Vous êtes ici › Les groupes / artistesLLa Chasse › Noir Plus Noir Que le Noir

La Chasse › Noir Plus Noir Que le Noir

lp • 8 titres • 30:40 min

  • A
  • 1Coyotes3:57
  • 2Liber Woof1:41
  • 3Mère Noire3:59
  • 4Patrick-Alain6:27
  • B
  • 5Crève2:00
  • 6Three Witches6:01
  • 7Prends ton Fusil1:34
  • 8Animal Bones4:57

extraits vidéo

  • Il y a des extraits vidéo pour ce disque. Connectez-vous pour les écouter.

enregistrement

Enregistré et mixé par Seb Normal à Gigors Electric. Masterisé par Julien Louvet.

line up

Ju Bush (basse, voix), Mona Servo (batterie, voix)

remarques

Coproduction Donnez-moi du feu, 213 Records, Et Mon Cul C’est Du Tofu ?, Tremblements Essentiels, Katatak et Mammouth. Artwork par Kinder-K.

chronique

La Chasse sent le sang. Dans le livret d’un autre disque, elles en citent deux autres, ces deux femmes, des "brouillons pour un dictionnaire" – "De nombreuses amantes sont friandes des ovules qui se mangent à l’époque des menstrues. Leur rareté fait qu’ils sont avalés, un par un, avec délectation"... L’autre disque s’appelle La Chatte. Son livret en regorge, de chattes – en traits noirs, épais ou comme gravés à la pointe dure sur le bois d’une table. La Chasse sent l’intimité. Nul besoin, pour être troublé par leur musique, d’annoncer à l’entrée un quelconque sexe, genre, trans ou cis ou quoi – quelque "préférence", comme disaient de précautionneux euphémistes, un autre temps, une ère plus tôt. Elles l’annoncent nette, elle, la couleur : NOIR. Ultra. Issime. Plus. Sur la pochette pourtant, il y a du rouge, des verts. Une sorte de loup – de louve qui serait cette Mère Noire, plutôt que celle d'aucun empire ? Un humain – je pense toujours, en la voyant : "une humaine", bien que rien ne marque spécialement la silhouette ainsi – à queue canidée, qui caresse la grosse bête. Lycanthropie, enfin ? Des oiseaux dans l’arbre. Rejoindre le bois… Dans les bosquets, il y a les coyotes – et le disque commence par ça. La Chasse sent la bête. Et "Cours/Tues/Et ramène/Ce gibier". Celle-là – Crève, si ça aussi, ça n’est pas explicite… – était déjà sur la cassette avec Cancer, deux ans plus tôt. Toutes celles qui y étaient déjà mordent plus fort, dans les versions d’ici. Plus profond, plus lourd. J’ai toujours trouvé à la musique de La Chasse quelque chose de déchirant. Quelque chose de beau, aussi – d’une beauté qui empêche de tranquillement pioncer. La Chasse sent l’intime. Le cul oui, mais pas que. La Chasse sent la peur pas ravalée – repoussée en criant. Et elles hurlent rauque et ça prend au bide. Et la batterie est un enfer exact qui fait des secousses puissantes. Et la basse sature. Et Three Witches obsède, vite – avec sa ligne asymétrique qui se fiche en tronche comme un tube tordu, comme le plus froid et pénétrant et calcinant post-punk. (La basse de ce morceau, à vrai dire, m’a fait penser un coup à celle de Smile de The Fall… J’ignore, tiens, si c’est incident…). La Chasse sent la tristesse. L’évidente. La nécessaire qui talonne – ombre de l’Autre, là, qu’on sait gagnante, au bout, ultime, qu’une fois ou l’autre elle rattrapera et qu’après… FOUCHTRA. La Chasse sent la vie qui se rue hors de ça. La Chasse vomit ces nœuds qu’on a dans la gorge, l’œsophage, d’angoisse qui empêche de respirer. Joue à ressasser, à superposer, à monter bout-à-bout les comptes rendus d’un fait-divers – Alain et son frangin. Tous identiques d’une chaîne, d’un soi-disant média sur l’autre. Alain est mort. On est encore là pour le savoir, sordide de l’affaire ou pas, dérisoire de ce qu’on en raconte. Avec elles on la reprend, la goulée d’air. Nocturne mais pleine, entière. La Chasse vous dit ça, avant de partir – conseil ou autre injonction : Prends Ton Fusil. Après ça les os animaux. La Chasse joue du fuzz comme jamais. La Chasse ont des voix qui font mal. La Chasse ont des voix qui font chaud. La Chasse tient sabbat dans la clairière. C’est sous là voûte, et les points innombrables des étoiles. Et entre eux, on le redit – plus noire que le noir. Les châsses qui fouillent là-dedans – et cette nuit est épaisse.

note       Publiée le samedi 7 octobre 2017

réseaux sociaux

dernières écoutes

  • Connectez-vous pour signaler que vous écoutez "Noir Plus Noir Que le Noir" en ce moment.

tags

Connectez-vous pour ajouter un tag sur "Noir Plus Noir Que le Noir".

notes

Note moyenne        3 votes

Connectez-vous ajouter une note sur "Noir Plus Noir Que le Noir".

commentaires

Connectez-vous pour ajouter un commentaire sur "Noir Plus Noir Que le Noir".

Klarinetthor Envoyez un message privé àKlarinetthor

il semble que ça sent la fin de la Chasse, clap, curée et requiem.

Note donnée au disque :       
Klarinetthor Envoyez un message privé àKlarinetthor

pour ne rien gâcher, et même si on se doute que les cagnottes vont se multiplier dans les prochains mois comme les piles de billets verts dans le bunker de Bezos, elles reversent leur pot bandcamp d'avril à des secteurs qui en ont bien besoin, type antirep, strass, et un collectif marseillais.

Note donnée au disque :       
Dioneo Envoyez un message privé àDioneo
avatar

Ah ! Merci de l'avoir mentionné tiens, j'avais pas vu ça... Je l'écoute, là, du coup. (Et je comprends pourquoi l'Alexis les avait entendues comme un groupe de DOOM, dis-voir, quand ils avaient joué le même soir qu'elles).

Note donnée au disque :       
Klarinetthor Envoyez un message privé àKlarinetthor
Note donnée au disque :       
Dioneo Envoyez un message privé àDioneo
avatar

Bah, "il faut" non - tu mets bien les notes que tu veux, encore heureux -, c'est qu'il m'avait semblé que tu étais davantage enthousiaste sur ce disque, simplement. Après... Le répétitif/linéaire c'est quand-même un peu un des principes du trucs - surtout sur des morceaux comme Three Witches, justement, qui précisément dure dans les six minutes - donc je le trouve pas en soi "reprochable" (autrement dit pour moi ça ne rend pas du tout le truc tout plat, quoi). Après, le rapport avec Jucifer... Je vois pas trop. C'est vrai que perso j'ai pas trop creusé au-delà de L'Autrichienne, avec eux, et je sais que ça a bien changé entre temps mais n'empêche, j'ai jamais eu le soupçon d'impression que ça cherchait les mêmes ambiances, justement (ce qui - oui - change la perspective même du "jouer des riffs simples et lourds/martelants", avnt que tu me dises "nan mais je parle juste de riffs qui sont simples et lourds/martelants chez les deux groupes"). Et donc perso, l'ambiance je l'entends en plein, ici, et plus "contrastée" (c'est relatif, moins d'une seule teinte "absolument" malgré le titre, disons) que leur face du split avec Cancer. (Pour la Maison Fantôme je ne sais pas, je n'ai jamais écouté ce groupe).

Note donnée au disque :