les années quatre-vingt, même en Turquie. Et on ne parle pas ici des graves difficultés dues au coup d'État du 12 Septembre 1980, avec exils et harcèlements qui s’en suivent pour les artistes politiques (Cem Karaca, Selda, Edip Akbayram), mais de l’effondrement créatif généralisé qui semble avoir touché toute une génération à l’aube de cette nouvelle décennie. Le grand Barış Manço, posant ici façon Emmanuelle avec un redoutable look de turkish pimp, veste léopard et chemise en satin noir, n’échappe pas à la règle. Après un passage par le disco le temps surtout d’un single génial, Manço revient à une tentative d’album plus ambitieux, renouant en partie avec ses envies progressives, le tout emballé dans une approche de plus en plus pop. Autant dire que Manço se pose alors comme grand réconciliateur de la musique populaire turque, version centrisme de bon alois, sans chercher à faire plus de vagues qu’il n’en faut. Le Kurtalan Ekspres qui l’accompagne alors est une machine bien rodée, capable d’interpréter à peu près n’importe quoi, avec le son de claviers atmosphériques dont Manço a fait sa marque de fabrique depuis des années maintenant. Du soft-prog en somme. Avec gros potentiel commercial pour un duo de roucoulade en entrée de jeu, l’anatolian pop chercheuse de naguère aurait-elle cédé le pas à la « turkish pop » à grand tirage ? La mélodie presque enfantine de « Arkadaşım Eşşek », signée de la femme de Barış, Lale, confirme l’orientation variété, malgré le refrain aux voix de chipmunk, une trace d’excentricité bienvenue alors que le futur monument national navigue à vue vers des rivages de plus en plus consensuels. L’adaptation du compositeur russe Nikolaï Rimski-Korsakov sur une oeuvre inspirée des « Mille et une nuits » tourne en mauvaise blague orientaliste, en pop symphonique sautillante chantée dans un anglais d’Eurovision. A trop se taper de loukoums, les dents du fond ne vont pas tarder à baigner dans le sucre industriel (m’emmerdez pas avec l’utilisation de clichés, c’est lui qui a commencé). C’est finalement la seconde partie qui sauve l’album, une fois les tentations outrageusement commerciales passées, restant tout juste une bonne petite bombinette space-disco-funkoïde à talk-over, section de cuivres et le sex-appeal de Deniz Tünay, « Ademoğlu Kızgın Fırın Havva Kızı Mercimek ». Des mélodies plus ancrées dans la tradition, nappées de ces synthétiseurs cosmiques, l’anatolian-pop en apesanteur de « Gülpembe », le chant à danser au groove plastique de « Ali Yazar Veli Bozar ». Mais surtout deux longs morceaux progressifs, dans l’esprit de ses grands albums précédents. D'abord la troisième partie de son odyssée spatiale, intitulée naturellement « 2025 », plus Blade Runner que jamais, instrumental de kosmische musik où il fait bon se noyer dans les glouglous et les grésillements jusqu’à l’arrivée de la basse spastique de Guvenç, ponctuant la mélopée synthétique de saccades groovy, l’emportant petit à petit vers d’autres galaxies où percussions et bois lui confèrent un aspect plus organique. Lui succède comme en prolongement naturel « Dönence » (le dernier grand morceau de Manço ?), entre prog cosmique épique et space-funk zébré de solo de guitare foudroyant. En gardant le tout meilleur pour la fin, Barış Manço conserve quelque temps encore son statut de grand manitou d’une anatolian pop dont l’acte de décès est désormais établi depuis quelque temps déjà.

note       Publiée le mercredi 18 octobre 2017

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Klarinetthor › samedi 4 novembre 2017 - 12:59  message privé !

j'ai pas trouvé ça affreux, l'emprunt de Sheherazade... ok, c'est pas folichon d'originalité, quand tu fais de la musique occidentale et orientale.

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(N°6) › vendredi 3 novembre 2017 - 20:43  message privé !
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Ouais il est pas mal. Mais y a un peu le meilleur tout autant que le pire. Je préfère le suivant, carrément plus soft-rock mais sans le portnawak classico-variet. Bon, Donence, c'est quand même du grand Manço. Sur la pochette il me fait penser à Gérard Blanc… Ou Arnaud Rebotini version pimp vulgos.

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Klarinetthor › vendredi 3 novembre 2017 - 19:46  message privé !

je le trouve pas mal; pas baris et sa veste leopard qui serait à nouveau hype, mais ce disque

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