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Shorty › Thumb Days

lp | 10 titres | 34:26 min

  • 1 Skirts And Heels [3:07]
  • 2 Niggerhat [2:15]
  • 3 Mitzy Lodge [3:03]
  • 4 Presto [3:49]
  • 5 Samtastic [3:30]
  • 6 Rocketman, Rocketman [4:05]
  • 7 Dynamite Lover [2:50]
  • 8 Last One In My Mouth Is A Jerk [4:33]
  • 9 Coopie And Me [3:40]
  • 10 Red Bull [3:34]

enregistrement

Enregistré en novembre 1992 à CRC par Steve Albini.

line up

Al Johnson (chant), Mark Shippy (guitare), Luke Frantom (basse), Todd Lamparelli (batterie)

remarques

Réédité en 2012.
Repressage

chronique

Styles
hardcore
post-hardcore
noise
rock
Styles personnels
math rock tordu

Avant de déboulonner le rock (et associés) au sein d’U.S. Maple, Al Johnson et Mark Shippy sévissaient déjà au royaume des limaces et du noise rock rampant, les doigts enfoncés jusqu’au coude dans une caisse métallique, éclairés par le courant alternatif de la scène de Chicago, Illinois. Encore vierge de toute déviance beefheartienne, Shorty n’en est pas moins un groupe furieusement vicelard, et pas que sur les bords. La basse de Frantom crève les muqueuses et Lamparelli fait pénétrer des pieux math-rock ; pour le reste, on n’est pas encore rendu à porter des gants Mapa, mais tous les ingrédients sont là (en particulier le jeu de Shippy) pour dynamiter le bon goût à base de saturation in-vitro. Hommage à Guitar Shorty ou éloge cradasse des ruelles mal famées, Shorty fait parler la foudre et décharge une puissance bestiale qui laisse des indices no wave en traînée de poudre. Devant la console de Steve Albini, Al Johnson croque formidablement l’identité du groupe en feulant ses obscénités de grand malade devant l’éternel. Un grain de voix lourd, enroué, éraillé, projeté depuis une gorge profonde qui débouche sur un geyser d’immondices – des saletés pas forcément relatives au stupre, notez bien, mais davantage à la scatophilie. C’est certain, les mains visibles à la lumière de cette ampoule d’entomologiste sont celles d’un authentique fouille-merde, amateur morbide de petits coléoptères coprophages qui s’extasierait sur un dépôt de pêche, comme Artaud jouissait dans sa recherche de la fécalité. Il fait chaud sur Thumb Days. Une chaleur dangereuse, délétère, confinée, insalubre. Chaleur d’asile envahi par les grognements, les cris instinctifs, les onomatopées scandées d’un grand pervers, loufoque et halluciné. Loup bipède alcoolo, homard salace fumeur de cigares, insecte aux mandibules narquoises : les créatures peuplant cet esprit dérangé fusionnent sur les mélodies d’une gratte pointue comme une aiguille. Pas la peine de chercher un répulsif : à peine sorti de son fumier, le temps d’une tournée américaine organisée par Skin Graft (avec Zeni Geva, Dazzling Killmen, etc.), Shorty s’est vu écrasé par le pied du destin. Il renaîtra de sa lie sanguine sous une feuille d’érable américain.

note       Publiée le jeudi 5 octobre 2017

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DukeOfPrunes › vendredi 6 octobre 2017 - 08:53  message privé !
avatar

Tu verras, ça ne vaut pas "Long Hair in Three Stages" mais ça envoie vraiment du lourd, c'est plus direct. Mais déjà un des rares groupes de cette époque à se démarquer autant par le style (avant de prendre une autre dimension chez Skin Graft !)

Note donnée au disque :       
A.Z.O.T › jeudi 5 octobre 2017 - 18:44  message privé !

Ah je ne le connaissais pas celui-là, je vais m'empresser d'aller voir ça. (US Maple, un des rares groupes à retrouver le groove bancal du capitaine coeur-de-boeuf)